Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 00:01

 

Il s'agit de décrire, et non pas d'expliquer ni d'analyser.

 

Edward Hopper peint une Amérique de rêve, celle des années '20, '30, '40.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Nulle anecdote, nul récit, l'avenir semble déjà figé dans le présent.

Edward Hopper a-t-il entrevu l'Amérique des lendemains qui déchantent : Hiroshima, Nagasaki, le plan Marshall, les îles Marshall , la guerre, la guerre toujours recommencée, Elephant, les nègres et les miséreux ?

La construction de l'image montre, cruellement, la lucidité du peintre au-delà de l'imagerie pieuse.


 Edward Hopper, Compartment C, car 293 perspectives 599

Edward Hopper, Compartment C, car 293

 

Une perspective étrange mène à un point de fuite hors-cadre.

La vue de la fenêtre est un tableau dans le tableau, une fenêtre ouverte (Leon Battista Alberti, De pictura, 1435), sur un monde clos. Le pont est parfaitement net et non pas filé comme le saisirait un appareil photographique. La ligne de la fenêtre passe par les yeux de la liseuse et rejoint, plus loin, celle de la pliure d'une revue blanche.

 

 Ambrogio Lorenzetti, L’Annonciation, 1344 599

Ambrogio Lorenzetti, L’Annonciation, 1344 

 

L'éclairage mystérieux vient on ne sait d'où : la lampe en applique ne donne pas de lumière.

 

Légende, ce qui est donné à lire.

 

 Edward Hopper, Chop Suey

Edward Hopper, Chop Suey, 1929, huile sur toile, 81x96

 

Un couple se défait tranquillement.

Deux dames prennent le thé.

Le soleil s'infiltre discrètement.

 

C'est un couple en formation.

Ils se sont rencontrés autour d'une poêlée de légumes.

Une table, seulement.

 

Une affaire de chapeaux.

Deux dames en bleu parlent chiffons.

Le soleil bleu et le silence blanc.

 

Un homme et une femme sont assis l'un en face de l'autre.

À côté, deux femmes, près d'une fenêtre.

Au-dehors, on ne voit personne, peut-être n'y a-t-il plus personne, le monde est clos, l'histoire est là.

 

 Edward Hopper, Compartment C, car 293

Edward Hopper, Compartment C, car 293, 1938, huile sur toile 50,8 x 45,7

 

Vous avez choisi un compartiment de luxe pour vous seule, vous lisez – lisez-vous ? – une revue, le paysage est immobile, vous avez fait ce voyage l'année dernière, souvenez-vous, la même fenêtre, et vous portiez déjà cette robe, vous alliez rejoindre votre amant, en cours de route vous avez changé, aujourd'hui vous reprenez la même voie, sans fin, éternelle.

 

 Edward Hopper, Nighthawks

Edward Hopper, Nighthawks, 1942, huile sur toile, 84 x 152

 

Des oiseaux de nuit dans une cage de verre. L'ombre couvre la ville malgré le reflet falot de chez Phillies. Nulle rumeur ne monte de la rue. Le temps s'est arrêté. Ils sont venus se réfugier à la lumière crue des néons en attendant le jour. Y aura-t-il encore un autre jour ?

Edward Hopper, Grand Palais, Galeries nationales, 10 octobre 2012 – 28 janvier 2013.

 

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 00:01

 

Tableau unique

Chez Mimile

 

_ salut, les p'tits godets, salut Mimile ! toujou dans l'mille ?

_ salut Popol ! on t'attendait, y sont v'nus, y sont tous là ! Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri et les autres, avec leurs dames et les chiards.

_ la teuf à Mimile !

_ ce soir, 'tention ! mousseux doux, cuvée Chaptal ! et tartines au Lomp !

_ Chaptal d'chez Chaptal ?

_ y'a qu'lui, un vrai magicien, un hecto d'blanc à 7°, cent kilos d'suc', y t'sort deux fûts d'champain'.

_ Mimile ! tu les sors ou quoi ?

_ hé ! la patronne ! t'as t'y ouï ?

_ …

_ aaahhh ! c'est du vrai, fi d'garce !

_ et les tartines !

_ Xaba, qu'est-ce tu fous ?!

_ j'attends l'pain à l'enzyme, rapport à la r'ligion.

_ ...

_ qu'iens, t'attends du monde ?

