Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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Un lien en un clic sur les images.

18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 23:01

 

Blake Edwards, The Party, 1968

On observera tout au long des séquences l'art du gag filé, étiré, l'art de montrer l'ordinairement invisible (un simple cordon téléphonique), un art qui s'inscrit dans le jeu de Jerry Lewis (1965 : Family Jewels), de Jacques Tati (1967 : Playtime).

 
Pré-générique




_ You're through, you're washed up, you're finished ! You'll never make another movie again !
_ Does that include television, Sir ?
_ I'll kill him, I'll kill him, I'll kill him !

Blake Edwards, The Party – It's good to be having a good time

Le petit oiseau espiègle.

 

Séquence 1


Au piano,on entend le thème de Nothing to lose (voir séquence 4).
Le blagueur est Buddy Lester, acteur fétiche de Jerry Lewis.
_ I never touch it, thank you... I'm on a diet, but the hell with it. Hellzapoppin' ?

 

Séquence 2

 

Birdie num num.
Faut-il rappeler ce que veut dire bird en slang ?
1 - Jeune femme attirante et peu farouche.
2 - Ce qui fait tout le charme du Manneken-piss (voir séquence 4)
3 - Coke (voir séquence 4, les musiciens au placard - bird désigne aussi l'emprisonnement, le placard)
_ Some idiot blew up the set (voir pré-générique 2).

 
Séquence 3

 

Strawberry soup.
Le siège retiré : une entrée de clown traditionnelle. Dans le même registre, le saladier s'efface au moment où tombe l’œuf.
Le bouchon, traditionnel, attendu, différé.
Le coquelet rôti - servi en perruque.
La tarte à la crème, on ne s'en lasse pas.

 
Séquence 4


Merveilleuse Claudine Longet.

Nothing to lose.

Blake Edwards, The Party – It's good to be having a good time


Séquence 5

 

L'orchestre joue dans la mousse jusqu'au dernier moment. Party, Par-Titanic (au golf, on enregistre un birdie lorsqu'on marque un par - 1).

Blake Edwards, The Party – It's good to be having a good time
It's good to be having a good time.

*
Autre film catastrophe où l'on prend du bon temps.


Robert Dhéry, Le Petit Baigneur, 1968

Jacques Legras en chaire dans son église, Notre-Dame des courants d'air.

*

Hellzapoppin', 1941, l'ancêtre. Le gag filé : « Mrs Jones... ». Les citations : Rosebud. Le jeune homme qui voudrait avoir 29 ans est au régime... Il a pris trois assiettes. Quand on lui tape sur le ventre, elles tombent en miettes.

L'art de la métonymie, du déplacement.

Qu'est-ce qu'une anamorphose ?

Vivement dimanche !

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 23:01

 
Scène 1
Dans un salon de thérondelle

_ Tu sais que Charles-Edouard avait acheté un pied à terre à Neuilly, 9000 m2, avec les dépendances, rien, quoi.
_ Ah.
_ Avec les dividendes de son maroquin.
_ Oui.
_ Eh bien ! Tiens-toi bien ! Il vient de le revendre en logements sociaux ! Comme il dit, les pauvres, ça paie toujours, quand ils ne sont pas riches.
_ Mesdames, un macaron rose à la « rouge de Hollande » ? C'est très fin.

 

Pierre-Pierre Hermé, Macaron rose-framboises 300


_ ?...
_ La « rouge » est une espèce non remontante.
_ Oh ouiii !
_ Non ! Deux coupoles pontificales de la terre promise et deux thés avec une rondelle de citron. Merci, Judith.
_ Jeanne viendra vous servir, nous sommes vendredi soir.
_ ...
_ Tu sais, en ce moment, avec la criiise...
_ Je t'offre ma rondelle.
_ Le macaron avait belle allure.
_ La promise, c'est du sûr.
_ Pourtant, le macaron...
_ L'allure ? Accroche-toi ! Dimanche, on a fait Montmartre-Deauville en moins d'une heure, avec la Mercedes Angela, et pour ce qui est du macaron, Charles-Edouard a le sien, tu sais qu'il connaît qui tu sais.
_ Je croyais qu'il était plutôt de...
_ On change, quand ça change. Tu n'as pas l'air bien ?
_ Paul-Hervé a remis tout ce qui nous restait du tunnel sur PSA. Nous sommes ruinés. Tout juste 31.579 euros par mois. La misèèère. On a renvoyé Assompcion, les chaaarges. Je fais moi-même les courses aux Restos du cœur, avec une fausse carte. Nous allons demander asile en Bavière.
_ Je croyais que tu étais plutôt de...
_ Quand ça change, on change.
_ ...
_ … Et la TVA sociale, hein ?! Nous aussi, on est socials.
_ Charles-Edouard a pris un peu de TVA, trois fois rien, trois millions, et le titre monte !
_
_ Tu ne finis pas ta coupole ?


Scène 2
Dans la rue, un archet déchu.

_ Mesdames, je n'ai plus rien, ils m'ont tout pris quand j'ai adopté un violon tzigane. Shlomo... C'est moi, Shlomo !

 

 

_ Le pauvre chat ! Quelle horreur ! Au violon !


 

* * *

 

Le thérondelle

http://www.libellus-libellus.fr/article-29729004.html

 

Le thérondelle 02

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_02-a-va-casser-50786154.html

 

Le thérondelle 03

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_03-a-casse-de-partout-66024478.html

 

Le thérondelle 04

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_04-la-crise-n-est-pas-une-fatalite-66681861.html

 

Le thérondelle 05

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_05-banderille-ou-banderole-a-chie-de-partout-67717438.html

 

Le thérondelle 06

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_06-rondelle-ou-nuage-69437987.html

 

Le thérondelle 07

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_07-moi-j-aime-le-music-hall-et-charles-trenet-fukushima-03-70005841.html

 

Le thérondelle 08

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_08-la-dame-au-camelia-71042830.html

 

Le thérondelle 09

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_09-colchiques-dans-les-pres-73592474.html

 

Le thérondelle 10

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_10-un-cauchemar-74204346.html

 

Le thérondelle 11

http://www.libellus-libellus.fr/article-le-therondelle_11-des-idees-pres-de-chez-vous-75035415.html



Le thérondelle 12

 

Le thérondelle 13

 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 23:01

 
Catherine Leroux, La Marche en forêt
Catherine Leroux, La marche en forêt, Éditions Alto, 2011 - édition française : Carnets Nord, 2012

Prière d'insérer.
Catherine Leroux est née en 1979 à Rosemère au Québec. Elle a été caissière, barmaid, elle a enseigné, vendu du chocolat.

La marche en forêt est son premier roman.

Présentation de l'éditeur.

C'est l'histoire d'une famille racontée à travers ses membres, ses lieux, ses satellites.  Un chef de clan amoureux de sa reine, qui vit sans le savoir un compte à rebours.  Une demi-sœur qui ne veut plus parler à qui que ce soit pour le reste de ses jours.  Un fils violent et sans remords réfugié derrière un écran.  Une tante qui cherche à se guérir à coups de séances de spiritisme.  Une mère qui préfère la chasse aux berceuses.  Une petite-cousine qui lance des pierres.

C'est un récit dont le ton distancié étonne dès la première page.

