Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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Un lien en un clic sur les images.

30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 06:56

 
L'aventure

La Bohème en banlieue, c'est La Bohème de Giacomo Puccini, déplacée, jouée et interprétée dans un quartier de la diversité helvétique.


L'histoire

1/ le temps : de la veillée de Noël à la veille de Pâques, le 29 septembre 2009.

2/ le lieu : une cité HLM suisse (propre – on a mis quelques tags dans le décor pour l'authenticité), avec son pressing en libre service, ses appartements spacieux et cossus, son centre commercial clean, sa brasserie gourmande, ses cars rutilants.

3/ l'action : Mimi, petite main en chambre, souffre d'un mal qui ne pardonne pas (sa bougie s'est éteinte). Tout le reste lui est pardonné à la fin, n'est-elle pas un ange pur, ange radieux ?


[après notre CarmenSeita *,
nous enchaînerons sur un Faust]


L'œuvre

Bien. Manque un peu de suspense (entre deux scènes, la présentatrice nous livrait les commentaires live des acteurs devant leur écran : je voulais voir un film policier, je ne regrette pas d'avoir fait ce choix, confie une téléspectatrice). On commence à la bougie soufflée, on sens que ça va finir aux candélabres funèbres. La partition : bien. On dépasse les cinq lignes vers le bas et vers le très haut.


L'interprétation

Bien. Et avec la sucette à l'absinthe jaune collée à la joue. Rodolfo, bien, il est jeune. Mimi, bien, elle a le phtisique de l'emploi et, presque toujours, le naturel (le tremolo un peu trop coloré ? c'est qu'il faut aller les chercher ces notes hautes – maudits compositeurs !). Musetta, bien, joli minois, jolie voix de tête (plus technique que sensible, oui, peut-être). Les compagnons, Marcello, Schaunard et Colline, bien (à noter qu'au III, Marcello et Mimi ont réussi à surfer sans sombrer avec la synchro de l'orchestre, situé à plus de cent mètres et venant aux oreillettes par relais – en duplex, quoi !).



Giacomo Puccini, La Bohème, Acte I, mi chiamano Mimi, Berne, 2009


Si l'on se plaît à chipoter, on notera, à la fin de la première rencontre entre Mimi et Rodolfo, un bémol dans des aigus aussi périlleux à négocier que l'escalade des Grandes Jorasses en string par la face nord à Noël – l'intention et l'émotion y étaient.


Giacomo Puccini, La Bohème, Acte I, fin, Berne, 2009 + interview d'Eva


La mise en scène

Le maître d'œuvre nous apprend à la fin que La Bohème est "un opéra qui tourne autour du logement".

Grands sots au petit cœur, vous avez cru à une histoire d'amour, c'est une question sociale.

[d'abord, quand on traite une question sociale, on boit ! Quand on ne boit pas, la question n'est pas sociale – Eugène Labiche, Doit-on le dire ? --- d'où l'évidence de la brasserie]

Evidemment, évidemment… quand on chante les frissons du froid dans une buanderie en marche (banlieusards bénévoles venus laver leur linge), le décalage spatio-temporel zygomatise les amoindris de l'imaginaire.

Evidemment, évidemment… quand Mimi et Rodolfo, bougie en berne, se rencontrent dans un appartement superbement éclairé – par les appliques des locataires et les projecteurs de la régie, les pauvres d'esprit négligent la folie du spectacle.




Rien à jeter dans les scènes de fête au centre commercial (merveilleux enfants chantants – interview de la petite Eva, 7 ans :

_ et tu seras déguisée en quoi ?

_ en garçon

_ en garçon, pourquoi ?

_ y a que deux garçons et les filles y en a des centaines de milliers

--- après ça, on fera encore des médisances sur les migrants qui ne s'établiraient en Suisse que pour de basses raisons fiscales, haaa ! des centaines de milliers de filles pour un garçon, c'est pas une motivation ? Même Roman Polanski s'y est laissé prendre) ----- où en étions-nous ? les scènes de fête au centre commercial ou à la brasserie (belle Musetta dansant sur les tables, manière Et Dieu créa la femme).



Evidemment, évidemment… la barre fait HLM neuilléen, l'émission est entrecoupée de commentaires, annonces, courriers – lol, le car corbillard de la fin… tout le monde ne peut pas expirer dans une Rolls.





L'authenticité

Elle est signée en fin de parcours, là où on applaudit les artistes, par la prestation bénévole d'un petit con jeune mélanome suisse faisant les cornes à Saimir Pirgu avant de rabattre sa capuche sur son bonnet sous lequel il colle un portab'.



C'est pas authentique, ça ?

[on ne montre pas toutes les images]


Le Chat de Philippe Geluck le dit souvent : y a rien à faire, mais une moumoute ça se voit toujours.

Une histoire d'amour (tragique, une vraie), un chef-d'œuvre, ça supporte tous les nappages.


ICI, 7 jours après
, avec le magazine ARTE Culture du même soir où l'on parle des petits-enfants de la bohème dans la comédie musicale américaine, Gigi – et nous ajoutons Un Américain à Paris, et de la légende (vivante) de Montmartre au Lapin Agile.

 



* CarmenSeita

Un échange avec mon conseiller artistique

Lou : Je prends des contacts. Dove Attia serait partant pour la Flûte - Papageno et Papagena herborisent et flirtent dans les caves des cités, mais je tiens à ma Carmen Seita. Je regarde à France 2, j'y ai un ancien élève qui a réussi (il n'est pas devenu professeur). Tu imagines ? J'imagine, je vois déjà les contrebandiers affalés attablés à la cafèt du coin, Escamillo évoquant les corridas mécaniques avec plein de caméras vidéo autour (pour l'oeil noir), les spectateurs venant raconter leur dernier caillassage... Seulement il me manque le rôle titre, une burkée (pour le message) techniquement au point (je parle de la sono) pour envoyer : "L'amûr est un djeune rebelle...". Une suggestion ?

_ A mon humble avis, ça manque de nazis. Comment veux-tu que les gens sentent cette histoire si complexe comme si elle était proche d'eux, enfin ?

Lou : Le travail en équipe ! ça s'étoffe (en parlant de costumes).
Bien entendu, les carabiniers peuvent être ceinturés 'Gott Mit Uns', et Carmen, porter l'étoile jaune. Tout de même, la burka et les casques bleus, ça ne serait pas plus porteur ?