_ c'est les dames que j't'ai causé, des dam' eud la ville.

_ Bonsoir Monsieur Mimile, salut la compagnie !

_ m'ame Clothilde-Eléonore, vous fait' honneur à l'établissement et on va vous fair' nos hommages avant la minuit.

_ Hu, hu... Je vous présente mon amie, Philomène-Héloïse et son époux, Paul-Hervé, et leur petit.

_ v'nez que j'vous baise, m'ame, on connaît les manières.

_ Et mon cher Charles-Edouard, avec notre grand...

_ entre hommes, on s'la secoue !

_ …

_ on a pris qu'eun caisse, on a pas commencé, quoi ! ho, la patronne ! on a pus d'munitions, tu nous fais r'monter eun caisse ? c't'ell'-là, pour les lâcher ! et des tartines !

_ On sent bien l'air de la campagne, tout comme Monsieur Lou nous l'avait dit, et que c'est pittoresque ! Oooh, vous êtes allé au Japon ?

_ même qu'on y est arrivé à pied par la Chine !

_ mouaaarfff ! on a beau la connaît', on en rit toujou !

_ ça, c'est comme eun église pour eux, on a pris l'grand modèle chez GiFi, en RPC, avec les loupiot', on l'mettra t't à l'heure pou l'ambiance, et c't'air euqu'vous respirez, c'est l'lisier à Gégé, il a pas pu v'ni, il a eun truie qui va vêler, mais il a envoyé les rillettes qu'vous aurez quand c'est qu'on aura fini l'Lomp.

_ …

_ la caisse ! Bébert ! tu laisses eul tabouret aux dames ! Dédé ! les tartines ! Riri ! fait' péter les roteuses !

_ Hummm, c'est très fin, ça se mange sans faim.

_ c'est du Lomp, c'est comme des œufs de l'hareng d'la Bastille, avec de la sardine de portugaise ensablée, sans ça c'est fade.

_ Mais où trouvez-vous toutes ces merveilles ?

_ ça vient d'chez Momone, elle les roule à la main sous les aisselles, à c't'heure elle a pas pu v'ni, è fait son bain, comme tous les ans, le 31 d'décembre, pour conserver, è met un truc à elle, sans ça y a des trip' romaines ou d'la chaux d'pis, è fait la vache, mais on sent pas.

_ …

_ ho ! eun caisse ! on vid' son verre, on finit sa tartine, et qu'ça pète !

_ Oooh, je me sens déjà tout chose...

_ on va v'z'arranger. Juju, tu fais les verres ! allez ! tous ! ♪♫♪ Amie Cloclo, amie Cloclo, lève ton verre et surtout ne le renverse pas, amie Cloclo, amie Cloclo, vide ton verre... et glou et glou et glooouuu ! Elle est des nô-ôtres, elle a bu son verr' comme les au-autres !

_ Je ne me sens pas bien...

_ au fond d'la cour, Gégène, tu vas avec.

_ …

_ c'est l'pain des tartines, quand on a pas l'habitude... allez ! ♪♫♪ Ami Charlie, ami Charlie... et glou et glou et glooouuu !

_ …

_ ♪♫♪ Ami Xaba, ami Xaba... et glou et glou et glooouuu !

_ aaaaahhh !

_ hein ? tu 'n'as pas du comme ça dans ta pampa !

_ faut r'connaître, c'est du brutal, le gewurz brésilien à côté, c'est du jus d'pomme !

_ ♪♫♪ C'est la pampa brésilienne, qui permet aux Mimiliennes, sans avoir l'air d'y toucher, chaque nuit, de goûter les petits à côté du péché...

_ ♪♫♪ La cucaracha, la cucaracha, ah c'est fou c'qu'on ador' ça ! la cucaracha, la cucaracha, c'est ben pus beau qu'la java !

_ ♪♫♪ Meu amor, essa é a última oração, pra salvar seu coração, coração não é tão simples sancho pansa...

_ ...

_ j'me sens pus légère, com' après confess', pareil, y a comme eun édicul' en bois et m'sieu Gégène qui fait l'pet comme eul'curé.

_ Mimile, tu mets la télé, y font le Sexylicon' eud z'Elysées en direc.

_ avec les dames et les enfants, tu crois ?

_ dame, c'est la nature.

