Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 21:02

  












 



Le décor, il y a… vingt ans…

_ … trente ans, Lou

_ trente ans déjà ! trente jours… c'était peut-être le 29è jour du nénuphar


                                      
     










Cats are making love with open paws
 

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 23:05

 

 
Les escargots peignent, étonnant est leur œuvre. Ont-ils un sens esthétique ?

 

En 1910, Lolo, alias Aliboron, alias Joachim-Raphaël Boronali, connut la gloire de la cimaise au Salon des Indépendants où figurait son unique toile Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique.

 

Joachim-Raphaël Boronali, Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique, 1910

 

Joachim-Raphaël, peintre né à Gênes, avait accompagné son envoi d'un texte théorique, le Manifeste de l'excessivisme : brisons les ancestrales palettes et posons les grands principes de la peinture de demain […] l'excès en tout est une force, la seule force… Ravageons les musées absurdes. Piétinons les routines infâmes. Les critiques furent partagées jusqu'au jour où Roland Dorgelès révéla l'histoire, constat d'huissier à l'appui : Boronali était l'âne de Frédéric Gérard, dit Frédé, patron du Lapin Agile, le toujours fameux cabaret de la butte Montmartre, le très haut conservatoire de la chanson française *. La toile se vendit 20 louis d'or qui furent reversés par Dorgelès à l'orphelinat des Arts. Elle fait aujourd'hui partie de la collection permanente exposée à l'espace culturel Paul Bedu à Milly-la-Forêt.

* nous vous recommandons le coffret, 4 CD, Un Siècle de Veillées Au Lapin Agile d'Hier à Aujourd'hui, EPM n°980 610

 

Comment fut confectionné le chef-d'œuvre

 

Le témoignage de Pierre Girieud, l'un des complices :

 

C’est au Lapin Agile que Dorgelès alors rédacteur à Fantasio organisa la farce de Boronali qui fit tant de bruit en son temps.

Un matin où Coccinelle posait dans mon atelier de la rue des Saules, vers midi, la séance ayant bien marché, je l’invitais à prendre l’apéro au Lapin ; Remontant la rue, nous nous trouvâmes devant la terrasse, assister à un curieux spectacle.

Lolo, l’âne de Frédé, pelé et décrépi, balançait sa queue ornée d’un pinceau chargé de couleurs sur une toile présentée par Roland, les bras nus, couvert de peinture presque jusqu’au coude. Un photographe braquait son appareil pour immortaliser cette scène cependant qu’un huissier dressait un constat en bonne et due forme.

L’apéritif fut servi à tous les témoins autour de la grande table en bois de la terrasse, et le photographe pris des clichés.

Dorgelès me demandait si je pensais que le tableau pourrait figurer aux «Indépendants» et je lui répondit que la chose était possible si quelqu’un voulait faire l’âne et acquitter les 25 F de droits d’exposition.

Comme je faisais partie de la commission de placement, je montrais la toile à Signac en lui racontant toute l’histoire. Il répliqua : «c’est bien un effet la peinture d’un âne et puisqu’on a versé la cotisation au nom de Boronali nous ne pouvons nous dispenser de l’accrocher». Il me chargea alors de faire une petite salle où il puisse figurer sans dommage pour les véritables peintres. J’organisais alors un petit musée des horreurs où cette toile figurait à côté d’autres productions, faites avec des confettis, des couvercles de boites de cigares, 4 as de deux mètres de haut, etc. , etc.

Naturellement au vernissage la toile passa complètement inaperçue, mais le jour où Fantasio publia les photographies du tableau, de l’âne, du constat d’huissier et des témoins levant leurs verres (la face recouverte d’un loup), le public se rua pour voir l’œuvre de Boronali, c’est-à-dire Ali Boron, la caisse des Indépendants reçut alors des sommes dont on n'avait pas idée jusqu’alors.

Pierre Girieud, Souvenirs d'un Vieux Peintre (inédit)

 

Dans les années '50, Desmond Morris, célèbre zoologue, éthologue et artiste peintre (deux ans après sa première exposition en 1948, il se présente à Londres en compagnie de Joan Miró), fait connaître à la télévision Congo, un jeune chimpanzé peintre. Miró aurait acquis une de ses toiles, comme Picasso qui pouvait y voir la marque d'une pulsion créatrice universelle.

 

Congo, Peinture, années '50

 

On observe la dynamique de la diagonale ascendante et les taches ou traits rouges rapportés qui viennent rehausser le bleu en donnant à l'ensemble sa cohésion. Une œuvre réfléchie : Congo montrait une grande concentration dans son travail et choisissait le point d'achèvement d'une œuvre.

 

Les chats peignent depuis toujours. On trouve des représentations de chats peintres au temps de l'Egypte ancienne (la patte levée du chat apposant sa marque sur les hiéroglyphes atteste de leur valeur), au Moyen Age en Orient et en Occident, à l'époque moderne.

 

Kytan Tok, Otakki peignant, 1901, aquarelle sur papier de riz, coll. privée

 

Leur art, leurs techniques, leurs écoles ont été étudiées par Burton Silver, écrivain et critique d'art, autorité en Non Primate Art, particulièrement à propos de l'esthétique des déjections ornithologiques.

Why Cats Paint : A Theory of Feline Aesthetics *, 1994, une synthèse sur les chats peintres, a été composée en collaboration avec Heather Busch, peintre, sculpteur, photographe et créatrice de la première galerie consacrée exclusivement à la peinture féline.
 *
l'édition française, Le Mystère des chats peintres, Benedikt Taschen, 1995, est épuisée


Feuilletons ensemble.

 

Max, Birdies (détail), 1991, pâte acrylique sur mur peint


Il ne s'agit pas seulement de peinture mais d'un investissement de tout le corps présent - et non seulement représenté - dans l'action, par son empreinte, au terme d'une longue méditation (pratique usuelle chez les chats peintres, ronronnement et balancement devant le support). Le chat décide du moment où l'œuvre est accomplie et l'annonce par un marquage urinaire.

Préparation rituelle et engagement de tout l'être se retrouvent dans le travail de Shiraga Kazuo (voir ici ou ou encore ) qui nous a quitté en avril 2008.

 

Peindre avec les pieds,
de tout son corps,
de toute son âme en une action unique

 

D'autres artistes vont sur le motif : pour indiquer leur choix – et demander des couleurs – ils marquent la place.

 

Rusty, Le Blues de la bécane bleue, 1990, acrylique parfumé sur verre.


Rusty est un impressionniste, il représente son sujet et ce qu'il vit de l'histoire de son sujet. La perspective en est décalée, le récit se fait mouvement. Il y a également ceci : les chats passent du temps à regarder le monde, allongés par terre, sur le côté ou sur le dos ; dans cette position, la perspective se trouve modifiée (chacun peut en faire l'expérience : le haut est en bas, le bas est en haut).

 

Buster, Copie de Tournesols de Van Gogh


La ligne brune, en haut du tableau, traduit le bord de la table et le contour du vase, les touches bleues représentent les fleurs (décalage chromatique en écho, l'orange est la complémentaire du cyan).

 

Georg Baselitz, Die Mädchen von Olmo II, 1981, Centre Pompidou MNAM


Ce mode de représentation inversée est apparu à Baselitz alors qu'il se reposait, allongé au pied d'un arbre (le motif de sa première peinture "à l'envers").

 

Et nos artistes ? Presque rien, rien de bien intéressant. Peut-être cette fantaisie de Kriss...


Kriss, Détramage, coton et chanvre sur papier, 2007-2008,
action in situ, ici même

 

… inspirée par un grand peintre et tapissier, mi-catalan mi-ligérien...

 

 























Josep Grau-Garriga, Al Padre, 2001, raphia, chanvre,
Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Angers
[partie d'un diptyque Al Madre, 2002 - Al Padre, 2001]

 

 




 

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 20:00

  

Peut-on exposer des cadavres comme des œuvres artistiques ?


Jean-Pierre Gauffre posait la question le 22 avril dernier dans sa chronique matutinale, Il était une mauvaise foi, sur France Info.

La justice de notre pays venait de répondre non.


Ecoutons
la suite.