C'est un homme qui marche sur des sentiers qu'il ne connaît pas, et qui, à chaque embranchement, choisit le plus étroit des chemins. Peut-être a-t-il commencé sur un sentier en gravier, peut-être celui-ci était-il pavé. Puis il a choisi le chemin en terre battue […] Il ne s'arrête pas, il marche en forêt.

Les épisodes de la quête commencent par C'est... ou par un prénom dont on ne sait rien.
Un labyrinthe où un fil d'Ariane tisserait la toile de l'histoire en renvoyant cent fois la navette sur le métier, en étirant encore et encore depuis l'écheveau ce rayon ombilical lumineux qui unit une famille comme en une cordée.
Amélie le voit, en rêve, dans l'autobus, à l'école.
Les rayons peuvent traverser la forêt.

C'est une descente dans les profondeurs de la sérénité.

Alma, Alma mater, a trouvé son chemin sans comprendre comment.

Ses pensées ralentissent, elle ne ressent aucune douleur, n'éprouve aucune peur. Son corps descend plus profondément encore, elle coule dans le sol, elle s'y infiltre jusqu'à y fondre, jusqu'à se diluer, se dissoudre tout entière dans la terre.

C'est un homme qui marche...

C'est un roman qui trace son chemin comme un ruissellement au pied du mont Gerbier de Jonc. Les sources forment de minces filets d'eau entre les renoncules, se rencontrant bientôt en un ru, s'enrichissant sur sa pente douce d'autres ruisseaux s'unissant à leur tour à de petits cours d'eau qui, si ça se trouve, viennent de la même source. La rivière serpente et s'amplifie de confluent en confluent. Elle est déjà bien large en arrivant au pays ligérien où jadis chalands, coches, fûtreaux, gabares, sapines la sillonnaient. Près de la côte, elle s'épanouit en chenaux avant de se fondre tout entière dans l'océan. C'est un fleuve qui descend vers le Québec.

Oui, le fleuve comme symbole du temps : que signifie-t-il ?
[…]
Comment concevoir que l'irréversibilité de cet ordre impérieux qu'est le temps puisse être rompue ? C'est ici qu'interviennent les Vides médians inhérents à la Voie. Eux-mêmes Souffles, ils impriment à la Voie son rythme, sa respiration et lui permettent surtout d'opérer la mutation des choses et son retour vers l'Origine, source même du Souffle primordial. Pour le fleuve, les Vides médians se présentent sous forme de nuages. Etant de la Voie, le fleuve, comme il se doit, participe aussi bien de l'ordre terrestre que de l'ordre céleste. Son eau s'évapore, se condense en nuage, lequel retombe en pluie pour l'alimenter. Par ce mouvement en cercle vertical, le fleuve, assurant la liaison entre terre et ciel, rompt la fatalité de son propre cours forcené. De même, à ses deux extrémités, il imprime la même sorte de cercle entre mer et montagne, yin et yang. Ces deux entités, grâce au fleuve, entrent dans le processus du devenir réciproque : la mer s'évaporant dans le ciel et retombant en pluie sur la montagne, laquelle active sans cesse la source. Le terme rejoint par là le germe.
Le temps procéderait donc par cercles concentriques, ou par cercles tournant en spirale si vous voulez. Mais attention, ce cercle n'est pas la roue qui tourne sur elle-même, sur les choses du même ordre selon la pensée indienne, ni ce qu'on appelle l'éternel retour. Le nuage condensé en pluie n'est plus l'eau du fleuve, et la pluie ne retombe pas sur la même eau. Car le cercle ne se fait qu'en passant par le Vide et par le Change. Oui, l'idée de la mutation et de la transformation est essentielle dans la pensée chinoise. Elle est la loi même de la Voie. Le retour dont parle Laozi signifie finalement reprise de tout, certes, mais surtout changement en autre chose, en sorte qu'il y a constamment retour et que plus il y en a, plus fréquente est la possibilité de transformation, tant l'inspiration du Souffle primordial est inépuisable. C'est peut-être subtil ou paradoxal, mais c'est ainsi...

François Cheng, Le dit de Tianyi, Editions Albin Michel, 1998

C'est une écriture qui nous emmène vers les hauteurs ou les profondeurs de la littérature.

Et puis, elle est ravissante, non ?

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 23:01

 
José Saramago, le cahier
José Saramago, le cahier, le cherche midi, 2010

Outros Cadernos de Saramago


Droits de l'homme

Le 26 septembre 2008

D'après la Déclaration universelle des droits de l'homme, dans son article 12 : « Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, , sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. » Et encore : « Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »


Israël

Le 19 novembre 2008

Je viens de la maison de l'Alentejo où j'ai participé à une session de solidarité avec la lutte du peuple palestinien pour sa pleine souveraineté contre les procédés arbitraires [NDL : les mots en relief sont le fait de Lou] et les crimes dont Israël est responsable.
[…]
Si Barack Obama veut libérer son pays de l’infamie du racisme, qu'il le fasse aussi en Israël. Cela fait soixante ans que le peuple palestinien est froidement martyrisé avec la complicité tacite ou active de la communauté internationale. Il est temps d'en finir.

Le 22 décembre 2008

Le sigle ONU, tout le monde le sait, signifie « Organisation des Nations unies », c'est-à-dire, à la lumière de la réalité, rien ou très peu. C'est ce que doivent dire les Palestiniens de Gaza, dont les denrées alimentaires s'épuisent, ou sont déjà épuisées, parce que l'a ainsi imposé le blocus israélien, destine, semble-t-il, à condamner à la famine les 750 000 personnes enregistrées là-bas comme réfugiés.

Le 31 décembre 2008

Il n'est pas du meilleur augure que le futur président des États-Unis répète de temps en temps, sans tremblements de voix, qu'il maintiendra avec Israël la « relation spéciale » qui lie les deux pays, en particulier le soutien inconditionnel que la Maison-Blanche a dispensé à la politique répressive – répressive est peu dire – par laquelle les gouvernants – et pourquoi pas aussi les gouvernés ? - israéliens n'ont rien fait d'autre que martyriser de toutes les manières et par tous les moyens le peuple palestinien.
[…]
[Les enfants de Barack Obama disent] « Ne te fatigue pas, papa, nous savons ce que c'est qu'une relation spéciale, ça s'appelle "complicité criminelle". »

Le 6 janvier 2009

Sarkozy, l'irresponsable
Dans un accès d'hypocrisie politique tout simplement remarquable, Sarkozy accuse le Hamas d'avoir commis des actions irresponsables et impardonnables en lançant des roquettes sur le territoire d'Israël.
[…]
Il faut dénoncer le Hamas. À une condition toutefois. Que ses mots justement réprobateurs soient également appliqués aux abominables crimes de guerre qui sont commis par l'armée et par l'aviation israélienne, dans des proportions sans commune mesure, contre la population civile de la bande de Gaza.

[NDL : le grand-père de Nicolas Sarkozy était juif, celui-ci est donc un « demi-juif »]

Le 11 janvier 2009

Avec Gaza
[…] le mouvement de masse prévu pour dimanche à Madrid, l'objet immédiat de cette manifestation est l'action militaire sans discernement, criminelle et attentatoire à tous les droits fondamentaux de l'homme, développée par le gouvernement d'Israël contre la population de Gaza […] Que chaque manifestant ait présent à l'esprit que cela fait déjà soixante ans sans interruption que les Palestiniens sont victimes de violences, d'humiliation et de mépris de la part des Israéliens. Et que leurs voix, des voix de la foule qui sera sans doute présente, jaillisse l'indignation contre le génocide, lent mais systématique, qu'Israël a exercé et exerce sur le peuple palestinien martyrisé.