 

Ensuite, on est passé aux rillettes, lumière friponne, on a fait sauter les bouchons, on a dansé, sur cet air-là :

 

 

Jacques Higelin, Champagne, 1985

 

On a ri, on a ri, on a ri, surtout à minuit quand tout le monde a vomi.

 

 

*** Bonne année à tous ***

 

* * *

 

2013, année de la mixité sociale

 

* * *

 

Starring Mimile as Mimile

Co-starring Xavier Henri Baudequin as Xaba

 

Featuring

Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri et Popol

Avec l'aimable participation de Mesdames Clothilde-Eléonore et Philomène-Héloïse

et de Messieurs Charles-Edouard et Paul-Hervé

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 15:39

 

Laurence, 31 décembre 2012 1 700

 

Le facteur sonne, deux fois, un colis de Yueyin.

 

Des biscuits pour l'hiver : Walkers, les fameux, Gâteau à la broche Midi-Pyrénées, fines gaufres dans une boîte bretonne (je crois qu'elles sont plutôt maison, elles sont parfumées à l'anis, comme là-bas, et enveloppées avec le linge de maison), biscuits de la Croix Occitane (j'adore les boîtes en métal, et les biscuits), Les Palets du Mont Saint Michel (on croirait le titre d'un roman policier) de la Mère Poulard, deux livres : Maria Messina (que je ne connais pas, mais c'est sûrement très bien, Yueyin l'a lu en 1991, c'est marqué - là, vous voyez, offrir un petit pan de mur de sa bibliothèque, c'est un très beau cadeau), Toni Morrison, son tout récent récit (j'avais pensé le commander, mais j'avais déjà Patricia Parry et Jean-Michel Guenassia).

 

* Petit bonus bonheur.

Vous avez de la peine à feuilleter le catalogue de Libellus ? Demandez maria messina lireouimaisquoi sur Google (Maria Messina est peu connue, lireouimaisquoi est le nom du blog de Yueyin, des fois qu'un jour...), vous obtenez 250 résultats, exclusivement de chez Lou. 

 

Laurence, 31 décembre 2012 2 700

 

Dans le colis, une enveloppe à « Monsieur Lou ». 

 

Deux dessins de Monsieur Yueyin, dont un conçu spécialement pour Lou (il est en bas à droite et il se réjouit que Mothra ait répondu à son appel pour sauver le monde).

Une photographie des trois petits singes sages (bouddhistes) de la famille.

De gauche à droite :

- Junior, il m'invite régulièrement sur facebook à partager un tournoi sur un jeu vidéo ; il est surtout connu dans le monde d'Escargolio pour avoir chanté une chanson douce à sa maman : ♪♫♪A la claire branlette, J'ai sorti mon poireau, Pour enculer Ginette, Sans lui faire de bobo♪♫♪ ; il venait de voir Les Choristes, sa mère ne connaissait pas, heureusement son père veille à sa culture ;

- La Blondinette, naguère victime de l'imagination de sa soeur, mais n'anticipons pas ;

- Mam'zelle Milou, oui, c'est elle qui a inventé la « méta-insulte » : un jour, elle a traité sa sœur de « Sarkozy », très dur ; maintenant elle ne dit plus rien ; j'ai conseillé, en privé, à sa sœur de lui balancer « vieille mimolette » (on avait changé les figurants, mais un vieux Hollande vaut bien un mélomane fondu de guitare).

 

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 00:01

 

 Ludwig van Beethoven, Missa solemnis Herreweghe 357

Ludwig van Beethoven, Missa solemnis, int. Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-Élysées, dir. Philippe Herreweghe, PHI, 2012

 

 

Ludwig van Beethoven, Missa solemnis, Gloria

 

Le projet de cette messe est né en 1819 lorsque Beethoven apprit que Johann Joseph Rudolf Rainier, archiduc d'Autriche, frère de l'empereur Franz, venait d'être nommé cardinal et allait devenir archevêque d'Olmütz, la capitale historique de la Moravie.

Rudolf était musicien, élève du compositeur, son ami durant près de vingt ans, son mécène.

Beethoven voulut écrire une messe pour son intronisation, en 1820.

L’œuvre ne fut achevée et présentée comme oratorio, selon le vœu de l'auteur, qu'en 1824.