Croyez-moi ou pas, mais qu’on ne puisse pas présenter des morts dans une exposition artistique, j’ai un peu de mal à le comprendre… Quand je visite un musée, je ne vois que des morts… La Joconde, vous pouvez toujours essayer de récupérer son numéro de portable pour l’inviter à un couscous la semaine prochaine, ça m’étonnerait qu’elle vienne… Y a un paquet d’années qu’elle est morte… Et c’est pareil pour la Vénus de Milo… En plus, elle n’a même pas de bras pour attraper ses couverts… Tiens, un jour, je me souviens, j’ai visité l’exposition consacrée à Ramsès II, le très lointain prédécesseur de Moubarak à la tête de l’Egypte… Je l’ai bien observé dans ses bandes Velpeau… J’ai attendu un bon moment… Il ne s’est jamais levé pour danser la tektonik… Il était mort, plus mort que René Monory, je vous le garantis…

Non, sincèrement, l’art, d’une manière générale, c’est l’affaire des morts, que ce soit les modèles ou les artistes… Qu’est-ce qui marche dans les émissions de variétés sur TF1 ou France 3 ? C’est les émissions sur les chanteurs morts… Vous mettez un bon vieux Top à Joe Dassin ou à Daniel Balavoine, produit par les Carpentier, morts eux aussi, vous faites un tabac à l’Audimat… Bien plus qu’avec Vincent Delerm… Et encore, lui, il fait tellement peu de bruit qu’on croit aussi qu’il est mort… Mais non, c’est une ruse pour qu’on achète quand même ses disques… Et Jacques Tati, qu’on expose à la cinémathèque, il n’est pas mort peut-être ? Doublement, puisqu’on l’a obligé à casser sa pipe une deuxième fois…

En fait, je vais vous dire, c’est parce qu’on n’a plus l’habitude d’un rapport sain et décomplexé avec la mort chez nous… En France, on est devenu coincé à ce niveau… Il y a des pays où ils sont nettement plus libérés… Prenez l’Iran… On continue à vous exposer un voleur de poules pendu dans les rues… Au bout de huit jours, avec les corbeaux qui ont fait leur marché, ça devient une œuvre d’art, jusqu’au décrochage… Et là, je vous assure que personne ne s’amuse à protester… Mais chez nous, non… Les morts, on préfère les voir dans les cimetières, c’est d’un classique… Ou dans les séries télé… Quand les experts ou les gars de la médecine légale vous découpent un type en morceaux et en gros plan pour savoir s’il mort asphyxié ou écrasé par un rouleau compresseur, ça ne dérange personne… Au contraire, le public en redemande… Vous avouerez que le Français est quand même paradoxal dans ses choix artistiques… Mais évidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire…

 

___

 

L'évènement : OUR BODY / À CORPS OUVERT - l'Exposition Anatomique de vrais corps humains.

 

Le mardi 21 avril 2009, sur requête de deux associations charitables, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Solidarité Chine, la justice a interdit une exposition anatomique, présentée à Paris depuis le 12 février.

Le juge Louis-Marie Raingeard, se référant à la loi de décembre 2008 qui assimile le droit des morts à celui des vivants, a rappelé que l’espace assigné au cadavre est celui du cimetière et que la commercialisation des corps par leur exposition [ce qu'on ne saurait connaître dans un funérarium, sans doute…] porte une atteinte manifeste au respect qui leur est dû.

Me Richard Sédillot, l'avocat des plaignants, se déclare convaincu que derrière cette affaire il y a un trafic d'organes et de corps humains. Il précise : Van Hagens, l'inventeur de la plastination, a lui-même reconnu qu'il pouvait y avoir des condamnés à mort parmi les corps qu'il utilise.

Pascal Bernardin, le maître d'œuvre et directeur de la société Encore Production, assure avoir tous les documents justifiant une origine régulière des corps, les personnes exposées ayant donné leur consentement de leur vivant.
On n'aurait jamais fait cela avec des Français, affirme Pierre Le Coz, vice-président du Comité consultatif national d'éthique, responsable du refus de l'exposition par la Cité de la Villette, puis, un peu plus tard, par le Musée de l'Homme et le Muséum d'histoire naturelle. Ensuite, le projet a été agréé  par l'Espace 12 Madeleine, une structure privée.

Le jugement paraît aberrant aux organisateurs, alors qu’il y a 18 à 20 expositions anatomiques du même type en ce moment à travers le monde, aux Etats-Unis ou en Europe, et qui n’ont jamais été interdites. Our body circule aux Etats-Unis et en Europe depuis cinq ans et a reçu près de 30 millions de visiteurs.

Des associations caritatives sont présentes. Ainsi, depuis l'ouverture de l'exposition à Paris, le 12 Février, OUR BODY / À CORPS OUVERT accueille dans ses locaux l'association Don de soi - Don de vie, labellisée Grande Cause nationale 2009 (thème : dons d’organes, de sang, de plaquettes et de moelle osseuse).

 

Reprenons le propos de Jean-Pierre Gauffre.


Il y a des pays où ils sont nettement plus libérés


Les Suisses, peut-être ?

L'exposition Six Feet Under - Autopsie de notre rapport aux morts s'est tenue au Kunstmuseum Bern, du 2 novembre 2006 au 21 janvier 2007. Une réflexion sur le rituel de la mort ou sur sa présence immédiate.

 

Teresa Margolles, Entierro, 1999


Un simple bloc de béton renferme la dépouille d’un enfant mort-né.

Je ne vois pas le cadavre (ritualisation).


En 2005, le FRAC Lorraine exposait de Teresa Margolles une installation active où une goutte tombant régulièrement du plafond formait une flaque sonore (amplifiée) : il s'agissait de graisse humaine.
Selon le cartel, chaque goutte tombant sur le sol chantait une mélodie à la mémoire des victimes de mort violente : ainsi, l'installation présentait la mort comme un retour à la paix.
Dans le même temps, le CAC de Bretigny montrait un autre travail de l'artiste : elle avait restauré le revêtement de  sol  avec un ciment dont le liant était une eau ayant servi à la toilette des morts. Le centre d'art contemporain devenait lieu de commémoration permanente. Le spectateur marche sur un substrat qui, par synecdoque, annonce la fin de son corps, sa disparition, renvoyant la terreur au silence.

Je ne vois pas le cadavre (transmutation).

Solidarité Chine, en protestant contre l'engagement aux J. O. 2008 à Pékin, a manifesté son soutien pour le Tibet libre, ne l'oublions pas.



Damaru, instrument rituel tibétain, composé de deux calottes crâniennes humaines assemblées et rehaussées d'argent, de turquoises et de corail, coll. part.


Les ossements utilisés ici, comme dans les trompes kankling qui accompagnent les damaru, viennent en général de lamas. Dans les régions qui s'y prêtent, les morts sont laissés aux vautours qui nettoient soigneusement les squelettes : les vivants sont avec les vivants, les morts sont morts, une autre pensée du monde.

Je ne vois plus le cadavre (ritualisation du vivant).

 

Prenez l’Iran… On continue à vous exposer un voleur de poules pendu dans les rues

 


Lawrence Beitler, Lynchage, 1930


Les cadavres pourrissent, l'insoutenable n'est pas éternel (donné brut compensé par le temps court).

 

Buchenwald, libération du camp, cadavres, 1945


Je ne vois pas le cadavre, je vois le document (modération historique).

 

l’art, d’une manière générale, c’est l’affaire des morts

 


Gloria Friedmann, La Vanité des bâtisseurs, ossements animaux, Château d'Oiron, 1993 [détail]


Le Viandox et les os : l'image ne se reforme pas (effacement par tri sélectif).

 

Kevin Carter, Le vautour et l'enfant, Soudan, 1993


Kevin Carter n'a pas cherché à intervenir. L'année suivante, trois mois après avoir obtenu le prix Pulitzer pour cette oeuvre, le photographe s'est suicidé.

Manic Street Preachers lui a consacré une chanson, Kevin Carter, album Everything Must Go, 1996.

L'enfant est mort, je le sais mais je ne vois pas : le village est si proche (sérénité par cécité).

 

Quand je visite un musée, je ne vois que des morts

 

Ces morts ne sont que des images. OUR BODY / À CORPS OUVERT, c'est l'Exposition Anatomique de vrais corps humains.


Les corps exposés sont conservés par imprégnation polymérique, un procédé mis au point en 1977 par Günther von Hagens, où les fluides corporels sont remplacés par des polymères afin de créer un spécimen anatomique solide et durable, presque éternel.