_ A défaut d'aider à porter quoi que ce soit, ce sera assurément lourd. :)


J'envoie un mail à Trent Reznor, pour la direction musicale.


Et nous enchaînerons sur un FaustSalut ! demeure chaste et pure, envoyé depuis le parking à la barre --- avec Roberto s'il le veut bien comme à Orange en 2008]



Charles Gounod, Faust, Roberto Alagna aux Chorégies d'Orange, 2008

 
 

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 08:52

 
La Lucarne de Libellus...  
et ses LLL – pavé TéLéfiL – n'est peut-être pas consultée à chaque soubresaut de la télécommande domestique.


Aussi, à événement exceptionnel, article extraordinaire.


On connaît l'histoire du clown Grock, né en 1880 dans le canton de Berne (tiens !), et du piano.

Peut-être moins celle de l'opéra et de la banlieue.

Si la banlieue ne vient pas z'à l'opéra, l'opéra ira t'à la banlieue.

Notre histoire se passe en Suisse.


Mardi 29 septembre 2009
, de 20 h 05 à 23 h 00 sur ARTE, La Bohème en banlieue / Giacomo Puccini / Orchestre symphonique de Berne et Chœur du Théâtre de Berne placés sous la direction de Srboljub Dinić, avec Maya Boog (soprano), Saimir Pirgu (ténor), Eva Liebau (soprano) et Robin Adams (baryton).

(en direct de la banlieue de Berne)


[On souligne l'essentiel]


La Bohème en banlieue en direct de Berne

Jamais l'opéra n'aura été plus vivant !

Après le succès rencontré l'an dernier par "La Traviata" en direct de la gare de Zurich, voici "La Bohème" de Giacomo Puccini dans une cité de la banlieue de Berne.

[Ce n'est plus un Opéra, c'est un sanatorium, manière Fondements de la métaphtisique des beurs]
Un spectacle exceptionnel ! Puccini entre les murs d'une HLM, dans une totale adéquation entre ce cadre inédit et l'intrigue de l'opéra.
Outre la prouesse technique, ce spectacle singulier bénéficiera de la participation active des habitants, intervenant pour raconter leur propre histoire.

En direct sur ARTE le mardi 29 septembre, à partir de 20h05

[Il paraît que l'atmosphère de la gare de Zurich, chargée de décibels non tempérés, aurait fait tousser la traviata - Mimiii !]

En même temps, à partir de 19 h 55 – attendez ! si vous ne suivez pas, vous allez vous retrouver sur la pelouse des champions en version Debrecen # Lyon, à partir de 19 h 55, en même temps, il y a le même chose sur la toile, en multistream : le réalisateur, c'est vous !


La Bohème sur le net
- Multistream en direct

Suivez l'événement sur sept fenêtres vidéo et participez à notre live-blogging. Le réalisateur, c’est vous !

Pour la première fois, www.arte.tv propose, en étroite collaboration avec les équipes de tournage, un projet bilingue en multi stream : sept caméras et trois web reporters pour trois heures de direct! Le but de cette opération de grande envergure : vous inviter dans les coulisses d'une mise en scène inédite du grand chef-d'oeuvre de Puccini.
Une caméra fixée dans une orchidée ? Ce sera la seule façon de filmer en toute discrétion la scène d’amour entre Rodolfo et Mimi, les deux héros de l'opéra, sur le canapé du salon. Il fallait bien multiplier les caméras pour réaliser les prises de vue en espace restreint et filmer dans des lieux distants, en extérieur et en intérieur, que ce soit dans un HLM ou un centre commercial. Cliquez sur l’une des huit fenêtres de notre player vidéo pour suivre les coulisses de La Bohème grâce aux caméras fixes et mobiles. Vous avez aussi la possibilité de participer activement à l'événement grâce au blog en direct : les questions et les commentaires les plus intéressants seront communiqués à l'équipe des présentateurs TV. Nos web reporters seront eux aussi toujours en action, ils se mêleront aux curieux sur place, filmeront les changements de plateaux et réaliseront des interviews.
[On dirait Le Prix du danger / Robert Sheckley / Yves Boisset]
Pendant l’entracte et après le direct, nous en profiterons pour tout savoir de l’ambiance qui règne du côté des techniciens et des comédiens impliqués dans ce défi à la limite du possible.


Il serait prévu une scène dans une buanderie, une autre dans une pizzeria.

Avec La boîte [sic] à Pizza, vous êtes paré, à trois mètres du plasma, le portab' comme plateau sur les genoux. Bienvenue à Lyric Park.


L'an prochain, on entrevoit Carmen à Aubervilliers, dans les bâtiments historiques de la SEITA.



Alluméée le feueu… Et fair' danser les diables et les dieueux – Le Ring est en projet --- Siegfried est parti chasser le grand frère à La Courneuve, il franchit le cercle de feu, les dieux sont morts… Une histoire sans fin ---
 

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 22:11

 
 

Vingt-neuf atolls, cinq îles (éventuellement) fréquentables, 181,3 km², ~ 60.000 habitants, les îles Marshall

 

L'histoire commence il y a trois millénaires, au moins, quand de grands voyageurs découvrent les îles du Pacifique – ils sont venus de Chine vers les Philippines, vingt siècles auparavant, et de là, plus loin sur l'océan.

En 1525 ou 1529, Alonso de Salazar repère les archipels Ralik et Ratak. La région n'est reconnue qu'en 1788 par John Marshall, et Johann Adam von Krusenstern, au service du tsar, lui donne, vers 1820, son nom actuel d'îles Marshall, repris à la même époque par le navigateur français Louis Isidore Duperrey.


Le paradis est perdu.


Des investisseurs allemands l'investissent en 1885. En 1914, des humanistes japonais s'en emparent, avec l'accord de la Société des Nations, donné le 17 décembre 1920. Les atolls deviennent champ de bataille entre l'Ouest et le Soleil Levant à partir de 1941. Le 23 février 1944, les libérateurs envahissent les îles, officiellement placées sous leur tutelle le 18 juillet 1947.

Les essais nucléaires, trop puissants pour le Nouveau-Mexique, ont déjà commencé sur l'atoll de Bikini – non légendé, à l'ouest de Rongelap.

En février 1946, le gouverneur militaire des îles Marshall annonce la couleur – un grand dessein : Les scientifiques américains veulent transformer une grande force destructrice en quelque chose de bénéfique pour l'humanité et en finir avec toutes les guerres […] Etes-vous prêts à sacrifier vos îles pour le bien de l'humanité ?