Une aussi longue genèse est due aux difficultés personnelles du compositeur pendant cette période où il connut deuil et tracasseries dans sa famille, après une déception sentimentale, et aux difficultés techniques : sa messe précédente avait déplu lors de sa présentation, celle-ci devait être parfaite ; il souffrait déjà de surdité : en témoignent ses carnets de conversations destinés à communiquer avec ses interlocuteurs ; il écrivait en même temps des œuvres majeures, notamment sa 9e symphonie.

La composition est pourtant d'une incroyable cohérence.

 

Une œuvre complexe, souvent interprétée avec lourdeur, et que Philippe Herreweghe offre d'une manière déliée, fervente, grisante, avec les excellents chanteurs et musiciens du Collegium Vocale Gent et de l'Orchestre des Champs-Élysées.

 

Laissez-vous enivrer pour la veillée de Noël !

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 00:01

 

BAB, filets bleus 700

 

Ce lundi, le facteur sonne deux fois comme toujours, c'est bien connu.

 

Il apporte un colis qui ne tiendrait pas dans la boîte aux lettres, sans doute les pantoufles en mohair que nous attendons. Il y a aussi Sur un lit de fleurs blanches, dont Yueyin a dit grand bien, Connaissance des Arts, une lettre et des prospectus pour éplucher les légumes – on commençait à manquer.

 

Notre laboratoire de campagne étudie méthodiquement les reliques des premières couches. Nous découvrons alors le nom de l'expéditeur des pantoufles : Babelouest.

 

La puissance de notre génie de la déduction nous amène à conclure que Jean-Luc Charpignon n'a pas encore tondu la laine sur le dos des chèvres – le ministère des Finances est plus empressé.

 

Nous ouvrons et nous découvrons dans un ordre stratigraphique impeccable : des bulles, une caissette de sardines d'un excellent artisan, encore des bulles puis des bières artisanales également excellentes et, sous les dernières bulles, une enveloppe avec un petit mot sur une carte de Médecins du Monde.

 

Ainsi, le père Babelouest, doyen de la paroisse de Notre-Dame-des-Landes, a fait pour nous des merveilles.

Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.

Loué soit Babelouest !

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 00:01

 

 Brigitte Claudon, Améthyste

Brigitte Claudon, Améthyste, 2012

 

 Brigitte Claudon

 

 

 

Brigitte Claudon, Psaume, Améthyste, int. Louis Merlet (alto), Laura Revil (harpe), Brigitte Claudon (flûte)

 

Améthyste est une composition alchimique de Brigitte Claudon : au gré de son chemin, elle ramasse de petits cailloux convertis par la magie du creuset en pierres précieuses.

Améthyste, Opale (pour violon et piano, int. Louis Merlet, Olivier Kiraly), Émeraude...

 

Une collection joyeuse, mélancolique, dansante, méditative, empreinte de spiritualité.

 

En l'avent, pour la naissance de l'enfant, Améthyste nous rappelle les recherches d'Olivier Messiaen.

 

L'œuvre de Brigitte Claudon est rare, vous pouvez l'acquérir auprès de l'auteur en échange de quelques biscuits, quelques chocolats.

 

Voir également son site sérieux !

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 00:01

  

Pullus Nicolellus

Renatus Goscinny, Johannes-Jacobus Sempé, Pullus Nicolellus, Latina lingua, in latinum verterunt : Maria Gallica Cruenta, Sanctaedes Dusselpaganica Lustralunda, IMAV éditions, 2012

 

In ludo cibotheca est multique ibi edunt et « semidiedentes » vocantur. Ego et alii collusores domum ad pransidandum redimus : solus Pugnax est qui in ludo manet quia satis procul habitat.

Igitur obstupefactus et non gavisus sum cum heri paterculus et mammicula me hodie in ludo meridie esurum esse dixerunt.

Paterculus egoque cras iter suscipere debemus, mihi inquit mammicula, et fere totum diem aberimus. Quam ob rem, venustule, te semel in ludo edere putavimus.

Ego flere coepi conclamareque me non in ludo edere et id superterribile et certe pessimum esse, atque totum diem sine e ludo egredi me nolle ; si quis me cogeret, in morbum vaderem atque domo discederem ac morerer ac omnes jocose me desideraturos essent.

 

Vous êtes bien sur Libellus.

Relisez pendant une courte pause.

 

 

 

du saucisson, de celui que j'aime... du rôti avec de la purée... et puis on a eu du flan, et ça, c'était drôlement bon, j'en ai pris deux fois, comme pour la purée...