Le 19 janvier 2009

L'autre crise
[…] la crise morale qui lamine le monde […]
Une crise morale, c'est ce dont souffre le gouvernement israélien, autrement il ne serait pas possible de comprendre la cruauté de ses agissements à Gaza, une crise morale, c'est ce qui infecte les esprits des gouvernements ukrainien et russe quand ils condamnent, sans remords, la moitié d'un continent à mourir de froid, une crise morale, c'est quand l'Union européenne se montre incapable d'élaborer et de mettre en œuvre une politique extérieure cohérente et fidèle à certains principes éthiques fondamentaux.

Le 22 janvier 2009

Avec la Torah en toile de fond, cette terrible et inoubliable image d'un militaire juif brisant à coups de marteau les os de la main d'un jeune Palestinien capturé lors de la première Intifada pour avoir jeté des pierres contre les tanks israéliens prend tout son sens.

Le 5 février 2009

Adolf Eichmann
[…] principal exécuteur de l'opération d'extermination de juifs – ils ont été 6 millions – menée à terme de façon systématique, presque scientifique, dans les camps de concentration nazis. Critique comme je l'ai toujours été des abus et des répressions exercées par Israël sur le peuple palestinien, mon principal argument contre ces pratiques a été, et est toujours, d'ordre moral : les inénarrables souffrances infligées aux juifs tout au long de l'histoire et, en particulier, dans le cadre de ce que l'on appelle la « solution finale » devraient être pour les Israéliens d'aujourd'hui – des soixante dernières années, pour être plus exact – la meilleure des raisons de ne pas imiter sur la terre palestinienne leurs bourreaux.


Vaticanices

Le 17 septembre 2008

L’Église anglicane […] a annoncé une décision importante : demander pardon à Charles Darwin au moment où l'on commémore le bicentenaire de sa naissance, pour le mal avec lequel elle l'a traité après la publication de L'Origine des espèces et surtout après De la descendance de l'homme.
[…]
Son repentir, même tardif, […] incite peut-être le pape Benoît XVI, embarqué maintenant dans une manœuvre diplomatique vis-à-vis du la¨cisme, à demander pardon à Galileo Galilei et à Giordano Bruno, en particulier à celui-ci, chrétiennement torturé, avec beaucoup de charité, jusque sur le bûcher où il a été brûlé.

Le 9 octobre 2008

Revenons-en à Ratzinger. Il est arrivé à cet homme, sans aucun doute intelligent et informé, qui mène une vie active à l'intérieur et à la périphérie du Vatican – il suffit de dire qu'il a présidé la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans la droite ligne, avec d'autres méthodes, du funeste tribunal du Saint-office, plus connu comme inquisition -, il est donc arrivé à cet homme une chose à laquelle on ne s'attendait pas de quelqu'un à ce niveau de responsabilités, dont nous devons respecter la foi mais non l'expression de sa pensée médiévale. Scandalisé par les laïcismes, frustré par l'abandon des fidèles, il a ouvert la bouche pendant la messe qui a débuté le synode pour sortir des énormités comme celle-ci : « Si nous regardons l'histoire, nous sommes bien obligés d'admettre que cette distanciation et cette rébellion des chrétiens incohérents ne sont pas uniques. En conséquence de quoi, Dieu, bien que ne manquant jamais à sa promesse de salut, a souvent dû recourir au châtiment. »

[NDL : incohérents, v'là aut'chose.]

[1 : la doctrine de la foi est un terme incohérent. La foi n'est pas une doctrine. La doctrine est un ensemble d'opinions fondé sur l'état, toujours provisoire, des lieux scientifiques à un moment donné. C'est ainsi qu'à l'époque de Galilée, bien que d'autres chercheurs aient abouti aux mêmes conclusions que lui et que les savants prélats en aient été informés, le mouvement de l'horloge universelle n'était pas encore communément admis. C'est ainsi qu'à l'époque de Darwin, bien que d'autres chercheurs se soient approchés de ses conclusions et que les savants prélats en aient été informés, la pensée de la vie en mouvement n'était pas encore communément admise. Les églises de Rome et de Canterbury ont pu revoir leur doctrine – il n'était pas même utile de demander pardon.

Le dogme est un ensemble de mystères dont la vérité, révélée, ne peut être mise en question, dans les siècles des siècles. Le pape n'est infaillible que sur ce point. Pour un chrétien ou un animiste, saler son infusion ou sucrer sa morue est seulement affaire de goût.]

[2 : Si nous regardons l'histoire... Dieu... Encore une phrase incohérente. Dieu n'est pas dans l'histoire, il n'est pas dans notre temps.]

Le 9 février 2009

Je ne supporte pas de voir messieurs les cardinaux et messieurs les évêques vêtus avec un luxe qui scandaliserait le pauvre Jésus de Nazareth, mal drapé dans sa tunique de toile grossière, aussi dépourvu de coutures qu'elle ait pu être, et ce n'était certainement pas le cas, et je me rappelle à chaque fois le délirant défilé de mode ecclésiastique que Fellini a génialement mis dans Huit et demi pour son régal et pour le nôtre.

[Jacques, 2, 2-4
Supposez qu'il entre dans votre assemblée un homme à bague d'or, en habit resplendissant, et qu'il entre aussi un pauvre en habit malpropre.
Vous tournez vos regards vers celui qui porte l'habit resplendissant et vous lui dites : « Toi, assieds-toi ici à la place d'honneur. » Quant au pauvre, vous lui dites : « Toi, tiens-toi là debout », ou bien : « Assieds-toi au bas de mon escabeau. »
Ne portez-vous pas en vous-mêmes un jugement, ne devenez-vous pas des juges aux pensées perverses ?]

Le 11 février 2009

Il y a des années de cela – de nombreuses années déjà -, le célèbre théologien allemand Hans Küng a écrit cette vérité : « Les religions n'ont jamais servi à rapprocher les êtres humains les uns des autres. »


Plumes

Le 13 février 2009

Plonger une langouste vivante dans de l'eau bouillante et l'y faire cuire, c'est une vieille pratique culinaire dans le monde occidental. Il paraît que si la langouste était mise au bain déjà morte, le goût final serait différent, en pire. Il y a des gens qui disent aussi que la rubiconde couleur vermeille du crustacé au sortir de la casserole est justement due à la très haute température de l'eau. Je n'en sais rien, je le sais par ouï-dire, je suis incapable de faire cuire convenablement un œuf sur le plat. Un jour, j'ai vu dans un documentaire comment on nourrit les poulets, comment on les tue et les dépèce, et il s'en est fallu de peu pour que je vomisse. Et un autre jour, qui ne s'est jamais effacé de ma mémoire, j'ai lu dans un magazine un articles sur l'utilité des lapins dans les usines de cosmétiques, et j'ai appris que les tests sur les risques d'irritation causée par les ingrédients des shampoings se font par application directe dans les yeux de ces animaux, selon le style du funeste « docteur de la Mort », qui injectait du pétrole dans le cœur de ses victimes. Maintenant, une brève parue dans les journaux m'informe qu'en Chine les plumes d'oiseaux destinées à garnir les oreillers sont arrachées comme ça, sur le vif, puis nettoyées, désinfectées et exportées pour le délice des sociétés civilisées, qui savent ce qui est bon et à la mode. Pas de commentaires, ça ne vaut pas la peine de tremper sa plume, ces plumes suffisent.