For the good of mankind


Operation Crossroads
.

Abla s'élève le 1er juillet 1946.

Baker, le 27.


 

La flotte de guerre ancrée dans le lagon est armée de milliers d'animaux – cochons, chèvres, rats et souris. Les bâtiments sont submergés sous le tsunami déclenché par l'explosion.

 


Jusqu'en 1958, soixante-sept essais nucléaires sont imposés aux îles. Little Boy d'Hiroshima x 1,6 par jour pendant douze ans.


Le 31 octobre 1952, la première bombe H explose à Enewetak.




[La bombe A tire son énergie de la fission du noyau de l'atome – la puissance est limitée à environ cinq cent mille tonnes de TNT. On emploie de l'uranium enrichi > pour Little Boy à Hiroshima, ou du plutonium > pour Fat Man à Nagasaki. La bombe H agit par la fusion du noyau (atome d'Hydrogène) générée par la fission – la puissance est sans limite connue]

 

Castle Bravo, atoll de Bikini [à 240 kilomètres de Rongelap, prenez des notes], le 1er mars 1954. La bombe H la plus puissante jamais testée.




On n'embarque plus d'animaux. Les Marshallais servent de guinea pigs [le nom qu'ils se sont donné].


Fabienne Lips-Dumas est allée à leur rencontre pour la revue XXI
N° 7 – été 2009, juin 2009 [Le Monde du 23 juin 2009 publie de larges extraits de son reportage – en italique, le texte de XXI, avec des guillemets pour la parole marshallaise]


Exilée de son île natale de Rongelap, Lijon Eknilang parle.




"J'ai un corps irradié. Pourquoi ne pas l'enterrer sur mon île irradiée ?"

Le 1er mars 1954, le jour de son huitième anniversaire, les Américains réveillent en sursaut l'enfant qui dort sous un toit de palmes. Un soleil brutal se lève à l'ouest de l'horizon. La Terre fait demi-tour. Entre le ciel et l'Océan, une "étoile" explose. Elle s'appelle Castle Bravo, c'est une bombe thermonucléaire : la puissance de mille Hiroshima, mille fois quinze kilotonnes de TNT, mille fois une bombe qui a fait plus de 140 000 morts.

"J'ai écarquillé les yeux. Il y avait une lumière aveuglante. Dehors, j'entendais les cris de ma grand-mère. Elle accusait ma cousine d'avoir mis le feu à la maison. Je suis sortie en courant et je pleurais : j'avais peur du feu. Dehors, la lumière était toujours aussi forte. Les femmes n'arrêtaient pas d'entrer et de sortir de la maison. Et là, j'ai vu la chose tomber du ciel. Elle était grosse, ronde comme un soleil, couleur du soleil. Et il y a eu l'explosion... Enorme. Le sol bougeait, tremblait. Le vent nous a jetés par terre. Nous avions peur, tellement peur. Le vent s'est arrêté. Il n'y a plus eu un bruit, juste le silence. Les yeux nous piquaient comme s'ils étaient pleins de sable. Pourtant il n'y avait pas de vent. Les gens disaient qu'on était attaqués, qu'on allait être tués. Nous nous sommes cachés dans les buissons. J'avais soif. Plus tard, nous avons eu faim. Nous avons mangé. La nourriture était couverte d'une chose blanche, elle n'était pas pourrie mais salie. Avec nos mains, nous avons essuyé la poudre blanche et mangé. La poudre n'avait pas de goût. C'était bon comme d'habitude. Dans l'après-midi, tout le monde est tombé malade. Comme si on était restés au soleil toute la journée, comme s'il y avait eu une insolation générale."


Le vent avait tourné, les bienfaiteurs de l'humanité le reconnaissent.


"Tout le monde fait des erreurs"
, disent-ils. Lijon s'étrangle : "Quand tout est planifié, vous n'appelez pas ça une erreur. Peut-être qu'ils pensent que les gens des îles Marshall ne sont pas des êtres humains comme eux. Ils ont bien vu que le vent avait tourné, mais l'opération devait avoir lieu ce jour-là. Compte à rebours, c'était leur plan."

Lijon intervient. Derrière son collier de perles blanches, elle dissimule une cicatrice. Laconique, elle explique : "1981 - Cleveland - Ohio - Ablation de la thyroïde." Son espérance de vie dépend désormais de la prise quotidienne de pilules.

Après les essais atomiques, les médecins américains ont pratiqué à la chaîne des ablations de thyroïdes. Ils préféraient s'en débarrasser avant qu'un cancer ne se déclare. Il y a quelques années, Lijon est retournée sur la table d'opération pour des tumeurs aux seins. Sur l'archipel, le cancer du sein tient de l'épidémie.

Le 1er mars 1954, tous les Rongelapais n'étaient pas sur l'atoll. Mais tous se sont nourris des retombées de la bombe H. En 1957, les Américains décident de renvoyer la population dans son paradis terrestre. La végétation de l'atoll est empoisonnée par les retombées de césium 137, de strontium 90, de plutonium 239... Le temps de l'irradiation chronique commence.

 

Le temps de la recherche scientifique commence.




Examen clinique de la thyroïde par le Dr Conard [c'est son nom]

Source : Cold War fallout for Brookhaven National Lab / Thomas Maier, 21 août 2009

Newsday - The Long Island and New York City News Source

 
Le Dr Conard [c'est son nom] est l'un des dirigeants de Brookhaven National Lab.

 

"J'étais enceinte mais je ne grossissais pas. Le bébé est né à sept mois, il tenait dans ma main. C'était un garçon, il est mort tout de suite. Mon mari a pris une grosse boîte d'allumettes. Elle lui a servi de cercueil." Nerja, la soeur de Lijon, parle d'un ton monocorde. Dix enfants ont suivi : neuf sont en bonne santé, l'aîné se comporte "bizarrement". Lijon a subi sept fausses couches et donné naissance à un enfant difforme qui n'avait qu'un oeil et n'a pas survécu. Plus que les cancers, les bébés monstres réveillent sa colère.

Jusque dans les années 1970, les femmes vivaient dans l'angoisse de ce qui pouvait sortir de leur ventre. Elles mettaient au monde des "bébés méduses" : des troncs à la peau translucide qui laissait paraître le cerveau et le coeur battant. Ils rebondissaient sur la table d'accouchement et mourraient. Il y avait aussi les "bébés grappes de raisins", où seule la présence d'un cerveau suggérait aux sages-femmes que la forme aurait pu être un enfant, et des nouveau-nés incapables de téter, condamnés à mourir de faim.