Principales étapes du processus d’imprégnation polymérique :

Fixation : les spécimens sont fixés dans une solution à base de formaldéhyde.

Déshydratation : tous les spécimens biologiques sont composés principalement d’eau qu’il faut retirer pour permettre l’imprégnation polymérique. L’eau contenue dans les tissus est remplacée par de l’acétone.
Imprégnation : les spécimens déshydratés sont immergés dans du polymère liquide qui remplace l’acétone.
Séchage : les spécimens imprégnés de polymère sont alors mis en contact avec une préparation à base de gaz qui durcit les polymères et les rend secs au toucher et non toxiques.


Vrais et nus : de là seraient l
es belles âmes émues ?

Sous la plume de Fabienne Pascaud, Télérama 3094 | 29 avril 2009 :

Une manipulation obscène des corps […] L'intérêt commercial, lui, est clair : 15,50 € pour voir des morts qui n'ont pas dû coûter cher.

L'argument prudhommesque révèle enfin la morale louis-philipparde.


A cette aune, les 1024 couleurs de Gerhard Richter l'emporteraient sur la peinture ultime d'Ad Reinhardt, au poids.


Il ne s'agit donc pas de morale mais d'esthétique.


Ce qui est en question, ce n'est pas le heurt moral, mais le statut de l'art. On n'entre pas au musée comme on sort d'un bazar. Poser un porte-bouteilles comme œuvre d'art revient à disqualifier l'esthétique, c'est le sens clairement affirmé par Marcel Duchamp dans sa conception des ready-made.

Insoutenable est la légèreté de la mariée éclatée, mise à nu : l'art est mort, l'art, c'est la mort ?







 

















+++

 

Et s'il y a un peu plus, je laisse…


C'est à Palerme, en Sicile, les catacombes.

Les riches, pour prolonger leur vie, les pauvres pour témoins.









 



 


























































 

Ces momies ont reçu un traitement resté secret (partiellement découvert).

Des squelettes avec de la chair attachée, en costumes, mis en scène pour l'éternité - ?

C'est religieux, ça ne se dispute pas.

Pas de scandale.

C'est ouvert au public, ça détruit les éternels, comme à Lascaux.



 

Et puis,

 


La mort s'expose
.

Le projet de Gregor Schneider d'exposer une personne mourante dans un musée a suscité un scandale : peut-on faire de la mort des autres la matière de sa création artistique ?

"Recherche volontaire en fin de vie pour mourir en direct dans une salle de musée." C'est sur ce ton polémique que plusieurs journaux ont résumé le projet de "Salle pour mourir" que Gregor Schneider, Lion d'or à Venise en 2001, voulait installer dans un musée allemand. Peut-on, au nom de la liberté artistique, soutenir cette expérience extrême ?

[source : ARTE]

 

Que devient le corps ? Our body, our mummies ?

Michel Onfray *, une réponse aux hommes qui ne veulent pas consentir au fait qu'ils vont mourir bientôt et que, quand ils vont mourir, il leur arrivera exactement la même chose que ce qui arrive à leur petit chat quand il meurt, c'est-à-dire pourriture, décomposition, disparition.

* Michel Onfray, philosophe, ici et maintenant / Elisabeth Kapnist, 2008 – sur ARTE --- rediffusion le samedi 26 septembre 2009, à 6 h 45.

 

Et ce n'est pas fini – on n'en finirait pas, la mort, la mort, toujours recommencée ---

 

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 19:15

 
En hommage à Jacques Tati


 

 

Le fumée-globe en huit étapes : de la gauche vers la droite, la réfooorme, et du haut vers le bas, la criiise.

 


Etape 1

L'obligation d'inscrire sur l'emballage d'un produit sa composition est ici respectée.

Enfin une fumée écologique qui n'est pas fumeuse : le benzène, option alternative naturelle au pétrole, ça roule ; le formaldéhyde (formol), ça conserve.

 

Etape 2

Votre grange est croulante ? Renforcez-la immédiatement : il suffit de commencer.

- convient à toute dépendance secondaire -

 

Etape 3

Voir étape 7.

 

Etape 4

Voir étape 7.

 

Etape 5

A 0,15 € / min, c'est moins cher que les plates-formes ordinaires de rencontres et les hôtesses (H / F) sont charmant(e)s. A consommer après avoir conforté votre dépendance.

 

Etape 6

Où l'on voit clairement qu'il n'était pas question de votre santé à l'étape 5.

 

Etape 7

Enfin une fumée canoniquement correcte : sauvez les hévéas en luttant pacifiquement contre la surpopulation.

nota bene : les homosexuels peuvent se dispenser de fumer s'ils n'ont pas une grange en ruine à leur charge.

 

Etape 8

Le fromage et la poire, la cerise sur le gâteau, caviar et champagne pour tous.

Nous vivons aujourd'hui dans l'urgence. Les urgentistes n'ont même plus le temps de mourir.

 

_ Monsieur Pâcon-Dugland ?

_ Elie Pâcon-Dugland, à votre service, que puis-je pour vous, je suis complètement sur-boucané à c't'heure…

_ … Monsieur, c'est l'heure !

_ l'heure ? je consulte mon organizer… vous êtes ?

_ Mademoiselle Atropos. On y va ?

_ ah non ! pas au moment où la croissance négative du cacarente est en chute libre, repassez !

_ Monsieur Elie Pâcon-Dugland, vous n'avez plus le temps, vous êtes repassé.

_ Maizenfin, maizenfin, maizenfin on fixe ! vous n'aviez pas fixé…

_ … non, je ne fixe jamais…

_ … maismaismais les autres…

_ … vous confondez avec mes sœurs Clotho et Lachesis…

_ … oui, Clitho, c'est une gamine charmante ♪♫♪

_ Monsieur, nous ne sommes pas au Châtelet et le jugement dernier est sans appel.

 

Une mort lente, du temps libre, le temps dure longtemps et toujours en été, une vie douloureuse.

 

Lente et douloureuse.

Enfin un précepte hédoniste, la souffrance est salutaire.

Indulgence d'un million d'années à l'interne qui piquerait un lot de morphine pour un copain en manque d'une bonne, une vraie.

[Calomnie ? c'est écrit au conditionnel, c'est une supposition. Qu'est-ce qu'une supposition ? Doit-on le dire, avec Labiche ? c'est quelque chose qu'on suppose]

Enfin la vérité sur les soins palliatifs mais presque.

 

Guide à l'usage des jeunes commentateurs

 

Faites-vous aider pour commenter : téléphonez au BALZAC 00 01 (appel gratuit depuis un sémaphore).

On ne dit pas : vous fumez trop.

Dit-on à un philatéliste qu'il a trop d'amis ?

 

 

 

♪♫♪ mourons pour des idées, d'accord ! mais de mort len-ente, d'accord ! mais de mort len-en-en-ente ! ♪♫♪


Cet article a coûté 571, 20 €.
Vos dons seront intégralement reversés aux orphelins de la défunte Seita.
  

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 14:01

Ou encore (car je cherche à dire cette vérité), cette Photographie du Jardin d'Hiver était pour moi comme la dernière musique de Schumann avant de sombrer, Chant de l'Aube, qui s'accorde à la fois à l'être de ma mère et au chagrin que j'ai de sa mort ; je ne pourrais dire cet accord que par une suite infinie d'adjectifs ; j'en fais l'économie, persuadé cependant que cette photographie rassemblait tous les prédicats possibles dont se constituait l'être de ma mère, et dont, inversement, la suppression ou l'altération partielle m'avait renvoyé aux photos d'elle qui m'avaient laissé insatisfait. Ces photos-là, que la phénoménologie appellerait des objets "quelconques", n'étaient qu'analogiques, suscitant seulement son identité, non sa vérité ; mais la Photographie du Jardin d'Hiver, elle, était bien essentielle, elle accomplissait pour moi, utopiquement, la science impossible de l'être unique.

La chambre claire, 28


Robert Schumann, Gesänge der Frühe, 1. im ruhigen tempo, op.133, 1853, piano Maurizio Pollini

 

>>> le premier des ultimes Chants de l'Aube, composés peu avant que Schumann ne se jette dans le Rhin en février 1854 <<<

[la pièce en écoute, en un click sur l'image]

 

La mort est impensable, impuissance du langage, certitude de la photographie [Lcc, 45].