Question

Le 30 octobre 2008

« Et je demande aux économistes politiques, aux moralistes, s'ils ont déjà calculé le nombre d'individus qu'il faut forcément condamner à la misère, au travail disproportionné, à la démoralisation, à l'enfance, à l'ignorance crapuleuse, au malheur insurmontable, à la pénurie absolue, pour produire un riche. »
Almeida Garrett (1799-1854)

* * *

Remerciements à Yueyin qui nous a fait découvrir le cahier.

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 23:01

 
Fourrures.


Fourrures et cosmétiques
Avant.

Fourrures et cosmétiques
Après.

Ensuite...

Fourrures et cosmétiques

Fourrures et cosmétiques

Fourrures et cosmétiques
Il est toujours vivant.


L'animal - chat, loup, phoque … - doit être dépouillé vivant.


Cosmétiques.



Boby Lapointe, Le tube de toilette, 1969

Ils font rire les gosses mes tics (les cosmétiques)

Pour vendre des produits de beauté – parce qu'elles / ils le valent bien, on brûle des animaux avec des produits corrosifs qui font l'essence de l'article.

Fourrures et cosmétiques

Pour vendre des médicaments, la méthode est la même.

L'expérimentation ne vaut rien. Ce qui est bon pour notre espèce ne l'est pas pour une autre et inversement. Il faut donc faire des essais cliniques avant la mise sur le marché. Heureusement pour nous, l'aspirine, mortelle pour nos amis, a été délivrée sans souffrance pour soulager la fièvre du samedi soir.


Le repos dominical.


Fourrures et cosmétiques
Photographie Des pas perdus

Fourrures et cosmétiques
Photographie Des pas perdus

Chacun peut l'observer de chez soi : dans les villes et les villages, le petit commerce indépendant s'éteint à mesure que s'allument les enseignes des grandes surfaces.

Cette fermeture est-elle due à l'ouverture des moins-chers-qu'ailleurs le dimanche ?

Certes, le repos dominical permettrait de remplir nos églises et non plus leurs caddies, mais ce n'est pas le sujet.

Il y a des artisans-commerçants qui travaillent le dimanche, et depuis toujours.
Il y a les rues piétonnes, le stationnement délinquant, la garde à vue.
Il n'y a plus le service.

Par chez nous, les moins-chers-qu'ailleurs sont fermés le dimanche, et pourtant...

On comprendra aisément que lorsque les fourreurs et les mélanomeurs ferment boutique, nous nous en réjouissons.

Fourrures et cosmétiques
Photographie Des pas perdus

Terminons par une photographie de Des pas perdus

Regarder la construction, les contrepoints, le presque rien.
Allez, suivez Des pas !
Allez, lisez Des pas ! A l’Élysée, Des pas !

 

Remerciements à Des pas perdus.


- - -


Documents.


Boby Lapointe

Le tube de toilette

Pour faire un tube de toilette
En chantant sur cet air bête
Avec des jeux de mots laids
Il faut pondre des couplets
Permets que je te réponde
C'est sûr, faut que tu les pondes
Bon, mais que dois-je pondre ?
Que ponds-je ? Que ponds-je ?
Le dernier mot qui t'a servi était : "Ponds-je"
Serviette éponge ! Parfait ! ...
Allez vas-y, je vais t'aider :

J'apprécie quand de toi l'aide (gant de toilette)
Me soutient cela va beau- (ce lavabo)
coup plus vite c'est bien la vé- (c'est bien lavé)
rité, ça nous le savons (à nous l'savon de toilette)
Sur ce piano les touches t'y aident (les douches tièdes)
Ton air est bon, mais mon chant point (mets mon shampooing)
Il s'ra peut-êt' pas sal' demain (salle de bains)
Il m'aura en tout cas miné (ou caminet de toilette)

Eau chaude eau froide eau mitigée

Cette salade, on verra dans (un verre à dents)
Un instant si c'est le bide, et (c'est le bidet)
Est-ce à répéter ou à taire (t'es au water)
J'aimerais mieux que d'aut' la vendent (eau de lavande, eau de toilette)

Eau chaude eau froide eau mitigée

Ma face de carême, harassée (Crème à raser)
Pour sûr aura ce soir les tics (Rasoir électrique)
Ils font rire les gosses mes tics (Les cosmétiques)
Sur ma gueule d'empeigne à moustache

Peigne à moustache… cosmétiques
Crème à raser… rasoir électrique
Serviette éponge… chanson de toilette très poétique
Toc !

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 23:01

 

Shangai, vieille ville, 2004 700

Shangai, vieille ville, 2004

 

 

Yunqing, Jiangnan Sizhu, Shanghai, traditionnel

 

Qiu Xiaolong, La Danseuse de Mao

Qiu Xiaolong, La Danseuse de Mao, 2007, trad. française, Liana Levi, 2008

 

Elle a dansé avec le président Mao à Shanghai : en s'abandonnant contre son épaule, Shang a relancé sa carrière d'actrice. Aujourd'hui, le Grand Timonier n'est plus qu'un souvenir et la star s'est suicidée, laissant derrière elle des secrets d'alcôve. Une jolie « fleur de prunier », petite-fille de Shang, guide l'inspecteur Chen dans le sillage de cette femme peu ordinaire...

 

Qiu Xiaolong est né à Shanghai en 1953. Son père est victime de la « Révolution culturelle », lui-même est interdit d'école. Après les événements de Tian'anmen, en 1989, il se réfugie aux États-Unis.

 

La Chine s'est éveillée. Pour certains, une vie de rêve, pour le peuple, un cauchemar.

Nous vous invitons à une traversée gourmande (ou misérable) de Shanghai à Pékin, des quartiers pauvres à ceux des nouveaux maîtres du monde, des affreuses nouilles bouillies au suprême canard laqué à l'ancienne.

 

Goûtez aujourd'hui votre riz blanc. Demain...

 

« La base économique conditionne la superstructure idéologique... » Chen parvint à énoncer ce postulat marxiste acquis à l'université, mais il en resta là. Ce qui caractérisait le « socialisme à la chinoise » actuel, toutefois, était l'incompatibilité entre les deux. Avec une économie de marché entièrement capitaliste – et encore au « stade de l'accumulation primitive », pour utiliser une autre formule marxiste – quelle sorte de superstructure communiste ou de civilisation spirituelle pouvait-on attendre ?

 

Il se souvint d'une petite gargotte au coin de la rue.

[…]

Une serveuse rondouillarde et courte sur pattes, qui devait avoir dans les cinquante-cinq ans, lui tendit un menu sale dans un silence maussade. Il commanda une bière Tsing Tao, deux plats froids – du tofu séché à la sauce rouge et un œuf de cent ans à la sauce soja et lui demanda :

« Vous avez des spécialités ?