 




Môle Hydatiforme Partielle


Le matériel est généralement moins abondant que dans la môle hydatiforme complète avec un mélange de villosités môlaires et non môlaires. Fréquemment une cavité amniotique est visible avec parfois un fœtus généralement en voie de lyse, fœtus comportant des anomalies, en particulier un hygroma cervical.


Les Américains accusent les Marshallais d'inceste ou se réfèrent à une syphilis galopante. C'est ce que le docteur Neal Palafox a suggéré à Lijon pour expliquer les fausses couches et les naissances défectueuses. "Il y a deux problèmes liés aux malformations. Il est prouvé qu'un foetus soumis à de fortes radiations pourra souffrir de handicap mental, d'anomalies, et que les interruptions de grossesse seront plus fréquentes. Ce qui est moins clair, c'est, si vous avez été irradié en 1954, votre enfant né en 1960 pourra-t-il en souffrir ? On ne sait pas." Selon lui, les études sur les populations irradiées ne permettent d'arriver à aucune conclusion.


En date du 22 février 2006
:

Une étude menée par des chercheurs de Montréal a pour la première fois identifié la cause génétique sous-jacente d'une pathologie rare, la môle hydatiforme ou "grossesse môlaire", soit une grossesse anormale issue d'un oeuf malade, susceptible d'engendrer un cancer.

L'irradiation et/ou la contamination d'origine nucléaire (militaire comme pacifique) entraîne des mutations génétiques.


Yeux bleus, teint clair, petite moustache à la Clark Gable, Bill Graham gère le Tribunal des réclamations nucléaires. "Je pense que, l'année prochaine, on va classer les dossiers et ranger le tout dans la naphtaline." Depuis sa création, le tribunal a attribué 90 millions de dollars en compensation, 75 millions ont été versés. En 1986, il a reçu un fonds en fidéicommis de 150 millions supposé produire 18 millions d'intérêts par an. L'optimisme financier s'est brisé en 1987 sur la réalité boursière, le fonds s'est vidé.

Des grilles d'indemnité ont été fixées : 125 000 dollars la leucémie, 100 000 dollars le cancer du sein avec mastectomie, 100 000 dollars pour un enfant sévèrement retardé si la mère était sur Rongelap ou Utrik en mars 1954 ou si l'enfant est né entre mai et septembre 1954, de 75 000 à 50 000 dollars le cancer de la thyroïde, rien pour ceux qui ont subi une ablation préventive.

Extrait du débat, en date des 13 et 14 janvier 1956, tenu à la Commission américaine de l'énergie atomique : "S'il est vrai que ces gens ne vivent pas, je dirais, comme des Occidentaux ou des gens civilisés, néanmoins c'est aussi vrai que ces gens nous ressemblent plus que des souris."

En 1994, dans un effort de transparence, l'administration Clinton a rendu publics certains dossiers du Département américain de l'énergie. Les Marshallais ont alors découvert qu'ils avaient servi de "matériel". Elaboré avant Castle Bravo, le projet 4.1 visait à l'étude des conséquences des retombées radioactives sur les êtres humains. "Ils nous ont déshabillés. Ils ont pris notre photo et ils nous ont donné un numéro", se souvient Lijon. Quarante ans plus tard, les manipulations dont elle a fait l'objet ont pris tout leur sens.




Source


Bill Graham, le responsable du Tribunal des réclamations nucléaires, lit un rapport du laboratoire Brookhaven daté de 1958 : "L'habitat des insulaires nous permettra de recueillir des données écologiques très utiles sur les effets des radiations. Nous pourrons suivre les divers radio-isotopes du sol à la chaîne alimentaire jusque dans l'être humain, où nous étudierons leur distribution dans les tissus et les organes, les demi-vies biologiques et les taux d'excrétion..." De ses archives, il tire une autre photocopie : "Le groupe des Marshallais irradiés constitue la meilleure source d'observation sur les êtres humains. Tous les modes d'exposition continue sont représentés : irradiation pénétrante, exposition de la peau aux rayons bêta, absorption de matériel radioactif..."


Aujourd'hui, Les Marshallais ne sont plus sous tutelle américain. Le traité d'association, signé en 1983, a été complété en 1986 : les Marshallais s'engagent à ne plus intenter aucun procès au gouvernement américain, les procédures engagées sont suspendues.


Pour l'île de Kwajalein, qui abrite leur base militaire
, les Américains ont négocié avec le gouvernement des îles Marshall un bail jusqu'en 2016. Imata Kabua, le roi traditionnel qui possède l'île, ne veut pas le renouveler à moins d'un gros chèque. Mais les Etats-Unis ne reconnaissent pas son autorité et les Marshallais sont divisés. Que faire sans les emplois de la base militaire ?

Equipée d'un golf à neuf trous, l'île est au coeur de la guerre des étoiles. On y rêve de la construction du bouclier antimissile et, régulièrement, l'atoll se fait bombarder depuis la Californie. La base militaire est censée intercepter les missiles, mais le bouclier est une vraie passoire et les ogives atterrissent dans le lagon. Le ministre des affaires étrangères des Marshall, Tony de Brum, a demandé une étude sur l'impact chimique des projectiles. Les Américains font la sourde oreille…

 

Marshall, décidément un mauvais plan.

 

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 10:42

 

Le pied gauche tournant vers l'intérieur, le geste démonstratif de la main droite et l'ombre portée : un chat, pas un Rorschach !
Etonnant, non ?


Oui, c'est Lou, saisi en 1952, haut comme un pain de deux, par Willy Ronis.


Et aujourd'hui, sur la scène du Kikimundo.
 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 18:59

 
La Fille sur le pont
est un film réalisé par Patrice Leconte en 1999 sur un scénario de Serge Frydman avec Vanessa Paradis et Daniel Auteuil.

Le film est diffusé ce soir, à 20 h 35, sur France 4.

Dans notre mag T-Rex-rama préféré, nous lisons :

Le saltimbanque et la jolie suicidaire, en noir et blanc et laqué. Malgré Auteuil et Paradis, une fantaisie gratuite où le comble de la subtilité consiste à montrer le lancer de couteaux sur cible humaine (Vanessa) comme la version sublimée d'un rapport sexuel…

Et pas un T

Le mépris souriant pris de haut.