 

Roland Barthes, Journal de deuil, 26 octobre 1977 – 21 juin 1978, Seuil / Imec, 2009.

[les références des citations se trouveront dans la date, donnée en titre par Barthes]

 

Roland Barthes, La chambre claire, Note sur la photographie, Cahiers du Cinéma / Gallimard / Seuil, 1980.

[réf. Lcc, chapitre]

 

1/ Histoire

 

Le 25 octobre 1977, mam., l'amour d'une vie, est morte.

Le lendemain, Roland Barthes commence à écrire les fragments d'un chagrin toujours là, en lui et dans l'appartement où il vivait avec sa mère.

Quelques phrases sur des fiches, selon sa manière, posant la chaîne sur laquelle il tisse La chambre claire.

 

21 juin

Relu pour la première fois ce journal de deuil. Pleuré chaque fois qu'il y est question d'elle – de sa personne – non de moi.

L'émotivité, donc, revient.

Fraîche comme au premier jour de deuil.

Journal de deuil, 21 juin

 

Les notes se continuent jusqu'au 15 septembre 1979.

 

5 juin 1978

[…]

Avant de reprendre avec sagesse et stoïcisme le cours (d'ailleurs non prévu) de l'œuvre, il m'est nécessaire (je le sens bien) de faire ce livre autour de mam.

 

13 juin 1978

[…]

Ce matin, à grand peine, reprenant les photos, bouleversé par une où mam. petite fille, douce, discrète à côté de Philippe Binger * (Jardin d'Hiver de Chennevières, 1898).

Je pleure.

 

* son frère

 

Or, un soir de novembre, peu de temps après la mort de ma mère, je rangeai des photos. Je n'espérais pas la "retrouver", je n'attendais rien de "ces photographies d'un être, devant lesquelles on se le rappelle moins bien qu'en se contentant de penser à lui" (Proust) *.

Lcc, 25

* Le Temps retrouvé, p. 886, Bibliothèque de la Pléiade, 1965

 

Le temps où ma mère a vécu, avant moi, c'est ça, pour moi, l'Histoire (c'est d'ailleurs cette époque qui m'intéresse le plus, historiquement). Aucune anamnèse ne pourra jamais me faire entrevoir ce temps à partir de moi-même (c'est la définition de l'anamnèse) – alors que, contemplant une photo où elle me serre, enfant, contre elle, je puis réveiller en moi la douceur froissée du crêpe de Chine et le parfum de la poudre de riz.

Lcc, 26

 



 


Vers le 12 avril 1978

Ecrire pour se souvenir ? Non pour me souvenir, mais pour combattre le déchirement de l'oubli en tant qu'il s'annonce absolu. Le – bientôt – "plus aucune trace", nulle part, en personne.

Nécessité du "Monument".

Memento illam vixisse *.

 

* Souviens-toi, elle a vécu.

 

5 juin 1978

[…]

Pour moi, le Monument n'est pas le durable, l'éternel (ma doctrine est trop profondément le Tout passe : les tombes meurent aussi), il est un acte, un actif qui fait reconnaître.

 

Ecrire, être en acte.

 

Le 25 février 1980, Roland Barthes est renversé par un blanchisseur en camionnette près du Collège de France. Alors qu'il n'est que légèrement blessé, il s'effondre dans le coma peu de temps après et meurt le 26 mars.

 

1er avril 1978

En fait, au fond, toujours ceci : comme si j'étais comme mort.

 

28 mai 1978

La vérité du deuil est toute simple : maintenant que mam. est morte, je suis acculé à la mort (rien ne m'en sépare plus que le temps).

 

31 mai 1978

En quoi mam. est présente dans tout ce que j'ai écrit.

 

2/ StudiumPunctum

 

Roland Barthes, (re)découvrant une photographie de sa mère telle qu'il ne l'a jamais vue (une enfant dans le jardin d'hiver de Chennevières), lie et lit le deuil, le journal de deuil, dans la Photographie, La chambre claire, essai d'une phénoménologie du déplacement, de la représentation en deçà des codes.

Dans sa lecture, en recherche, il nomme deux thèmes informant une photographie à la façon d'une sonate classique [Lcc, 10] :

- le studium ; pour le spectator, l'application à une chose, le goût pour quelqu'un, une sorte d'investissement général, empressé, certes, mais sans acuité particulière […] témoignages politiques […] tableaux historiques […] ; pour l'operator, composition, cadrage, intention.

- le punctum, ponctuation, piqûre, ce hasard qui me point.

La Photographie n'est pas un simple progrès mécanique de la Peinture mais la scène d'un théâtre primitif lié au culte des Morts, comme une figuration de la face immobile et fardée sous laquelle nous voyons les morts [Lcc, 13].

 


 

Christian Boltanski, Monument Odessa, 1991

 

Ainsi accompagnant la Peinture classique dans la saisie d'un instantané imperceptible, l'instant d'une histoire commencée, inachevée, un récit.

Un paysage peut être à la fois utopie (j'irai là) et mémoire (j'ai été là). Un jardin, la mère. Or Freud dit du corps maternel qu' "il n'est point d'autre lieu dont on puisse dire avec autant de certitude qu'on y a déjà été". Telle serait alors l'essence du paysage (choisi par le désir) : heimlich, réveillant en moi la Mère (nullement inquiétante). [Lcc, 16]

Le studium seul donne une photographie réifiée, en l'absence d'un punctum, d'un trait qui m'attire ou me blesse et génère une lecture dialectique. Le reportage brut, la pornographie * : un monde unaire (un donné immédiat, sans histoire, sans moi). [Lcc, 17]

* dont se distinguent les photos de Robert Mapplethorpe

 


 

Young Man With Arm Extended, 1975

[il semble que la reproduction figurant dans Lcc soit inversée]


La lecture du punctum, de la photo pointée, n'autorise pas dans sa fulgurance un développement rhétorique. La Photographie se rapproche alors du Haïku dans une immobilité vive à l'opposé du mouvement pétrifié du cliché unaire. [Lcc, 21]

A ce point de sa quête, Roland Barthes, plongé dans les photos de sa mère, se demande : est-ce que je la reconnaissais ? Dans sa différence, oui, dans son essence, non. L'image partiellement vraie restait totalement fausse.

je sais que c'est elle, mais je ne vois pas ses traits… comme dans le rêve [Lcc, 27].

 

Et je la découvris.

La photographie était très ancienne… [Lcc, 28]

Il s'agit de Jardin d'Hiver de Chennevières, 1898, évoqué une première fois dans Journal de deuil, 13 juin 1978.

[…] juste une image, mais une image juste. Telle était pour moi la Photographie du Jardin d'Hiver.

Pour une fois, la photographie me donnait un sentiment aussi sûr que le souvenir, tel que l'éprouva Proust, lorsque se baissant un jour pour se déchausser il aperçut brusquement dans sa mémoire le visage de sa grand-mère véritable, dont pour la première fois "je retrouvais dans un souvenir involontaire et complet la réalité vivante" *. [Lcc, 28]

* Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, p. 756, Bibliothèque de la Pléiade, 1965

[dans la séquence du Léthé, qui apparaît, seule occurrence, p. 760]

 

Quelque chose comme une essence de la Photographie flottait dans cette photo particulière. Je décidai alors de "sortir" toute la Photographie (sa "nature") de la seule photo qui existât assurément pour moi, et de la prendre en quelque sorte pour guide de ma dernière recherche. Toutes les photographies du monde formaient un Labyrinthe. Je savais qu'au centre de ce Labyrinthe, je ne trouverais rien d'autre que cette seule photo, accomplissant le mot de Nietzsche : "Un homme labyrinthique ne cherche jamais la vérité, mais uniquement son Ariane."

[…]

(Je ne puis montrer la Photo du Jardin d'Hiver. Elle n'existe que pour moi…)

[Lcc, 30]

 

 

3/ Temps

 

L'autre punctum, ailleurs que dans le "détail", c'est le Temps. [Lcc, 39]

Suivant son Ariane (une sortie du Dédale ? > James Joyce, Portrait of the Artist as a young man), Roland Barthes découvre que la photographie est l'oeuvre des chimistes, non des peintres ou des inventeurs de la perspective (Leon Battista Alberti), des techniciens de l'optique (la camera obscura).