Quand je suis revenu à la maison, maman et papa étaient déjà là...

« Alors, mon chéri, a demandé maman, ça ne s'est pas trop mal passé ce déjeuner ? Qu'est-ce qu'ils t'ont donné à manger ?

_ Du saucisson, j'ai répondu, du rôti avec de la purée.

_ Avec de la purée ? a dit maman, mon pauvre poussin, toi qui a horreur de ça et qui ne veut jamais en manger à la maison.

_ Mais celle-là était très chouette (glaucopissima), j'ai expliqué, et il y avait de la sauce, et il y avait un type qui nous a fait rigoler et j'en ai repris deux fois. »

Maman m'a regardé et elle a dit qu'elle allait défaire sa valise et préparer le dîner. A table, maman m'a eu l'air très fatiguée par son voyage, et puis elle a apporté un gros gâteau au chocolat.

« Regarde, Nicolas, m'a dit maman, regarde le beau dessert que nous avons acheté pour toi.

_ Chic ! j'ai crié, tu sais, à midi, c'était chouette aussi, on a eu un flan terrible, j'en ai pris deux fois, comme pour la purée. »

Alors, maman a dit qu'elle avait eu une journée très dure, que tout le monde était énervé, qu'elle allait laisser la vaisselle pour demain et qu'elle montait se coucher tout de suite.

« Elle est malade, maman, j'ai demandé, drôlement inquiet, à papa ? »

Papa a rigolé, il m'a donné une petite claque sur la joue et il m'a dit :

« Ce n'est pas grave, bonhomme, je crois que c'est quelque chose que tu as mangé à midi qui ne passe pas. »

 

Une belle traduction, un lexicon, des images, tout pour plaire !

 

Le latin est une langue vivante, une langue ancienne et non pas une langue morte.

Écoutez les informations du jour données par une radio finlandaise, en latin.

 

Au cours de l'histoire, le latin s'est enrichi de mots nouveaux (quand on ne pouvait trouver l'équivalent chez Cicéron) ou de sens nouveaux (pour des termes existants).

 

Exemple.

 

Comment dire : Promotions sur les Game Boy, sur Internet, si vous avez l'ADSL et que vous souscrivez par courriel ?

 

Electronici joculi qui liberos delectent parvo pretio licere interreti possunt. Quod aliter fieri non potest nisi quam celerrimo connexu ad illos joculos litteris electronicis emendos utere.

 

Ainsi, jocose (drôlement) ou glaucops (chouette), qui reviennent souvent dans les récits du Petit Nicolas, peuvent être repris. Pour les « demi-pensionnaires », on invente « semidiedentes ».

 

A partir de 12 ans, dit l'éditeur. Quel plus beau cadeau de Noël pourrait espérer votre enfant, votre neveu, votre jeune voisin ? 14,25 € et des heures de lecture ! Glaucops !

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 00:01

 

Françoise Hardy, L'Amour fou album

Françoise Hardy, L’Amour fou, Virgin/EMI, 2012

 

 Françoise Hardy

Les yeux sur le cœur, elle est charmante.

 

 

 

Françoise Hardy / Calogero, Pourquoi vous ?

 

Une valse d'amour.

 

J'ignore si ce que j'aime en vous

C'est vous

Mes idées deviennent floues

Je suis à bout

Pourquoi vous ?

 

Et ce vertige qui me prend tout

A coup

Il me viendrait d'où :

De moi ou

De vous ?

 

Je me sens vraiment en dessous

De tout

Je ne tiens plus bien debout :

Sans doute un coup

De grisou ?

 

Inutile de me mettre en joue

J'avoue

Comme un ariière goût

D'amour fou

Tabou...

 

N'essayez pas de m'arracher

La moindre bribe du moindre regret *

Lever le voile pourrait gâcher

Tout ce qui nous lie de loin ou de près.

 

Je ne viendrai jamais à bout

Du flou

Qui brouille mes vues sur vous

Mais si j'échoue

On s'en fout...

 

Se peut-il qu'il y ait l'un de nous

Qui joue

A tendre l'autre joue ?

Si c'est vous

J'absous.

 

Vous resterez au grand jamais

Le plus brûlant de tous mes secrets

Nous resterons au grand jamais

Loin l'un de l'autre et pourtant tell(e)ment près...