Doit-on le dire ?

On le montre.

 

Le lancer à l'aveugle


 

 

Le même, à la gare, les yeux fermés


 

  

Avec la mélopée envoûtante de Marianne Faithfull, Who will take my dreams away.
 

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 18:16

 
Les Yes Men refont le monde
est un documentaire d'Andy Bichlbaum et Mike Bonanno, diffusé à partir du 15 septembre 2009 en avant-première sur ARTE, coproducteur.

Rediffusions prévues :

jeudi 17 septembre, 14 h 45

samedi 19 septembre, 1 h 25 (nuit de vendredi à samedi)

jeudi 24 septembre, 9 h 55

Le film est visible pendant 7 jours sur le site d'ARTE.

 

The Yes Men, c'est une aventure commencée il y a près de dix ans par Jacques Servin (alias Andy Bichlbaum) et Igor Vamos (alias Mike Bonanno) afin de mettre en évidence la barbarie des puissants et des puissances de ce monde.

Ils commencent par créer de faux sites web, à l'image de ceux dédiés à leurs cibles, puis ils attendent les questions et les propositions (interventions, conférences, interviews).

 

Un exemple.

Le 28 avril 2005, lors d'une conférence à Londres devant environ 70 banquiers, Erastus Hamm (alias de Jacques Servin-Andy Bichlbaum et soi-disant représentant de Dow Chemicals) présente un logiciel permettant de mesurer le taux acceptable du risque de victimes pour une entreprise ; ce taux est "acceptable" tant que l'entreprise fait des profits ; dans l'assistance, personne ne les contredit, mieux, on se réjouit de leur invention.

 

Dans le cadre de leurs actions visant l'OMC, ils ont proposé :

_ de privatiser le marché des votes

_ de substituer à  l'esclavage la délocalisation, plus rentable

_ de recycler des excréments pour le tiers-monde

_ de mettre fin à l'OMC

Ils s'en sont pris :

_ à George W. Bush

_ à Dow Chemicals ***

[au premier plan dans le film actuellement diffusé]

_ à Patrick Balkany ***

_ à Halliburton

_ à Claude Goasguen ***

[à propos du pacte écologique de Nicolas Hulot]

_ à ExxonMobil

[comment transformer les corps des victimes de la route en carburant]

Ils ont traité de l'Ouragan Katrina en annonçant que le pays reconstruisaient les logement sociaux de  New Orleans et sont intervenus dans la politique israélienne pour demander la paix – ils ont aussi annoncé dans une fausse édition du New York Times la fin de la guerre en Irak.

 

*** Dow Chemicals

Le 3 décembre 2004, vingt ans après la catastrophe de Bhopal, Jude Finisterra (Andy Bichlbaum), faux porte-parole de Dow Chemicals, qui a racheté en 2001 Union Carbide, responsable du massacre (mauvais entretien de l'usine – une unité homologue aux Etats-Unis était bien contrôlée), est invité en direct sur la chaîne de télévision BBC World. Il annonce que Dow met en vente Union Carbide et apporte les 12 milliards de dollars de cette vente pour indemniser les victimes handicapées à vie, les soigner et nettoyer enfin le site. Pendant deux heures, la fausse information circule dans les médias (en première ligne de Google), les cours de l'action Dow perdent 2 milliards de dollars,  avant le démenti apporté par Dow dans un communiqué de presse.

 

L'interview.

[en anglais non sous-titré, l'essentiel se trouve en V.O. s/t sur le site d'ARTE.]


 

 


Après le démenti.


 

 

*** Patrick Balkany

[regardez la page de discussion de Wikipedia pour apprendre comment il a fait supprimer de l'article à lui consacré toute allusion aux Yes Men, et, plus généralement, toute information gênante]

Le maire UMP de Levallois-Perret le dit : il n'y a pas de misère en France, les pauvres, qui ne sont que des moins riches, vivent très bien. Il y a tout juste quelques SDF par vocation, des gens qui ne veulent pas travailler ou qui se croient exclus du monde.

 

 

 

*** Claude Goasguen
, l’un des porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2007.

Il est interviewé, prétendument sur une chaîne de télévision américaine, à propos du pacte écologique de Nicolas Hulot (signé, notamment, par Nicolas Sarkozy). Le pseudo journaliste parvient à lui vendre de la glace pour rafraîchir le Groenland avec le concours d'un transport en Airbus.


 

 

Et Bhopal ?

[l'article publié sur le site ce lundi montre que l'atrocité continue]

 

Dans la nuit du 3 décembre 1984, à Bhopal, l'explosion d'une usine de pesticides Union Carbide (aujourd'hui Dow Chemicals) a tué environ [!] 5000 personnes (toutes n'ont pas été identifiées ou retrouvées, ce qui explique les variations de chiffres d'une source à une autre) dans les premières heures, plus de 20.000, depuis, et plus de 300.000 victimes en tout, selon le gouvernement du Madhya Pradesh.

Le PDG de l'époque, Warren Anderson, est accusé d'homicides pour cette catastrophe et déclaré fugitif par le chef judiciaire de Bhopal le 1er février 1992. Selon l'enquête de Greenpeace, il vivrait actuellement à Long Island.

 

Union Carbide nie encore toute responsabilité. Une aumône de dédommagement, 470 000 000 $, a été versée. Chaque victime a reçu environ 500 $.

[le reste…]

 

 

 

Dow Chemicals / Union Carbide a connu / perdu une belle occasion de faire belle figure à bon compte, en confirmant le canular (et c'en aurait été fini des Yes Men).

Barbares et stupides ou bêtes et méchants.

 

Quelle était la première question de Samira Goetschel dans son film Ben Laden : une conséquence de la guerre froide ?

 

[Samira Goetschel] Quelle différence y a-t-il entre tuer au nom de l'islam et tuer au nom de la démocratie ?

[Stansfield Turner] Je ne vous répondrai pas, c'est une question polémique, vous voulez me piéger.

[Samira Goetschel] Non, je voudrais juste essayer de comprendre.

 

Juste essayer de faire comprendre : Yes, Man, they can !
 