[…] une circonstance scientifique (la découverte de la sensibilité à la lumière des halogénures d'argent) a permis de capter et d'imprimer directement les rayons lumineux émis par un objet diversement éclairé. La photo est littéralement une émanation du référent. D'un corps réel, qui était là, sont parties des radiations qui viennent me toucher, moi qui suis ici… [Lcc, 34]

 

 

 

Nicéphore Niépce, Paysage à Saint-Loup de Varennes, 1826 / 1827, Austin, Texas, Harry Ransom Humanities Research Center, coll. Helmut Gernsheim.

Première * héliographie au bitume, sur étain pur, d'une scène naturelle, la vue a été prise depuis la fenêtre de la maison de Niépce à Saint-Loup de Varennes ; elle a demandé environ huit heures de pose, les ombres tracent le passage du temps

* Selon Alphonse Davanne et Eugène Niépce, petit-fils de Nicéphore, la première "prise de vue" serait celle de La table mise, 1823 / 1825. C'est la leçon retenue par Barthes dans La chambre claire, 36.

Selon Jean-Louis Marignier, l'image daterait de 1832.

La plaque a disparu des collections de la SFP au début du XXè siècle.

 

Fleuve de l'éternité, le Temps est toujours / jamais plus là. Inaccessible au discours.

Camera lucida : un appareil, antérieur à la Photographie, qui permettait de dessiner un objet à travers un prisme, un œil sur le modèle, l'autre sur le papier. [Lcc, 44]



 

 

Camera lucida, dispositif inventé William Hyde Wollaston en 1806, gravure anonyme, 1807

 

Un rendu à plat appelant et refusant la profondeur de tout sens possible : la Photographie.

 

Penser la Photographie revient seulement à reconnaître "ça a été" [Lcc, 34].

Ce passé ne peut transformer le chagrin vécu en deuil [Lcc, 37]

Acédie : rien à dire de la mort… je n'ai d'autre ressource que cette ironie : parler du "rien à dire". [Lcc, 38]

Devant la photo de ma mère enfant, je me dis : elle va mourir : je frémis, tel le psychotique de Winnicott, d'une catastrophe qui a déjà eu lieu. Que le sujet en soit déjà mort ou non, toute photographie est cette catastrophe. [Lcc, 39]

La photographie authentifie (la mort) et dans son évidence ne laisse que le désarroi de l'indicible, de l'impensable : ils sont morts.

 

16 novembre

Maintenant, partout, dans la rue, au café, je vois chaque individu sous l'espèce du devant-mourir, inéluctablement, c'est-à-dire très exactement du mortel. – Et avec non moins d'évidence, je les vois comme ne le sachant pas.

[Ces futurs morts qui ne savent pas qu’ils vont mourir… Albert Cohen, Belle du Seigneur, 1968 (où l'on trouve également une Ariane)]

Pendant ce temps, dans sa poursuite alors effrénée de nouvelles rencontres, Roland Barthes note :

12 juin 1978

[…]

continuaient à fonctionner, imperturbablement (comme mal élevées) des habitudes de flirts, d'amourachements, tout un discours du désir…

 

Le Temps s'est arrêté sur cette incompréhensible contradiction du souvenir et du néant. *

* Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe, p. 769, Bibliothèque de la Pléiade, 1965

 

***

 

25 mai 1970
Ce que je n'aime pas dans l'Occident, c'est qu'il fabrique des signes et les refuse en même temps [...] Le grand danger pour nous, Occidentaux, dès lors que nous ne reconnaissons pas les signes pour ce qu'ils sont, à savoir des signes arbitraires, c'est le conformisme, la porte ouverte aux contraintes de type moralisateur, aux lois morales, aux contraintes de la majorité.

Roland Barthes, Le Grain de la voix : Entretiens 1962-1980, Seuil, 1981

 

 

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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 06:40

 

 

Transe Info, ce jour, à 06 h 32

 

Un jeune homme de 24 ans allongé pour une raison encore inconnue au milieu de la route à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le Loiret a été écrasé par une voiture de police qui lui a roulé dessus dans la nuit de vendredi à samedi.

[…]

Samedi, vers une heure du matin, deux policiers patrouillent à La Chapelle-Saint-Mesmin, à quelques kilomètres d'Orléans. La rue est sombre, car les lampadaires sont éteints, ils roulent sur un jeune homme de 24 ans allongé au milieu de la route. La victime habite à quelques pâtés de maisons du lieu de l'accident [sic], elle portait des vêtements sombres, ce qui explique peut-être pourquoi les policiers ne l'ont pas vue. Selon les premiers éléments de l'enquête, ils roulaient à une allure normale et ils n'ont pas pu éviter le jeune homme.

[…]

Les policiers sont très choqués, ils vont recevoir un soutien psychologique. Le brigadier et le gardien de la paix âgés d'une trentaine d'années étaient affectés depuis six ans à la patrouille de nuit, ils n'ont aucun antécédent et les tests d'alcoolémie pratiqués après l'accident se sont révélés négatifs.

 

les lampadaires sont éteints

Il s'agit de sauver la planète.

elle portait des vêtements sombres

L'indigène n'avait pas enfilé le Borloo.

Les policiers sont très choqués, ils vont recevoir un soutien psychologique […] les tests d'alcoolémie pratiqués après l'accident se sont révélés négatifs

L'article R.412-6 du Code de la route fait obligation de rester maître de son véhicule en toute circonstance, même, pour une fois, à jeun.

Selon le même code, les appels de phare sont prévus pour signaler un danger sur la route. Il est avéré aujourd'hui que cette manœuvre est essentielle à la vue de policiers en vadrouille patrouille.


... la criiise !!!
 

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 22:03

 

 

 



Vendredi 3 avril 2009, 11 h 27

Le safari commence. Polly Lou arpente le territoire à la recherche de talents (comptez 18.000 sesterces pour un talent, selon le marché du jour).


11 h 59

Le casting. Les petits coffres sont impitoyablement rejetés à la jungle.


12 h 15

Il reste huit coquins en coquille et pour eux, l'aventure… continue !


12 h 32

Le maquillage – ou plutôt le démaquillage, tout le monde à la douche pour effacer l'opercule hivernal.


13 h 22

Installation au Château.




13 h 57

L'audition devant Polly Lou qui réunit à lui seul les qualités vocales d'un régiment de bananes, la sainteté éponyme d'un clerc, l'humour d'un manœuvre amblyope qui avec ses lunettes noires n'entendrait plus sa canne blanche et la sagesse tantrique de Dédé le Lyonnais.


15 h 02

La régie est à l'oeuvre.




Décor, support, lumière.

L'aventure peut commencer.



[le work in progress auquel vous êtes conviés a été réalisé sans aucun trucage]












Présence Pitchounette, Magenta, jaune, cyan, tempera, 2009, coll. part.




Dans ce détail de l'œuvre, on remarquera avec quelle finesse deux maîtres ont apposé leur signature sous la forme d'autoportraits. 




Là, dans une figure de Polly Lou, vers la droite, ils rendent hommage à leur mécène, dans la tradition.



Aucun escargot n'a été maltraité au cours du tournage
 

Voyez-les guillerets rejoindre leur nid !






Remerciements


Bio65
, la farine des petits dont les grands sont friands

Bourgeois & Lefranc, artisans d'une gouache comestible

Canson, pour son support indéfectible de chaque instant

Nikon, le Nippon fripon de l'intimité

Et

Henri Le Guano dont l'absence précieuse nous a épargné de chier une merde


Special Thanks


Franquin
et l'aimable autorisation qu'il n'aurait pas manqué de nous donner pour reproduire ses dessins de génie

Monsieur Kiki qui nous a accompagné par le cœur et la plume

Enfin

Tous les finalistes qui ont permis la production de ce chef-d'œuvre


Libellus
est distribué par Over-Blog

 
+++

Pour une lecture approfondie de l'œuvre, cliquez

ICI ;)

C'est magnifique, indolore et gratuit.

 

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 07:25

 

 

Lou, Pêcher avoué est à demi pardonné, 2009, coll. de l'artiste

 


Scène 1

Dans un salon de thérondelle

 
_ tu as vu la dernière photo de Lou ?

_ [enthousiaste] oui, c'est terrible…

_ … effrayant, tu veux dire ---

   --- Mademoiselle ! un thérondelle sans sucre ---

   --- tu comprends, c'est pour mon cholestérol… tu prends un thérondelle ?