 

* La leçon du livret est secret.

 

La voix est plus belle que jamais, un chant d'amour fou, lancinant comme le piano de Dominique Spagnolo, mélancolique comme les cordes tenues (ténues) sous la direction de Dzjian Emin.

 

Un testament, le témoignage d'une vie.

 

Rendez-vous plus tard dans une autre vie

Ailleurs ou ici

Pour nous aimer mieux et plus qu'aujourd'hui

Ce n'est qu'un sursis...

 

En même temps, Françoise Hardy publie un premier roman.

 

Françoise Hardy, L'Amour fou roman

Françoise Hardy, L'Amour fou, Albin Michel, 2012

 

Un roman en miroir du chant.

L'histoire d'une jeune femme dans les flammes de l'amour, dans les cendres d'où renaît le feu de la passion pour un amant absolu, absconditus, X. dans la narration : X. disparaissait aussi facilement, aussi discrètement, qu'il apparaissait.

 

Deuils, résurrections, la construction du récit rappelle Finnegans Wake. 

 

Une écriture musicale.

 

Premières notes.

 

C'était comme si sa route, assez linéaire jusque-là, se transformait en impasse. Elle ne pouvait plus avancer et il n'était, hélas, pas question de revenir en arrière. Comme si son passé, son présent et ses anticipations se brisaient soudain contre un mur aussi imprévu qu'incontournable.

 

Coda.

 

L'autre jour, tu m'as attirée doucement contre toi... C'était si simple, si beau, si plein... Mais je suis de celles qui croient qu'il n'y a pas d'amour heureux, alors, forcément, tu es de ceux qui fuient le bonheur de peur qu'il ne se sauve... Ne te sauve ? Dès le lendemain, je me briserais à nouveau contre le mur que tu te serais empressé de rétablir entre nous...

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:01

 

Olivier Truc, Le dernier Lapon

Olivier Truc, Le dernier Lapon, Métaillié, 2012

 

1693

Laponie centrale

Aslak trébuche.

 

Le Lapon se fie à ses icônes, elles sont cachées, il est poursuivi, roué de coups, brûlé vif par une horde suivant son pasteur et son Dieu.

 

Les villageois ne remarquèrent pas l'arrivée d'un jeune garçon en contrebas, dans sa barque remplie de peaux à échanger. Il resta figé en voyant la scène, comprenant aussitôt le drame qui se nouait. Il connaissait l'homme sur le bûcher.

[…]

Le cri d'Aslak pétrifia le jeune garçon lapon dans sa barque. Il reconnut, fasciné, terrifié, la voix de gorge d'un chant lapon. Il était le seul ici à pouvoir en saisir les paroles. Le chant, lancinant, guttural, l'emmenait hors de ce monde. Le joïk devenait de plus en plus haché, précipité. Le Lapon condamné aux feux de l'enfer voulait dans un dernier élan transmettre ce qu'il devait transmettre.

Puis la voix se tut. Le silence s'imposa. Le jeune Lapon […] savait ce qu'il devait faire. Et ce que, après lui, son fils devrait faire. Et le fils de son fils.

 

 Tambour sami

 

 

Chant lapon, le joïk lancinant

 

De nos jours, en Laponie centrale, fin de la nuit polaire après quarante jours.

Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina sont enquêteurs de la police des rennes. Ils s'occupent ordinairement des conflits entre éleveurs de rennes.

Au centre culturel de Kautokeino, un tambour sami, récemment arrivé dans les réserves pour une exposition, est volé.

 

« Pourquoi est-il si important, poursuivit Nina.

_ C'est le premier tambour à revenir en Laponie, répondit Olaf, regardant tour à tour les deux policiers. Pendant des décennies, les pasteurs suédois, danois et norvégiens nous ont pourchassés pour confisquer et brûler les tambours des chamans. Ça leur faisait peur. Pensez donc, on pouvait parler avec les morts ou guérir. Ils en ont brûlé des centaines, des tambours. Il en reste à peine plus d'une cinquantaine dans le monde, dans des musées à Stockholm ou ailleurs en Europe. Et même chez des collectionneurs. Mais aucun chez nous, sur notre propre terre. Incroyable, non !? Et là, enfin, ce premier tambour était revenu. Et on le vole ? C'est de la provocation ! »

 

Un peu plus tard, Mattis, un éleveur de rennes, est torturé, assassiné.