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 23:01

 
Gérald Sibleyras, Le Banc, affiche
 

Gérald Sibleyras, Le Banc, mise en scène : Christophe Lidon, int. : Philippe Chevallier et Régis Laspalès, Théâtre Montparnasse, 25 mars-31 mai 2008

 

Paul et Vladimir, un pianiste à quatre mains depuis vingt ans, ont reçu un prix pour leur dernière interprétation et une résidence artistique en vue de travailler leur prochaine tournée au Japon. Le Tyrol, un chalet, Rostropovitch, ancien résident – on l'entend encore, la montagne – Trüdi, jeune et voluptueuse cuisinière en coulisses, peluche italo-autrichienne, avec un umlaut, le paradis, quoi… Seulement, ils parlent, l'un fléchit, l'autre s'infléchit dans une aventure alpestre avec Trüdi et le banc rétrécit. Finalement, comme il est dit : il ne se passe rien – rien d'autre qu'un jeu de scène, en attendant…

 

Chevallier et Laspalès sont deux clowns, un Blanc et un Auguste, les artistes emblématiques du cirque traditionnel. Le rôle noble revient au second, le premier n'étant qu'un faire-valoir (au demeurant essentiel !), un second rôle qui, pris de vertige dans le tableau, se rebelle et – est-ce un effet du vertige ? – tombe en dépression.

 

L’Auguste doit faire rire dès son entrée, par quelques mots sans importance, ou une annonce tragique (je vais me détruire – Pierre Desproges) ou un appel déchirant (maman ! – Guy Bedos), ou même par le silence (Coluche, prenant deux à trois minutes, selon les soirs, avant de lancer : c'est l'histoire d'un mec... vous la connaissez ?).

 

La pierre et le ciment se sont déjà distingués, la colle ne tient plus. La scène de ménage – c'est de l'amour – se poursuit sur le même ton jusqu'à la fin vertigineuse, comme une fugue inversée, où Paul entend Rostropovitch – alors qu'il a déclaré, dès le commencement : Rostropovitch est mort.

 

En entendant Rostropovitch… en attendant Godot ? c'est vous qui entendez.

 

 

La pierre et le ciment

 

 

L'empiètement

 

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 23:01

 
Thierry Fouquet, Directeur de l'Opéra national de Bordeaux, s'exprime sur une colonne en page 8 de Télérama 3113 - du 12 au 18 septembre.

 

Récemment, l'un des abonnés de l'Opéra national de Bordeaux a rendu public le refus fait à ses filles de 5 et 7 ans de pouvoir assister à La Flûte enchantée, programmée en janvier prochain. Et ce "pour des raisons de sécurité".

En bonne logique, ce père de famille a déploré cette réponse négative.

Il a choisi de le faire savoir à l'Opéra national de Bordeaux par voie de presse (Télérama n° 3111). Nous l'avons lu, entendu, et nous souhaitons présenter nos excuses à ce spectateur victime d'un malentendu estival, malvenu en ces temps de rentrée.

En tant qu'établissement recevant du public, et théâtre classé monument historique, nous sommes particulièrement attentifs à l'accueil en toute sécurité de nos spectateurs et plus particulièrement à celui des jeunes enfants.

Dans ce cas précis, le placement demandé par cette famille (1er rang du 2e balcon, donc assez élevé pour notre théâtre XVIIe) a conduit à un excès de prudence de la part de nos services d'accueil.

Nous nous engageons à permettre à cet abonné (assurant que l'éducation musicale de ses filles leur permet de suivre durant presque trois heures un spectacle en allemand) de venir, en famille bien sûr, assister à l'une des dix représentations de cette Flûte enchantée.


A la première lecture, c'est du velours, comme les fauteuils classés du théâtre XVIIe, la petite flûte sur le violon comme dans une sonate de Corelli.

 

On relit ensemble, je fais les notes en bleu.

 

Récemment, l'un des abonnés de l'Opéra national de Bordeaux a rendu public le refus fait à ses filles de 5 et 7 ans [c'est l'âge qui compte dans le calcul] de pouvoir assister à La Flûte enchantée, programmée en janvier prochain. Et ce "pour des raisons de sécurité" [imparable].

En bonne logique, ce père de famille [la famille ! le père de la famille ! total respect !] a déploré [le père implorant déploré] cette réponse négative [ce n'est pas un refus de vente, ce serait un délit, c'est… une réponse… négative].

Il a choisi de le faire savoir à l'Opéra national de Bordeaux par voie de presse (Télérama n° 3111) [c'est plus sûr, non ?]. Nous l'avons lu, entendu, et nous souhaitons présenter nos excuses [sa platine tourne en boucle sur l'album de Ségo, Repentance] à ce spectateur victime [les victimes sont très haut cotées en ces temps] d'un malentendu estival [le malentendu est estival et le foutage de gueule par voie de presse est de toute saison], malvenu en ces temps de rentrée [ça, c'est juste pour meubler, puisqu'il s'agit d'une réservation refusée en cet été pour l'hiver prochain].

En tant qu'établissement recevant du public [pour une salle de spectacle, c'est bien, si ! c'est bien de recevoir du public], et théâtre classé monument historique [c'est pas une merde culturelle sur une pelle en bois, vous posez votre cul sur de l'historique], nous sommes particulièrement attentifs à l'accueil en toute sécurité de nos spectateurs [la musique nuit gravement à votre léthargie] et plus particulièrement à celui des jeunes enfants [imparable, imaginez les petits innocents largués dans le labyrinthe de la Flûte].

Dans ce cas précis [les autres mélomanenmmerdeurs ne seront pas publiés sur la voie de presse], le placement demandé par cette famille (1er rang du 2e balcon, donc assez élevé pour notre théâtre XVIIe) [c'est-à-dire que les prix sont moins élevés et pas assez pour des strapontins historiques, salauds de pauvres qui aiment la musique !] [il a choisi le premier rang du 2è balcon et il est connu, ou on sait bien que - ce genre d'argument d'autorité non autorisé, les fillettes de 5 ou 7 ans se jettent des balcons en entendant Mozart] a conduit à un excès de prudence de la part de nos services d'accueil [mots-clés : prudence, accueil].