_ oui, avec deux sucres

_ deux thérondelles avec deux sucres ---

   --- on ne vit qu'une fois ---

   --- et puis vous me rajouterez une religieuse et un mendiant… Mademoiselle ! avec la religieuse et le mendiant, vous mettrez une aumônière

_ effrayant ? moi, j'aime bien, c'est coloré, c'est gai, c'est le printemps et ça nous change de ses humeurs noires

_

_ tu sais que chez les Blogs, on l'appelle le Soulages du Prisunic…

_ … oui, j'ai vu, sur Libellofil on dit même le Mapplethorpe des années 2000 avec sa technique du cut-up décadré, mais là ---

   --- merci, Mademoiselle --- aaah ! elles sont bien garnies leurs religieuses !

_ il n'y a pas grand-chose dans l'aumônière…

_ … la criiise, note qu'on peut encore vivre notablement, Charles-Edouard a acheté du Darrefour au plus bas, maintenant il prend ses bénéfices…

_ … comment il fait ?

_

_

_ la photo, tu as vu ?

_

_ le tiiitre ! il baisse…

_ …Charles-Edouard…

_ … non, pas ses titres

_

_ Soulages, je veux dire, il écrit "Peinture" quand il ne trouve pas de titre…

_

_ tu as lu le titre ?

_ tu ne finis pas ton mendiant ?

_ non, il faut toujours laisser la part du pauvre

_ haaa !

 

Scène 2

A l'entrée du métro Madeleine

 
_ tu prends le métro !?

_ non, j'ai tout mon temps, je vais prendre un taxi

_ tu l'as vu ?

_ où ?

_ là ! regarde ! enfin, fais comme si tu ne regardais pas ---

 
[un homme, basané genre Europe libérée de l'est, une pancarte avec au feutre : svp une pièce cé pour mangé mes enfants]

 
  
--- les mendiants qui mangent leurs propres petits maintenant… la criiise…

_

_ … attends, la charité, une bonne parole vaut mieux que deux euros, je vais lui parler ---

   --- bonjour, Monsieur, ça va ?

_  j'ai rien mangé depuis trois jours

_ mais vos enfants…

_ … j'ai rien mangé depuis trois jours

_ c'est pas raisonnable, il faut vous forcer…

_ … tu vois, si tu avais emporté ta part de mendiant…

_ … :(((

 

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 19:59

 



In Principio

 

En Chine, quand les grands froids arrivent, dans toutes les rues des villes, on trouve des tas de petits singes égarés sans père ni mère. On sait pas s'ils sont venus là par curiosité ou bien par peur de l'hiver, mais comme tous les gens là-bas croient que même les singes ont une âme, ils donnent tout ce qu'ils ont pour qu'on les ramène dans leur forêt, pour qu'ils retrouvent leurs habitudes, leurs amis. C'est pour ça qu'on voit des trains pleins de petits singes qui remontent vers la jungle.

Michel Audiard in Un singe en hiver, un film réalisé par Henri Verneuil en 1962,

d'après un roman d'Antoine Blondin publié en 1959



 

Antonio Vivaldi, Nisi Dominus, Rv 608, Allegro

Australian Brandenburg Orchestra / Paul Dyer / Andreas Scholl, contre-ténor

Nisi Dominus aedificaverit domum in vanum laboraverunt qui aedificant eam nisi Dominus custodierit civitatem frustra vigilat qui custodit eam.

 

Genèse

1, 1-31

Lorsque Dieu commença la création du ciel et de la terre,

la terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l'abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux,

et Dieu dit : "Que la lumière soit !". Et la lumière fut.

Dieu vit que la lumière était bonne. Dieu sépara la lumière de la ténèbre.

Dieu appela la lumière "jour" et la ténèbre il l'appela "nuit". Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour.

Dieu dit : "Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux !".

Dieu fit le firmament et il sépara les eaux inférieures au firmament d'avec les eaux supérieures. Il en fut ainsi.

Dieu appela le firmament "ciel". Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour.

Dieu dit : "Que les eaux inférieures au ciel s'amassent en un seul lieu et que le continent paraisse !". Il en fut ainsi.

Dieu appela "terre" le continent : il appela "mer" l'amas des eaux. Dieu vit que cela était bon.

Dieu dit : "Que la terre se couvre de verdure, d'herbe qui rend féconde sa semence selon son espèce, d'arbres fruitiers qui, selon leur espèce, portent sur terre des fruits ayant en eux-mêmes leur semence !". Il en fut ainsi.

La terre produisit de la verdure, de l'herbe qui rend féconde sa semence selon son espèce, des arbres qui portent des fruits ayant en eux-mêmes leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.

Il y eut un soir, il y eut un matin : troisième jour.

Dieu dit : "Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de la nuit, qu'ils servent de signes tant pour les fêtes que pour les jours et les années,

et qu'ils servent de luminaires au firmament du ciel pour illuminer la terre !". Il en fut ainsi.

Dieu fit les deux grands luminaires, le grand luminaire pour présider au jour, le petit pour présider à la nuit, et les étoiles.

Dieu les établit dans le firmament du ciel pour illuminer la terre,

pour présider au jour et à la nuit et séparer la lumière de la ténèbre. Dieu vit que cela était bon.

Il y eut un soir, il y eut un matin : quatrième jour.

Dieu dit : "Que les eaux grouillent de bestioles vivantes et que l'oiseau vole au-dessus de la terre face au firmament du ciel !".

Dieu créa les grands monstres marins, tous les êtres vivants et remuants selon leur espèce, dont grouillèrent les eaux, et tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon.

Dieu les bénit en disant : "Soyez féconds et prolifiques, remplissez les eaux dans les mers, et que l'oiseau prolifère sur la terre !".

Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour.

Dieu dit : "Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, petites bêtes, et bêtes sauvages selon leur espèce !". Il en fut ainsi.

Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce et toutes les petites bêtes du sol selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.

Dieu dit : "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre !".

Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa.

Dieu les bénit et Dieu leur dit : "Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre !".

Dieu dit : "Voici, je vous donne toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence ; ce sera votre nourriture.

A toute bête de la terre, à tout oiseau du ciel, à tout ce qui remue sur la terre et qui a souffle de vie, je donne pour nourriture toute herbe mûrissante.". Il en fut ainsi.

Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Voilà, c'était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour.

 

2, 1-3

Le ciel, la terre et tous leurs éléments furent achevés.

Dieu acheva au septième jour l'oeuvre qu'il avait faite, il arrêta au septième jour toute l'oeuvre qu'il faisait.

Dieu bénit le septième jour et le consacra car il avait alors arrêté toute l'oeuvre que lui-même avait créée par son action.

 

___

 

Psaume 127, 1

Chant des montées. De Salomon. Si le Seigneur ne bâtit la maison, ses bâtisseurs travaillent pour rien. Si le Seigneur ne garde la ville, la garde veille pour rien.

Traduction oecuménique de la Bible

 

 

 

1/ Charles Darwin (1809-1882)


Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité
.

Les êtres vivants ne seraient ainsi pas fixés aux premiers jours selon leur espèce.

Démocrite (maître à penser des 'Pataphysiciens) a inventé, au Vè siècle av. J.-C., l'idée de hasard mêlée à la diversité dans la fondation du monde, vingt-quatre siècles avant Darwin. Et l'idée des illusions de la représentation.

Selon la légende, Démocrite s’est volontairement privé de la lumière des yeux, parce qu’il estimait qu’en méditant sur les causes naturelles, ses pensées et ses réflexions auraient plus de vigueur et de justesse s’il les délivrait des entraves apportés par les charmes séducteurs de la vue (Aulu-Gelle, Nuits attiques, X, 17).

Le hasard comme inattendu, imprévisible, indéterminé.

La nécessité comme disponibilité, projet, choix.

Le hasard n'est pas l'absurde, une histoire en boucle condamnant les figurants à un éternel retour, comme dans Le Mythe de Sisyphe ou La Colline des hommes perdus.

Définir ce qu'est une espèce, c'est un peu comme se lancer dans le saut à l'élastique. On pourrait dire qu'il s'agit de populations génétiquement identifiables et aptes à se reproduire dans un environnement endogène – et on n'aurait pas fini d'en rire. C'est l'objet des recherches de Darwin.

Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre pour aller dans l'eau ?

Ce qui donne chez Darwin : le mystère du commencement de toutes choses est insondable.

Certes, Darwin vit avec son temps, bien qu'il n'en parle pas dans son Autobiographie. Ses idées sont recevables, en part tronquée, dans une société bourgeoise en plein essor.

Karl Marx écrivait à Friedrich Engels, en 1862 : il est remarquable de voir comment Darwin reconnaît chez les animaux et les plantes sa propre société anglaise

La lecture était seulement tronquée.

Mais n'anticipons pas.

 

Le 27 décembre 1831, après avoir achevé des études de théologie à Cambridge, Charles Darwin s'embarque pour un long voyage de cinq années autour du monde à bord du vaisseau "Le Beagle" – observations chronométriques, relevés hydrographiques.

Patagonie, Terre de feu, Chili, Pérou, îles du Pacifique

Après la lecture des Principes de géologie (1830) de Charles Lyell (1797-1875), défendant l'action lente de causes naturelles dans les transformations de la planète contre l'idée d'un Déluge voulu par Dieu (les grands effets résultant d'une accumulation de petites causes visibles à l'échelle d'une vie humaine – la théorie du chaos), Darwin a accepté les temps longs de l'histoire en rejetant le dogme littéral de la Création. Il observe les fossiles et les vivants ressemblants, les variétés reconnues et les espèces naissantes. Aux Galápagos, les iguanes marins et les iguanes terrestres ont un ancêtre commun : les variants ne peuvent procéder d'un plan de Dieu infiniment sage.

 


Nino Ferrer, Le Sud, Concert chez Harry, 1995

 

 

 

2/ L'Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie


Ouvrage publié le 29 novembre 1859 à Londres chez l'éditeur John Murray – tirage épuisé dans la journée.

L'intuition d'une lente transformation du monde et du vivant était venue à Diderot, dès 1769, dans Le Rêve de D'Alembert : l'homme n'était pas hier ce qu'il est aujourd'hui, il ne sera pas non plus demain ce qu'il est aujourd'hui.

La notion même d'espèce, telle que la conçoit Linné au XVIIIè siècle, est une construction abstraite et figée.

Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829), naturaliste et botaniste de formation, devient en 1793 l'un des maîtres du Muséum d'histoire naturelle refondu par la Convention. Ignorant presque tout du domaine où il est affecté, il se met au travail sur les coquilles, notamment les escargots. En 1809, il publie sa Philosophie zoologique. Il voit les causes de l'évolution dans la pression de l'environnement sur l'individu. La variation résulterait de l'effort nécessaire pour survivre dans un milieu donné (la girafe au long cou devant aller chercher les feuilles hautes des arbres).

L'invention de Darwin est de rendre la variation indépendante de la sélection (indépendance entre la source de variation et l'interaction avec l'environnement). La variation pourrait être due au hasard, les variants devenant momentanément favorisés se reproduiraient en transmettant leurs caractères et deviendraient dominants.

Variation aléatoire, sélection du milieu = sélection naturelle, indéterminée (sans projet).

Cela implique pour la survie de l'espèce de conserver une réserve de variants pour les jours où le milieu sera moins favorable aux dominants.

[les horticulteurs ne plantent jamais un champ génétiquement homogène : sans la diversité, une épidémie ruinerait toute leur culture]

Ce qui permet cette diversité, le fait que les régions visitées par Darwin, les moins perturbées par l'homme, sont les plus riches en espèces, c'est une régulation naturelle. Malgré l'expansion naturelle, de multiples espèces en variation cohabitent en se limitant les unes les autres.

La sélection se fait par les autres.

Darwin abandonne l'idée même d'espèce en tant que fait premier. Le vivant est un continuum instable de variants qu'il faut bien nommer, par commodité de langage. L'espèce est une manière de fixer dans le langage ce qui est en mouvement. On hésite même aujourd'hui à parler de poisson car il n'existe aucun trait exclusif à tous les animaux que l'on classe usuellement dans les poissons.

Darwin ne pouvait pas connaître les ruptures génétiques dans l'évolution, il ne pouvait voir qu'une évolution graduelle, une lente progression du changement au cours du temps long – hypothèse étayée par sa simple observation.

En 1861, on découvre Archeopteryx, hybride improbable de l'oiseau et du tyrannosaure. Dans la logique de Darwin, on ne peut plus dire qu'il descend de telle espèce mais qu'il s'y apparente – par un ancêtre commun.

Aujourd'hui, on observe l'ordre nouveau du créationnisme – croyance en un acte créateur unique, daté, immuable. On a vu émerger les dérives de la pensée de Darwin : l'eugénisme pour le meilleur des mondes,  le spécisme, tradition occidentale affirmant la séparation radicale entre les hommes et les animaux et autorisant les premiers à exploiter les seconds.

On lira chez Alain Prochiantz que les singes ne sont pas nos égaux en droit puisque seuls les humains disent le droit (ce qui est bien un argument spécieux). De plus, pour lui, l'homme est un hybride perdu pour la nature dans sa nature de cyborg.

Alain Prochiantz s'est donné une circonstance atténuante au cours de sa leçon inaugurale au Collège de France : la seule vérité qui tienne est qu'on se trompe toujours, l'important n'est pas de se tromper, mais s'étant trompé, d'essayer encore, avec comme seule ambition de se tromper mieux.

Où l'on reconnaît la "pensée" d'un variant Shadok en priant pour qu'il ne devienne pas dominant par un caprice de la "nature".

 


3/ Qu'est-ce que la Création ?

 

   

Philippe Geluck, Le Chat à Malibu, 1997



Une réponse dans le Livre dont nous rapportons quelques phrases au commencement, d'après le Psaume 127.

La Création est l'œuvre du vivant, du pensant, dans l'instant.

L'instant est hors du temps et comblé d'histoire.

Comment nos représentations pourraient-elles s'inscrire hors du temps, hors de notre histoire.

On ne sait pas ? On ne sait rien.

L'instantané est une abstraction de l'ordre du point sur une ligne dans un plan.

Un big bang a peut-être eu lieu, il est encore à venir, peut-être, il est là maintenant – toujours le lexique du temps.

L'instant qui est, qui était et qui vient (selon la doxologie concluant les Psaumes).

L'existence précéderait l'essence ? nous serions encore dans le temps de la représentation, la scène de l'œuf et de la poule.

Avec Merleau-Ponty (Phénoménologie de la perception, L'œil et l'esprit), au moins nous faisons corps avec notre représentation du "monde" – insectes en inclusion.

De l'absurde, si nous n'avons pas part au sens de notre histoire, une histoire sans liberté.

La liberté contre le déterminisme (le dessein de Dieu) et contre le hasard in-défini, c'est une leçon de Darwin.

Notre histoire par la sélection naturelle, même sans préjugés fonctionnels (comme s'en garde Darwin) reste attachée à une entité première : Nature, comme une figure de Dieu en nous.

Le Créateur sans la liberté donnée aux créatures n'a pas de sens.

La responsabilité est un répons au hasard de nature, notre liberté.

Et la liberté de refuser notre liberté.

 

Et l'Eglise dans tout ça ?

 

En nos jours, Jean-Paul II a reconnu, devant l'Académie pontificale des sciences que l'idée d'évolution était plus qu'une hypothèse, tout en affirmant la place particulière de l'homme et en soulignant la distinction entre le discours religieux qui n'a rien à dire sur l'explication scientifique de phénomènes naturels et le discours scientifique qui ne dit rien sur la question du sens.

 
Trois champs de débat :

_ l'homme est une personne, fin en soi

[note de Lou : le chat également]

_ les différences particulières entre les hommes n'autorisent pas à parler de "races" au regard de ce qu'ils ont en commun

_ l'hypothèse d'un progrès cohérent, défendue par Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), est mise en brèche par l'observation de sauts génétiques dans le mouvement de l'évolution

 

Plus loin, et avec Patrick Tort, la sélection naturelle choisit la civilisation qui précisément s'oppose à la sélection naturelle.

Civilisation = éducation, altruisme.

 



In fine


Notre histoire est une histoire sans fins.

Un commencement ? Nous sommes au commencement, dans l'instant avec notre histoire sans fins, une histoire qui prend source et sens dans notre liberté – par nature ? par essence. Nous sommes dans un monde où l'on court en allant nulle part (Utopia). Ne partez pas sans biscuits.