_ Tripes, poumon, cœur de porc, etc., tout cela cuit à la vapeur avec du vin de riz. C'est une vieille spécialité de Shanghai. Vous n'en trouverez nulle part ailleurs.

_ Formidable. Je prendrai ça, dit-il en refermant le menu. Et aussi une tête de carpe fumée. Une petite. »

[…]

Chen prenait un plaisir pervers à la compagnie de Gang ce soir-là et il lui tendit deux billets de dix yuans.

« Tante Yao, une bouteille de Fleuve Yang, une portion de joue de porc et une douzaine de pattes de poulet sauce piquante ! » cria Gang.

[…]

« Soupe au poulet, ensuite filet de carpe frit à la tomate et fleur de bourse-à-pasteur avec du tofu, annonça Peiqin avec un sourire heureux. Aujourd'hui nous sommes dimanche, tu pourras aussi avoir un verre de vin jaune de Shaoxin. »

[…]

« Aujourd'hui ma vieille épouse doit garder l'enfant de sa sœur, dit Long. Nous bavarderons à notre aise devant ce festin de crabes. Je vais les préparer. Ça ne prendra que quelques minutes. »

Il mit les crabes dans l'évier et les lava avec un petit balai de bambou. Pendant que les crustacés rampaient sous l'eau courante, il prit une grande marmite, la remplit d'eau à moitié et la posa sur le réchaud à propane.

« La cuisson à la vapeur est la plus simple et la meilleure.

_ Je peux vous aider, Long ?

_ Émincez le gingembre, répondit Long en lui tendant un morceau. Pour la sauce. »

Il se pencha au-dessus de l'évier pour nettoyer les crabes avec une vieille brosse à dents. Quand Chen eut terminé sa tâche, Long se mit à ligoter les crabes un à un avec de la ficelle blanche.

« De cette façon, ils ne perdent pas leurs pattes dans les paniers vapeur », expliqua Long en les mettant dans la marmite.

[…]

La sauce spéciale au vinaigre, sucre et gingembre était prête. Long y trempa ses baguettes, goûta et se lécha les babines. Il ouvrit une bouteille de vin de riz jaune de Shaoxin et remplit deux verres.

« Buvons d'abord.

_ à notre festin de crabes ! »

[…]

Tôt le matin, [l'inspecteur Yu] arriva au marché où [Peng] travaillait comme porteur de porcs, mais il apprit que Peng avait été renvoyé.

« Un bon à rien qui ne peut manger que du riz ramolli », lui dit un ancien collègue de Peng en attaquant à la hache une tête de porc surgelée sur un billot, et en crachant sur le sol jonché de feuilles de chou pourries. « Vous le trouverez probablement en train de manger son riz blanc chez lui. »

[…]

Un homme corpulent était accroupi à l'entrée de la ruelle comme un lion de pierre, le visage à moitié enfoui dans un grand bol de nouilles, tenant une gousse d'ail au bord du bol.

[…]

« Trouvons-nous un endroit. Un restaurant dans le coin, par exemple. »

[…]

Peng mit dans sa bouche un gros morceau de bœuf au bouillon.

[…]

Peng se servit une écuellée de soupe chaude au poisson du Guizhou et l'aspira en se léchant les babines.

[…]

« Je suis un porc mort », dit Peng en croquant le dernier travers de porc sauce aigre-douce et en s'essuyant les doigts.

[…]

[Chen] décida de se faire un shop suey avec tous les restes bouillis ensemble, additionnés de ce qui restait d'échalote, de gingembre et de poivre desséché dans le réfrigérateur. Il sortit le petit bocal de tofu fermenté et jeta le dernier morceau dans le liquide multicolore.

[…]

Elle partit donc pour le marché du quartier avec sa liste. Celle-ci était prometteuse. Porc gras, poisson de Wuchang, melon sauvage, poivre vert et rouge, et légumes de saison.

[…]

De retour dans la cuisine, elle se mit au travail. Le poisson vivant continua de se débattre et de sautiller pendant qu'elle l'écaillait sur la planche. Il eut un dernier sursaut quand elle le déposa dans le panier vapeur, et sa queue lui entailla le doigt.

[…]

Peiqin revint dans la cuisine. Elle coupa en dés l'aubergine cuite à la vapeur, ajouta du sel, de l'huile de sésame, et une pincée de glutamate. Elle coupa aussi un morceau de méduse pour un autre plat froid, accompagné d'une sauce spéciale dans une petite coupelle.

[…]

[à Pékin, au restaurant Fangshan]

« Alors je vous suggère un assortiment exquis. »

[…]

« Pour commencer : poisson vivant de Zhongnan hai, les mers du Centre et du Sud, à la vapeur, avec gingembre frais et ciboule. […] L'authentique canard laqué à la pékinoise. De six à huit mois, spécialement gavé. […] Nos chefs perpétuent la tradition qui consiste à décoller la peau du canard en soufflant à l'intérieur et à lui coudre le croupion avant de l'enfourner. […] Nous présentons les fameuses cinq façons de le préparer : fines tranches croustillantes roulées dans une crêpe, tranches frites à l'ail vert, pattes plongées dans le vin, gésiers sautés aux légumes verts, et soupe de canard, mais il faut environ deux heures avant qu'elle soit d'un blanc parfaitement crémeux. »

 

Restons sur cette note craquante.

 

- - -

 

Précédemment

 

François Cheng, Le dit de Tianyi – nourritures terrestres, une vie de saveurs

http://www.libellus-libellus.fr/article-francois-cheng-le-dit-de-tianyi-nourritures-terrestres-une-vie-de-saveurs-106497919.html

 

Umberto Eco, Le Cimetière de Prague – Cuisine des terroirs

http://www.libellus-libellus.fr/article-umberto-eco-le-cimetiere-de-prague-cuisine-des-terroirs-104308921.html

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 23:01

 

 

La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne est une œuvre  de Léonard de Vinci, conçue vers 1499-1500. Elle est mentionnée pour la première fois en 1501, dans la correspondance d’Isabelle d’Este. Elle est inachevée à la mort de Léonard, en 1519.


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Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne, 1501-1519, avant restauration

 

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Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne, huile sur peuplier, 168 × 130, 1501-1519, Paris, Musée du Louvre [clic]


Le thème, souvent traité du XIIIe au XVIe siècle, est celui de la « Sainte Anne trinitaire » où Sainte Anne, la Vierge Marie et l'enfant Jésus sont réunis, dans un propos exégétique : l'abandon accueillant de la mère et de la grand-mère au sacrifice librement consenti de l'Agneau.

 
Genèse

 

Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et s
Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et saint Jean-Baptiste enfant, Carton de Burlington House, vers 1499-1500, Londres, The National Gallery

 

Léonard de Vinci, Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant avec
Léonard de Vinci, Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant avec un petit agneau, 8,7 x 15,2, vers 1500-1501, Venise, Galleria dell'Accademia

 

Ce petit dessin, où l'agneau remplace saint Jean-Baptiste, est le point de départ de la composition en cours.

 

Léonard de Vinci, Etude pour la tête de la Vierge, vers 1
Léonard de Vinci, Etude pour la tête de la Vierge, vers 1507-1510, New York, The Metropolitan Museum of Art

 

Léonard de Vinci, Etude pour le manteau de la Vierge, vers
Léonard de Vinci, Etude pour le manteau de la Vierge, vers 1507-1510, Paris, Musée du Louvre

 
Le sfumato.