Nous nous engageons [c'est un homme engagé, mais pas seul, c'est mieux quand on est plusieurs, cf. supra "nous sommes particulièrement attentifs", le nous n'est pas de modestie] à permettre à cet abonné (assurant que l'éducation musicale de ses filles leur permet de suivre durant presque trois heures un spectacle en allemand) de venir, en famille bien sûr [On remarque le fondu enchaîné de la musique à l'allemand - à cinq ans, on peut apprécier le chant et les rutilances de l'orchestre visible et non pas seulement en ondes sonores sans pour autant être bilingue germano-pratin-couffin, on note que la Flûte est un spectacle – chez mon disquaire : avez-vous le dernier spectacle de Wolfgang pour paillettes et flûte ? et puis, comme de bien entendu, à 5 ou même 7 ans, passé Nounours, on s'endort. La famille est au premier plan, c'est sacré], assister à l'une des dix représentations de cette Flûte enchantée.

 

_ Mais Lou !? Mélou, mélou, loulou ! pourquoi n'écris-tu pas cela à Télérama ?

_ Euh… Télé-La Vie-Le Monde a toujours refusé mes courriers – c'est vrai que je ne faisais que corriger des âneries publiées.

_ Au moins à Thierry, non ?

_ Il ne répond que par voie de --- d'une certaine presse et… mes petites lectures de texte pourraient troubler sa sieste.

 

[désolé – non, pas tant que ça – d'avoir troublé la vôtre avec une leçon de lecture, c'est que longtemps je me suis couché de bonne heure et ce matin je me suis levé tôt, juste pour entendre Michel Jonasz annoncer sur France Info que le piratage lui avait fait perdre 30 à 50%, on n'est pas à une approximation près, de ses revenus, aidez-le ! un SDF de moins à venir, c'est des siècles d'indulgence pour votre purgatoire]
 

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 17:20

 

I'm not a journalist. I just want to understand.

 

C'est ainsi que se présente Samira Goetschel dans son film Our own private Bin Laden, produit en 2005 par Chastè Films Inc., à Toronto, où elle vit depuis 2002.

 

Ben Laden : une conséquence de la guerre froide ? est diffusé sur Planète depuis hier soir et encore le 11/09 à 1 h 40, le 12/09 à 14 h 35, le 13/09 à 18 h 45, le 16/09 à 23 h 20.


Samira Goetschel est née en Iran.

En 1979, arrive au pouvoir le libérateur Rouhollah Mousavi Khomeini, installé en France depuis 1978 à Neauphle-le-Château avec un simple visa de touriste : le père de Samira est exécuté, la famille s'enfuit vers les Etats-Unis où elle vit en paix, loin de l'intégrisme musulman, jusqu'en 2001, le 11 septembre…

En 1992, elle obtient son BFA, NYU, pour son premier film d'école, en 1999, son Master of Arts, Columbia University.

… 11 septembre 2001, terreur, pourquoi ?

 

Samira Goetschel veut comprendre.

D'où vient Ben Laden ?

Pendant trois ans, elle cherche, obtient et conduit des entretiens avec les maîtres d'œuvre de notre histoire sur le terrain, les machinistes en coulisses, les observateurs critiques.

Qui ? Pourquoi ?

Aux ficelles, l'Occident. Against communism.

 

 

Cast

 

Stinking stars

 

Stansfield Turner [plus loin : ST]
Directeur de la CIA de 1977 à1981

Zbigniew Brzezinski [ZB]
Conseiller de Jimmy Carter pour la sécurité nationale

 

Co-starring

 

Jack Blum [JB]

Ancien conseiller auprès du Sénat américain sur le terrorisme, le trafic de drogue et les opérations spéciales

 

Milton Bearden [MB]
Ancien chef  de division de la CIA Chief pour l'URSS et l'Europe de l'est, Chef d'antenne au Pakistan de 1985 à 1989, sur ordre de William Casey *, Directeur de la CIA de 1981 à 1987, sous l'administration de Ronald Reagan


 
Milton et son équipe de libérateurs

 

* [MB] C'était un homme d'une grande moralité […] C'était un catholique qui allait régulièrement à la messe, le mercredi, le jeudi ou le samedi.

 

Guest star

 

Noam Chomsky [NC]
Linguiste et philosophe politique

 

Et bien d'autres…

 

[Jimmy Carter a refusé de comparaître]

 

 

En écoutant, en lisant.

 

[Samira Goetschel] Quelle différence y a-t-il entre tuer au nom de l'islam et tuer au nom de la démocratie ?

[ST] Je ne vous répondrai pas, c'est une question polémique, vous voulez me piéger.

[SG] Non, je voudrais juste essayer de comprendre.

 

Offrez un appât à l'ennemi pour le leurrer, feignez la confusion, puis écrasez-le.

Sun Tzu, L'Art de la guerre, 134-118 av. J.-C.

[ZB] D'abord vous devriez poser vos questions de façon plus intelligente, j'aurais moins de mal à y répondre.

 

Les établissements bancaires sont plus dangereux que les armées de métier.

Thomas Jefferson

 

BCCI, des milliards de dollars négociés chez les pauvres, dans les échanges d'armes contre stupéfiants (pavot, opium, héroïne), pour les riches qui font l'aumône à bon compte.

 

Samira se perd dans ces histoires d'opérations secrètes, de gouvernements complices, de banques corrompues, de trafic international d'armes et de drogue.

 

[Alain Labrousse, Directeur de l'Observatoire géopolitique des drogues – OGD] En effet, les mêmes camions qui s'appelaient National Logistic Cell [ndlr : NLC] livraient des armes en Afghanistan et revenaient chargés d'opium

… ce qui est reconnu par MB

 

Même stratégie, à la même époque, en Afrique : Jimmy Carter, salué par le peuple dans ces contrées comme le héros des droits de l'homme, apportait au peuple de maigres subsides, non désintéressés, des miettes de ce que la BCCI avait récolté auprès de ces pays pauvres.

Les riches ne s'enrichissent que du fait que les pauvres s'appauvrissent – ce n'est pas de la tautologie, c'est de l'arithmétique.

 

La recherche s'accomplit. Dès 1945, les Etats-Unis ont amorcé une politique d'effacement des pays communistes. En 1979, l'Amérique apporte une aide financière et militaire massive aux moudjahiddines afghans et en fait l'instrument de leur volonté d'écraser les Soviétiques. Les Talibans étaient considérés comme négligeables.

 

Où allons-nous ?

 

Le Seigneur n'a pas jugé bon de ne mettre le pétrole et le gaz que sur des territoires occupés par des régimes élus démocratiquement et amis des Etats-Unis…

Mais nous allons là où les affaires se font.