Y a-t-il un lien entre les deux affaires ? Un lien avec les pasteurs intégristes, avec les indépendantistes lapons ?

Klemet et Nina se lancent à la recherche du trésor perdu, d'un sens à cette énigme polaire.

 

Olivier Truc, grand connaisseur des trames du grand Nord, est le correspondant du Monde et du Point à Stockholm où il vit depuis 1994. Le dernier Lapon est son premier roman. Il est également documentariste et auteur d'une biographie, L'Imposteur, chez Calmann-Lévy.

 

L'intrigue est remarquablement tissée pour embarquer le lecteur dans l'aventure – prévoir une petite laine, les pages sont à -30°, même au soleil, rare dans ces contrées de la nuit.

L'écriture est sèche, dans la narration : courtes phrases, point de vue indéfini, interne et externe sur une même ligne. Les dialogues finissent en suspens.

Quand bien même on lirait lentement, on ne saurait interrompre sa lecture.

 

Lorsque Klemet releva la tête, Aslak avait disparu dans la nuit polaire.

 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 00:01

  

Quatuor A la not', Mondigny, 2012

 

A la not est un quatuor se consacrant au chant polyphonique, sous la baguette de Carole Uva (une fée). Le groupe est composé de deux basses et deux ténors.

 

 

A la not♪, Dio vi salvi Regina, hymne corse, Lalobbe, juillet 2012

 

 

Taizé, Benedictus Dominus Deus, Cantique de Zacharie

 

Benedictus Dóminus, Deus Israël,

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël

quia visitávit et redémit pópulum suum,

qui visite et rachète son peuple.

Et eréxit cornu salútis nobis

Il a fait surgir la force qui nous sauve

in domo David servi sui,

dans la maison de David, son serviteur,

Sicut locutus est per os sanctorum,

comme il l'avait dit par la bouche des saints,

qui olim fuérunt, prophetarum suorum :

par ses prophètes, depuis les temps anciens :

Ut liberaret nos ab inimicis nostris,

salut qui nous arrache à l'ennemi,

et e manu omnium qui odérunt nos,

à la main de tous nos oppresseurs,

Ut faceret misericordiam cum patribus nostris,

amour qu'il montre envers nos pères,

et recordarétur foederis sui sancti :

en mémoire de son alliance sainte,

Iurisiurandi, quod iuravit Abrahae, patri nostro,* daturum se nobis,

serment juré à notre père Abraham,

Ut sine timore, e manu inimicorum nostrorum liberati,

de nous rendre sans crainte, afin que délivrés de la main des ennemis

serviamus illi, in sanctitate et iustitia coram ipso

nous le servions, dans la justice et la sainteté

omnibus diébus nostris.

en sa présence, pour toute notre vie.

Et tu, puer, prophéta Altissimi vocaberis :

Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut :

praeibis enim ante faciem Domini ad parandas vias eius,

tu marcheras devant et selon le Seigneur, et tu prépareras ses chemins

Ad dandam populo eius scientiam salutis

tu feras connaître le salut à son peuple

in remissione peccatorum eorum,

par l'effacement de ses fautes,

Per viscera misericordiae Dei nostri,

grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu,

qua vistabit nos Oriens ex alto,

quand nous visite l'astre d'en haut,

Ut illuminet eos, qui in ténebris et in umbra mortis sedent,

pour illuminer ceux qui habitent l'obscurité et l'ombre de la mort,

ut dirigat pedes nostros in viam pacis.

pour remettre nos pas dans le chemin de la paix.

 

 

Taizé, Gloria, messe, 9 septembre 2012

 

Gloria in excelsis Deo
Et in terra pax hominibus bonae voluntatis.
Laudamus te. Benedicimus te. Adoramus te.
Glorificamus te. Gratias agimus tibi
propter magnam gloriam tuam,
Domine Deus, Rex caelestis,
Deus Pater omnipotens.
Domine Fili unigenite, Jesu Christe.
Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris,
qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram ;
qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.
Quoniam tu solus Sanctus,
tu solus Dominus,
tu solus Altissimus, Jesu Christe.
Cum Sancto Spiritu :
in gloria Dei Patris. Amen.

Que la joie soit en vous !

 

*

 

Remerciements.

 

A la not

Communauté de Taizé

 

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