 

Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte -copie-4

Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne, vers 1501-1519, détail


En toi, Yahvé, j'ai mon abri, sur moi pas de honte à jamais !
En ta justice défends-moi, délivre-moi, tends vers moi l'oreille et sauve-moi.
Sois pour moi un roc hospitalier, toujours accessible; tu as décidé de me sauver, car mon rocher, mon rempart, c'est toi.
Psaumes, 71 (trad. Bible de Jérusalem)

 

Léonard de Vinci, La Vierge aux Rochers, huile sur toile
Léonard de Vinci, La Vierge aux Rochers, huile sur toile  199 x 122, 1483, Paris, Musée du Louvre

 

Léonard de Vinci, La Vierge aux Rochers, huile sur bois, 1
Léonard de Vinci, La Vierge aux Rochers, huile sur bois, 190 x 120, 1495-1508, Londres, The National Gallery,


La Vierge aux Rochers, peinte pour une église de Milan, dit le mystère de l’Incarnation à travers les figures de Marie, de Christ et de saint Jean-Baptiste. Pour la première fois, les personnages sont placés dans un paysage naturel éclairé de multiples sources lumineuses : le sfumato estompe, comme la brume, les marques du pinceau.

 

 
D'autres versions du thème.

 

 

Atelier de Quentin Metsys, Vierge à l'Enfant dans un paysa
Atelier de Quentin Metsys († 1530), Vierge à l'Enfant dans un paysage, Poznan, Musée National

 

Bernardino Luini, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne, sain
Bernardino Luini, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne, saint Joseph et saint Jean Baptiste enfant, vers 1530, Milan, Veneranda Biblioteca Ambrosiana

 

Raphaël, La Vierge à l'Enfant avec le petit saint Jean-Ba
Raphaël, La Vierge à l'Enfant avec le petit saint Jean-Baptiste (La Belle Jardinière), huile sur bois, 1505-1508, 122 x 80, Paris, Musée du Louvre
[clic]

 

Léonard ingénieur.
 

 

Léonard de Vinci, Machines hydrauliques, Codex Atlanticus,

Léonard de Vinci, Machines hydrauliques, Codex Atlanticus, 1483-1518, Biblioteca Pinacoteca Accademia Ambrosiana

 

Léonard de Vinci, Aile volante, Codex Atlanticus, Bibliote
Léonard de Vinci, Aile volante, Codex Atlanticus, 1483-1518, Biblioteca Pinacoteca Accademia Ambrosiana

 

Marcel Duchamp, Tu m', 1918

Marcel Duchamp, Tu m', 1918, New Haven, Connecticut, détail d'après 3 stoppages étalon, 1913, MoMA

 

Léonard de Vinci, Bicyclette, Codex Atlanticus, Biblioteca
Léonard de Vinci, Bicyclette, Codex Atlanticus, 1483-1518, Biblioteca Pinacoteca Accademia Ambrosiana

 

Marcel Duchamp, Avoir l'apprenti dans le soleil, 1914, Phil
Marcel Duchamp, Avoir l'apprenti dans le soleil, 1914, Philadelphia Museum of Art

 
Un vautour ?

 


Peter Paul Rubens Un enfant avec un oiseau 1624 600
Peter Paul Rubens, Un enfant avec un oiseau, 1624

 

Léonard de Vinci, Codex sur le vol des oiseaux 700

« Il semble que j'aie depuis toujours été destiné à m'occuper du vol des oiseaux. Dans mon plus ancien souvenir d'enfance, il me semble qu'un vautour a volé jusqu'à moi, m'a ouvert la bouche de sa queue et l'a plusieurs fois battue de-ci de-là entre mes lèvres. »
Léonard de Vinci, Codex sur le vol des oiseaux, 1505, Biblioteca Nazionale Universitaria di Torino

A partir de cette petite phrase, Sigmund Freud (Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, 1910) analyse sauvagement Léonard : il serait homosexuel (se distinguant des « normaux » - cf. infra), le vautour (que Freud, qui n'a jamais vu la Sainte Anne, voit dans le manteau de la Vierge) étant associé à la mère charognarde, source de perversion dans sa relation à la femme. Cette conclusion précoce (!) est fondée sur une erreur de transcription, non pas seulement en français (vautour en place de milan), erreur connue dès 1923, les psychanalystes freudiens préférant encore écouter l'uccello dans leur Gleichschwebende Aufmerksamkeit.

Regardons.

 

Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte -copie-3
Léonard de Vinci, Vierge à l'Enfant avec sainte Anne, 1501-1519, détail

 

Milan royal nb 350
Milan royal

 

Vautour fauve nb 350
Vautour fauve


Il n'y a pas de milan dans le giron de la Vierge.


Et pourtant, il pourrait y avoir un vautour dans les plis contournés du manteau : il faudrait alors une juste accommodation pour déchiffrer ce qui est à percevoir, comme dans les images d'Epinal.

 

Images d'Epinal 1850-1904 700


Images d'Epinal Charles Pinot, Enfance de Paul et Virginie
Charles Pinot, Enfance de Paul et Virginie, 1864


Un trait de Léonard de Vinci, peut-être.


Le vautour a inspiré Max Ernst.

 

Max Ernst, Le Baiser, 1927, huile sur toile, 129 x 161,2, T
Max Ernst, Le Baiser, 1927, huile sur toile, 129 x 161,2, The Solomon R. Guggenheim Foundation, Peggy Guggenheim Collection, Venise


On y vient, on y vient, préparez vos mouchoirs.

 
La Juive, le goy et le vautour.

 
Elisabeth Roudinesco, Pourquoi tant de haine ?, Mediapart, 2010
[si le texte est trop petit, CTRL + molette]


Oublions les bourdes, amusantes, comme cette répétition fébrile « de de » dans la phrase où la psychanalyste parle des « hésitations » de Freud.
Passons sur l'orthographe hésitante...

Laissons les erreurs.

Elle reproche à Michel Onfray de n'être « formé à aucune tradition de recherche universitaire », alors qu'il a soutenu, à Caen, en 1986, une thèse de troisième cycle, intitulée « Les implications éthiques et politiques des pensées négatives de Schopenhauer à Spengler »

Elle écrit : « Onfray a pu affirmer qu'Emmanuel Kant, philosophe allemand des Lumières, n'était qu'un précurseur d'Adolf Eichmann ». Non, le propos est « inverti », c'est Eichmann qui s'était référé à Kant. Il reste la part d'ombre du philosophe des Lumières, qui autorise la lecture d'Eichmann : l'impératif catégorique, au cœur de la morale de Kant, impose de suivre un commandement, sans conditions, lorsqu'il est de droit.

La loi variant selon les saisons et les pays, on en arrive à des monstruosités.

1/ Dans notre pays, les Juifs sont raflés du 3 octobre 1940 au 9 août 1944.

En France, le 3 octobre 1940, l'Etat français promulgue le premier « Statut des Juifs ». La loi du 4 octobre 1940 sur « les ressortissants étrangers de race juive » prévoit d'enfermer ces derniers dans des camps d'internement comme celui de Gurs, en zone libre, où sont ensuite parqués les Juifs déportés par les Allemands, depuis l'Alsace, la Lorraine, la Belgique (cette loi est annulée le 9 août 1944).