Dick Cheney

 

Les affaires : 80% de bénéfices sur le baril de pétrole (avant raffinage, taxes et autres amuse-gueule), le profit est le fondement du marché dans une économie où le travail est seulement valeur d'échange, l'échange est autorisé par l'islam. La religion n'est qu'un décor idéologique couvrant l'affrontement mimétique des systèmes à la conquête du marché.

 

Alors ? Ben Laden, une création de l'Occident (w'o done 'im ?) ? Un mythe produit par les médias ? Ben Laden se vend bien, en T-shirt, et fait vendre des journaux et des antennes.

 

Qu'aurait été le 11 septembre sans la télévision ?

Jacques Derrida

 

[NC] rappelle que nous ne vivons pas en démocratie mais en polyarchie : les décisions sont prises par un petit groupe influent et ratifiées par le peuple, l'intérêt national est celui des riches et des puissants.

 

[JB] dénonce la politique de l'Occident au Moyen-Orient, un ensemble de pays corrompus et pourris par l'analphabétisme, l'esclavage, la maltraitance des enfants, où l'on choisit parmi les voyous qui dirigent ce chaos celui qui sera de notre côté.

 

[NC] reprend : ce sont les Etats-Unis, qui, sous le maquillage constitutionnel, dirigent les marionnettes. Et si les pantins ne parviennent pas à contrôler leurs peuples, on intervient par la force.

 

Nous devons nous réserver le droit de bombarder les nègres.

Lloyd George, Premier ministre britannique de 1916 à 1922

 

Les nègres d'aujourd'hui sont aussi des Kurdes, des Irakiens…

 

Avec la chute du mur de Berlin, la guerre en Tchétchénie, l'islam conquérant en Bosnie, le conflit continue, extrême entre les extrêmes, mimétique.

 

La philosophie politique de Ben Laden ? Etablir le djihad par le chaos comme philosophie politique universelle.

 

[JB] résume : quelle erreur ! quelles conséquences !

 

[MB] Pourquoi ont-ils fait ça ?

 

[Samira Goetschel] Combien de temps allons-nous encore continuer à croire à ce mythe ? Si nous voulons le briser, peut-être faut-il commencer par tuer le Ben Laden tapi en chacun de nous.

[our own private Bin Laden]

 

Ou bien chasser les libérateurs de nos plages ?

 

On l'a compris, on n'aura pas libéré l'Occident de l'araignée rouge - image chère aux anciens combattants d'Occident, devenu Ordre Nouveau (refondu en FN) sous l'égide de Gérard Longuet, conseiller de Nicolas Sarkozy de 2005 à 2007 et actuellement, depuis le 07 juillet, président du groupe UMP au Sénat – ni l'Inde, l'Indochine, l'Afrique de l'affreux colonialisme (affreusement coûteux pour l'Occident selon l'étude clairement informée de Jacques Marseille) pour les beaux yeux de Marianne ou de sa sœur née Bartholdi.

Ce n'est pas de liberté qu'il s'agit, mais de libéralisme.

Les faux amis…

 

Ils chantent le Peuple, le Peuple outragé ! le Peuple brisé ! le Peuple martyrisé ! mais le Peuple libéré !... libéré par lui-même, avec le concours des armées de la Phynance…

[Charles, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font.]

 

+++

 

Ne manquez pas notre prochain épisode : Du plan Marshall aux îles Marshall, les bébés méduses. hhH

 

En attendant, plongeons-nous dans la didactique en solution instable --- et quel était le petit nom de Molière, hein ?

  


 

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 20:21

 

Saddam Hussein Obama ! on se lève, il vient de lever 20.000 hommes pour l'Afghanistan, oui, aux States, il n'y a pas qu'Obama, il y a aussi des hommes et même, dit-on, des femmes et des enfants, et, c'est une rumeur, des veuves de guerre et des orphelins. Rappelons que Hussein, comme nous l'appelons entre intimes, est ce grand humaniste, que dis-je ? ce grand socialiste, que redis-je ? ce grand pacifiste qui va, attendez ! on n'a pas fait Paris, ni même le défilé du 14 juillet avec les gardes républicains qui, le jour d'après, tuent ou invalident les spectateurs du Tour de France, bon… c'était la faute aux spectateurs, la messe est dite, on n'a pas fait Paris en un jour, pour le conquérir, une messe a suffi, c'est comme pour le pq supersoftépais : une feuille  suffit… où en étais-je ? avec vos questions ! ah oui ! qui va, attendez !, faire la paix sur l'incontinent européen. Il est déjà venu ranimer la flamme de la paix du débarquement, lequel s'était fait pour libérer nos plages, comme le disait, au moins il y a quelques années encore, une stèle de bord de mer (in english, our beaches ou... our bitches – oui, les femmes débridées par nos glorieux sauveurs en 1944, on commence seulement à en parler, on attendait qu'elles soient sous terre ou incapables majeures de témoigner pour de vrai), oui, libérer nos plages et nos prés… vous avez entendu parler du plan Marshall ? les tracteurs, le remembrement, l'arasement du bocage, la fossilisation accélérée de la terre, les glissements de terrains, les inondations, l'assèchement des nappes phréatiques, les tracteurs quoi ! ils ont débarqué avec et aussi avec les cadres de l'administration, des préfets, rien que des civils, pouah ! et c'est tout cela que notre Obama chéri est venu fêter en toute cyniquitude, le 6 juin, 65 ans déjà, même pas l'âge de la retraite avec la recrudescence de l'allongement de l'augmentation de l'espérance de vie. Bonnes consciences, préf. de gauche, donnez-vous la main, la planète Mars est à portée de main, la main du premier de cordée. Pendant ce glorieux week-end prolongé, Médèm faisait son shopping, circulation fermée, Paris était occupé.

 

 

Sur la libération de l'Afghanistan, Irak & Co, on peut lire la lettre ouverte, Au président des Etats-Unis d’Amérique, sur quelques petites phrases de son discours prononcé au Caire le 4 juin 2009, de Catherine Kintzler.

 

L'ennui avec Harry, alias Hussein, c'est qu'on ne sait pas qui l'a fait, w'o done 'im, écrivions-nous, en toute innocence de cause, le mercredi 12 novembre 2008.

Now, we know, he can !

 

Sur les petits cadeaux aux entreprises national-mondialistes, sur la peine de mort exécrée par un défunt candidat, sur… et puis, un copain, que dis-je ? un pote, que redis-je ? un maître du président Carlo, a-t-il vraiment des idées sociales ? Let's have a dream…

 

 

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