[Sous les gouvernements d'Edouard Daladier, le 12 novembre 1938, un décret porte création de centres de rétention pour les étrangers indésirables ; le 6 février 1939, les membres des Brigades internationales et les réfugiés républicains de la Guerre civile espagnole sont internés dans les camps de Rivesaltes ou de Gurs]

Il y aurait alors un impératif de droit, une loi émanant d'un état libre : il serait, inconditionnellement, interdit de cacher un Juif, obligatoire de le dénoncer s'il n'a pas rejoint un camp, dans un « départ volontaire » (terme qu'on entend en ce moment). Etes-vous kantien ?

2/ Au XVIIIe siècle, un enfant naturel n'existe pas en droit.

Au temps de Kant, un enfant naturel n'a pas d'existence selon la loi : on peut donc l'effacer, l'homicide d'ectoplasmes n'étant pas prévu. Alors ?

Allons encore, et nous passons des pages dans un texte déjà étique.

Selon l'historienne de la psychanalyse, « Freud n'était ni homophobe ni misogyne ».

Lisons : « Les homosexuels se distinguent des normaux par leur objet sexuel [...] [Ils] ont renoncé à l'accouplement des organes génitaux opposés et [...], dans leur acte sexuel, remplacent chez leur partenaire l'organe sexuel par une autre partie ou région du corps. Peu importe que cette partie ou région se prête mal, par sa structure, à l'acte en question : les individus de ce groupe font abstraction de cette considération, ainsi que de l'obstacle que peut opposer la sensation de dégoût (ils remplacent le vagin par la bouche, par l'anus). [...] Mais assez de ces horreurs ! »
Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse, 1916, Traduit de l’Allemand, avec l’autorisation de l’auteur, par le Dr. S. Jankélévitch, en 1921

Elle poursuit l'Onfray « reprenant à son compte des accusations grotesques contre Daniel Cohn-Bendit ».

Assez de ces horreurs erreurs ! Lisez, vous verrez.


Michel Onfray, Réponse de Michel Onfray à Elisabeth Roudinesco, Mediapart, 2010
[si le texte est trop petit, CTRL + molette]


Jacques Van Rillaer, Analyse d’affirmations d’Elisabeth Roudinesco dans « Mais pourquoi tant de haine ? » (Seuil, 2010), Science... & pseudo-sciences, 2010
[si le texte est trop petit, CTRL + molette]

- - -

Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole , L'affabulation freudienne, Grasset, 2010 - 612 p., 22,40 euros

Elisabeth Roudinesco, avec Guillaume Mazeau (Paris), Christian Godin (Clermont-Ferrand), Franck Lelièvre (Caen), Pierre Delion (Lille), Roland Gori (Marseille), Mais pourquoi tant de haine ?, Seuil, 2010 - 100 p. (dont 18 / E. R.), 12,20 euros

12,20 euros nous donnent 2,48 roudinescos, soit 0,122 euro / page
22,40 euros onfray nous donnent 0,0366013071895425 euro / page

Au cours du change, le onfray est nettement plus avantageux.

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Pourquoi tant de haine est le premier album du groupe Ministère A.M.E.R. (pour Action, Musique et Rap), sorti en 1992.

 

Ministère AMER, Pourquoi tant de haine, 1992
(c'est pénible)

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Georges Léonnec, Le Clou du Louvre, La Vie Parisienne 35,
Georges Léonnec, Le Clou du Louvre, La Vie Parisienne 35, 1911 - allusion au vol de la Joconde

- - -

Deux juifs se rencontrent au voisinage d'un établissement de bains : « As-tu pris un bain ? » demande l'un d'eux - « Comment ? dit l'autre, en manquerait-il donc un ? »
Sigmund Freud, Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient, 1905, traduit de l'allemand par Marie Bonaparte et le Dr. M. Nathan, Gallimard, 1930

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 23:01

 

David Weiss, à gauche, et Peter Fischli, 2008

Peter Fischli est né le 8 juin 1952, David Weiss, le 21 juin 1946 († 27 avril 2012), à Zürich.
Le Cours des Choses est présent au château d'Oiron, dans la collection d’œuvres contemporaines, Curios & Mirabilia, conçue selon la tradition des cabinets de curiosités aux XVIe et XVIIe siècles.
 

Fischli & Weiss, Le Cours des Choses (Der Lauf der Dinge), 1987, extrait


Dès le premier tronçon du circuit, vous comprenez que les catastrophes vont s'enchaîner irrémédiablement. Après le deuxième ou le troisième épisode, vous devenez fataliste, peut-être même coupez-vous le film, comme on éteint le poste de radio ou le téléviseur lorsqu'il est question d'une mort annoncée des océans, d'une famine mondiale (voir le film Soleil vert - Soylent Green, 1973), d'un accident nucléaire (voir le film Malevil, 1981).


En 1973, l'aube éclairait le 29e jour du nénufar *, le ciel était encore bleu.

 


Nino Ferrer, Le Sud, 1975 (avec de belles images de La Réunion)


Un jour ou l'autre il faudra qu'il y ait la guerre
On le sait bien
On n'aim' pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
On dit c'est le destin


C'est le cours des choses.



Nénufar à Kew Gardens, Londres, 2003

 

* Dans un étang, un nénufar double de surface chaque jour. Le 30e jour, il recouvre l'étang, éteignant toute vie aquatique. Quel est le dernier jour où l'on pourrait encore intervenir, alors que le monstre n'occupe que la moitié de l'étang ?
 

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 23:01


Gerhard Richter – jeux de miroirs

De la musique avant toute chose, l'Art de la fugue, 14, dans une interprétation rare, par un quatuor à cordes, qui répond mieux à notre propos que celle, plus traditionnelle, de Helmut Walcha (que nous vous invitons à écouter encore – il était aveugle et nous allons parler de miroirs).

 


Jean-Sébastien Bach, Art de la fugue, 14, Canon per augmentationem in contrario moto - contra- punctus, a 3, int. Juillard String Quartet, 1992

 


Gerhard Richter a dialogué, discuté, disputé, avec les anciens et les modernes.


Une première confrontation évidente pour comprendre les photos-peintures.


Gerhard Richter – jeux de miroirs
Robert Mapplethorpe (Autoportrait), photographie, 1975

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, I.G., 1993, huile sur toile, 72 x 102

 


Anciens.

 


Gerhard Richter – jeux de miroirs
Johannes Vermeer, Femme en bleu lisant une lettre, 1663-64

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Lectrice, 1994, huile sur toile, 72 x 102

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Titien, Annonciation, circa 1535, huile sur toile, 166 x 266, Scuola Grande di San Rocco, Venise

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Annonciation d'après Titien, 1973, huile sur toile, 125 x 200

 


Modernes.

 


Gerhard Richter – jeux de miroirs
Joseph Kosuth, One and Three Chairs, 1965, 200 x 271 x 44

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Chaise de profil, 1965, huile sur toile, 90 x 70


Gerhard Richter ne reconnaît pas à l'image une qualité artistique intrinsèque, ce qui le rapproche de certains de ses contemporains (voir Gerhard Richter – l'inquiétude transgressée).


Gerhard Richter – jeux de miroirs
Sigmar Polke, Manfred Kuttner, Gerhard Richter, Konrad Lueg – dans le jardin de la Galerie Parnass, en février 1964 (il avait neigé), devant leurs œuvres

 

Miroirs et verres.

 
Gerhard Richter expose des miroirs depuis 1981.

En cela, comme dans ses photos-peintures, il reprend la tradition des peintres de paysages utilisant le miroir noir de Lorrain, petit miroir convexe, teinté au noir de fumée, dont se servent les paysagistes pour voir, en réduction, leur motif isolé de son environnement et reflété en échelle de gris ou en couleurs estompées.

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Miroir de Lorrain, 1830 (pour cet exemplaire), 9 x 12

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Claude Gellée, dit le Lorrain, Paysage, 1655-1660

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Huit gris en miroir

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Miroir

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Miroir


Le miroir est une peinture en mouvement.

 
Gerhard Richter – jeux de miroirs
Marcel Duchamp, La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, 1915-1923, Philadelphia Museum of Art

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, 4 panneaux de verre, 1967, verre et métal, 190 x 100

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Marcel Duchamp, Nu descendant un escalier, 1913

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Ema (Nu sur un escalier), 1966, huile sur toile, 200 x 130
 


Ensemble, en musique.

 


Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Glenn, 1983, huile sur toile, 190 x 500


Glenn Branca, est un compositeur et guitariste américain d'avant-garde, maître du mouvement no wave.


Gerhard Richter – jeux de miroirs
Gerhard Richter, Cage 3, 2006, huile sur toile, 290 x 290

 

John Cage, 4' 33", 1952 (conception dès 1948), int. BBC Symphony Orchestra, dir. Lawrence Foster, 2004

Quatre minutes et trente-trois secondes de silence (on lit dans la partition : Tacet), soutenu par les sons de l'environnement.
Quatre minutes et trente-trois secondes font 273 secondes, peut-être une référence au zéro absolu Celsius (- 273 degrés), température à laquelle tout mouvement est gelé. On remarquera également que sur un clavier AZERTY (Marcel Duchamp avait présenté son Pliant de voyage en 1916) le 4 correspond au signe « ' » et le 3 au signe « " ».

Gerhard Richter – jeux de miroirs
Marcel Duchamp, Pliant de voyage, 1916


- - -


Gerhard Richter : Panorama, Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, 6 juin – 24 septembre 2012.

Gerhard Richter : Dessins et travaux sur papier, Musée du Louvre, Paris, 7 juin – 17 septembre 2012.

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 23:01

 

 

Jean-Sébastien Bach, Art de la fugue, 14, Canon per augmentationem in contrario moto - contra- punctus, a 3, int. Helmut Walcha, 2007

[à écouter avant ou après les films : - )]

 

 

Peintures photographiques / Vanités / Recherche d'une harmonie perdue


Les photos-peintures de Gerhard Richter sont pour lui une alternative à l'art informel européen des années '50 et au pop-art américain des années '60.


Jean Fautrier


Roy Lichtenstein

En même temps qu'il manifeste son désaccord avec Marcel Duchamp sur la fin de la peinture, il ne reconnaît pas à l'image une qualité artistique intrinsèque, ce qui le rapproche de Sigmar Polke ou Konrad Lueg (à suivre...).

Les tableaux sont rendus flous en les frottant à l'éponge lorsque la peinture est encore fraîche.

J'estompe pour rendre l'ensemble homogène, pour que tout soit d'égale importance et sans importance. J'estompe pour que rien n'ait l'air léché, artistique, mais pour que ce soit technique, lisse et parfait.
Gerhard Richter, Notes 1964-1965


Gerhard Richter, Crâne, 1983, huile sur toile, 55 x 50

Une vanité.


Gerhard Richter, Tante Marianne, 1965, huile sur toile, 120 x 130

Une œuvre emblématique de la mémoire, que cultive Gerhard Richter, des persécutions nazies : Marianne, tenant ici le petit Gerhard, a été tuée en 1945, dans le cadre de la politique eugéniste (elle était schizophrène).

Gerhard Richter – l'inquiétude transgressée
Gerhard Richter, Portrait de jeunesse, 1988, huile sur toile, 67 x 62

Le peintre s'intéresse tout autant à l'actualité : Ulrike Meinhof était l'égérie de la Fraction Armée Rouge, appelée également Bande à Baader.

Gerhard Richter – l'inquiétude transgressée
Gerhard Richter, Betty, 1988, huile sur toile, 102 x 72

Betty est la fille de l'artiste.

Désir de la beauté dans l'art que nous ne possédons plus, c'est pourquoi elle se détourne.
Gerhard Richter, Entretien avec Babette Richter, 2002

Gerhard Richter – l'inquiétude transgressée
Gerhard Richter, Chinon n° 645, 1987, huile sur toile, 200 x 320

Les paysages sont importants pour Gerhard Richter qui considère que la lumière est essentielle dans son œuvre.

 

Gris

 

Gerhard Richter – l'inquiétude transgressée
Gerhard Richter, Gris, 1973, huile sur toile, 300 x 250

 

 

Quand j’ai commencé (il y a environ huit ans) à recouvrir plusieurs toiles de gris, c’était parce que je ne savais plus quoi peindre ni ce qu’il fallait peindre. Pour moi, il était évident qu’un prétexte aussi pitoyable n’entraînerait que des résultats aberrants. Pourtant, avec le temps, j’ai constaté des différences qualitatives entre les diverses surfaces grises et j’ai remarqué que celles-ci n’exprimaient plus rien de cette motivation destructrice. Ces toiles m’ont donné une leçon. En universalisant un dilemme personnel, elles l’ont résolu : la détresse est devenue constructive, relativement belle et aboutie, donc peinture.
Le gris. Au pire, il n’exprime rien, ne suscite ni sentiment ni association d’idée ; en réalité, il n’est ni visible ni invisible. Cette insignifiance lui confère la propriété de communiquer, de mettre en évidence et ceci d’une manière presque illusionniste comme sur une photo. Aucune autre couleur n’est capable de visualiser le néant.
Gerhard Richter, Lettre à Edy de Wilde, 23 février1975

Les Gris fonctionnent parfois comme des miroirs (à suivre...).

 

Peintures abstraites, paysages voilés

 

 

Gerhard Richter – l'inquiétude transgressée
Gerhard Richter, Forêt (3), 1990, huile sur toile, 340 x 260

A la source, il y a bien une forêt peinte avec un souci de réalisme et d'une manière un peu kitsch. La représentation est effacée au racloir (voir film) qui étale la peinture fraîche pour n'en laisser que la quintessence.

Gerhard Richter – l'inquiétude transgressée
Gerhard Richter, Blanc, 2006, huile sur Aludibond, 30 x 40


Gerhard Richter : Panorama, Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, 6 juin – 24 septembre 2012.

Gerhard Richter : Dessins et travaux sur papier, Musée du Louvre, Paris, 7 juin – 17 septembre 2012.


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A suivre : Gerhard Richter – jeux de miroirs.
Miroirs, verres, dialogue avec les anciens et les contemporains ; et une autre interprétation de l'Art de la fugue, 14.

 

 

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