 

___

 

Juste à ce moment, je ne sais pourquoi, elles se mirent à courir.

En y réfléchissant plus tard, Alice ne put comprendre comment cela s'était fait : tout ce qu'elle se rappelle, c'est qu'elles étaient en train de courir, la main dans la main, et que la reine courait si vite que la fillette avait beaucoup de mal à se maintenir à sa hauteur. La Reine n'arrêtait pas de crier : "Plus vite !", et Alice sentait bien qu'il lui était absolument impossible d'aller plus vite, quoiqu'elle n'eût pas assez de souffle pour le dire.

Ce qu'il y avait de plus curieux, c'est que les arbres et tous les objets qui les entouraient ne changeaient jamais de place : elles avaient beau allez vite, jamais elles ne passaient devant rien. "Je me demande si les choses se déplacent en même temps que nous ?" pensait la pauvre Alice, tout intriguée. Et la Reine semblait deviner ses pensées, car elle criait : "Plus vite ! Ne parle pas !"

[…]

Elles allaient si vite qu'à la fin on aurait pu croire qu'elles glissaient dans l'air, en effleurant à peine le sol de leurs pieds ; puis, brusquement, au moment où Alice se sentait complètement épuisée, elles s'arrêtèrent, et la fillette se retrouva assise sur le sol, hors d'haleine et tout étourdie.

La Reine l'appuya contre un arbre, puis lui dit avec bonté :

_ Tu peux te reposer un peu à présent.

Alice regarda autour d'elle d'un air stupéfait.

_ Mais voyons, s'exclama-t-elle, je crois vraiment que nous n'avons pas bougé de sous cet arbre ! Tout est exactement comme c'était !

_ Bien sûr, répliqua la Reine ; comment voudrais-tu que ce fût ?

Ma foi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore un peu essoufflée, on arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps, comme nous venons de le faire.

_ On va bien lentement dans ton pays ! Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu'on peut pour rester au même endroit. Si on veut aller ailleurs, il faut courir au moins deux fois plus vite que ça !

_ Je vous en prie, j'aime mieux pas essayer : Je me trouve très bien ici… sauf que j'ai très chaud et très soif !

_ Je sais ce qui te ferait plaisir ! déclara la Reine avec bienveillance, en tirant une petite boîte de sa poche. Veux-tu un biscuit ?

 

Lewis Carroll, Ce qu'Alice trouva de l'autre côté du miroir, 1871,

traduction Jacques Papy, Jean-Jacques Pauvert, 1961

 
 

 

au sommet de l'évolution

Pas encore bien haut le sommet…

___

 


Pour lire


James Joyce, Portrait de l'artiste en jeune homme, 1917

Michel Butor, Portrait de l'artiste en jeune singe, 1967

Charles Darwin, L'Origine des espèces (Flammarion, 2008), La Filiation de l'homme (Syllepses, 1999), L'Autobiographie (Seuil, 2008)

Patrick Tort, Darwin et la science de l'évolution (Gallimard - Découvertes, 2000)

Jean-Baptiste de Panafieu, Patrick Gries, Evolution (Xavier Barral, Muséum national d'histoire naturelle, 2007)

Et la frite sur les moules.
 

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 23:32

 
>>> vers Carl Orff, Catulli carmina - ες αἰῶνα


 

 

 
[l'album en écoute, en un click sur l'image]


>>>

* les références suivies de l'astérisque renvoient à l'édition de Georges Lafaye, Les Belles Lettres, 1964 – pièce *.

<<<

Synopsis


Praelusio

Plage 1

Actus I

Catulle montre son désir à Lesbie, elle ne (se) refuse pas mais dès qu'il est endormi, elle court à la taverne rejoindre les oisillons frais. Premier désarroi.

Actus II

Catulle fait un rêve d'amour, un cauchemar ! son meilleur ami, Caelius, est l'amant de sa Lesbie bien-aimée. Deuxième désarroi.

Actus III

Catulle cherche fortune auprès de la belle Ipsithilla.

[son mirage après le naufrage ? ou un clin d'œil, fort malicieux, de Carl Orff à Thule-Gesellschaft ? en tout cas, une belle courtisane !]

On lui balance une Ameana puella defututa, limée, élimée.

Enfin Lesbie revint ! Catulle ne pouvait vivre sans elle, maintenant il ne pouvait plus vivre avec elle. Troisième désarroi.

Exodium

Les jeunes n'écoutent plus les vieux, ils retournent se brûler les ailes au feux de l'amour.

 


Texte

Praelusio

Actus I

Plage 2

I- Odi et amo

Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requires ?

Nescio, sed fieri sentio et excrucior.

85 *

[Je hais et j'aime. Vous vous demandez peut-être comment je fais mon compte ? Je ne sais mais je le sens, je suis à la torture.]

II- Viuamus mea Lesbia

Viuamus, mea Lesbia, atque amemus,

Rumoresque senum seueriorum

Omnes unius aestimemus assis.

[Vivons, ma Lesbie, aimons-nous, que tous les murmures des vieillards chagrins ne vaillent pour nous qu'un sou !]

[…]

Da mi basia mille, deinde centum,

Dein mille altera, dein secunda centum,

Deinde usque altera mille, deinde centum.

Dein, cum milia multa fecerimus,

Conturbabimus illa, ne sciamus,

Aut ne quis malus inuidere possit,

Cum tantum sciat esse basiorum.

5 *

Da mi basia mille

L'appel chante au cœur de Louise Labé quand elle écrit…

Baise m'encor, rebaise moy et baise,

Donne m'en un de tes plus savoureus,

Donne m'en un de tes plus amoureus,

Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te plein tu ? ça que ce mal j'apaise

En t'en donnant dix autres doucereus.

Ainsi meslans nos baisers tant heureus

Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.

Chacun en soy et son ami vivra.

Permets m'Amour penser quelque folie,

Tousjours suis mal, vivant discrettement,

Et ne me puis donner contentement

Si hors de moy ne fay quelque saillie.

III- Ille me par esse

Ille mi par esse deo uidetur,

Ille, si fas est, superare diuos,

Qui sedens aduersus identidem te

Spectat et audit.

Dulce ridentem, misero quod omnis

Eripit sensus mihi, nam, simul te,

Lesbia, aspexi, nihil est super mi

Vocis in ore,

Lingua sed torpet, tenuis sub artus

Flamma demanat, sonitu suopte

Tintinant aures, gemina et teguntur

Lumina nocte.

Otium, Catulle, tibi molestum est,

Otio exsultas nimiumque gestis.

Otium et reges prius et beatas

Perdidit urbes.

51 *

[Un dieu il me semble, peut-être plus qu'un dieu, celui qui s'assoit en face de toi, te regarde et t'entend, tout le temps, avec ton doux sourire, pauvre de moi, j'en perds les sens, dès que je t'aperçois, Lesbie…]

IV- Caeli, Lesbia nostra

Caeli, Lesbia nostra, Lesbia illa,

Illa Lesbia, quam Catullus unam

Plus quam se atque suos amavit omnes,

Nunc in quadruuiis et angiportis

Glubit magnanimi Remi nepotes.

58 *

 

[Caelius, notre Lesbie, cette Lesbie, oui, cette Lesbie que Catulle a aimée seule plus que lui-même et que tous les siens, maintenant, aux carrefours et dans les culs-de-sac, elle écorche les fils du grand Rémus.]

- Rabelais s'en souvient dans Le Tiers Livre, XVIII.

Panurge interprète ainsi la prophétie de la sibylle de Panzoust, le quatrième verset :

T'escorchera,

Mais non tout.
[...]

Les femmes, au commencement du monde, ou peu après, ensemblement conspirèrent escorcher les hommes tous vifz, par ce que sus elles maistriser voulaient en tous lieux. Et feut cestuy décret promis, confermé et juré entre elles par le sainct sang breguoy. Mais ô vaines entreprinses des femmes ! ô grande fragilité du sexe féminin ! Elles commencèrent escorcher l'homme, ou gluber, comme le nomme Catulle, par la partie qui plus leurs hayte [les réjouit], c'est le membre nerveulx, caverneulx ; plus de six mille ans a, et toutesfoys jusques à praesent n'en ont escorché que la teste.

V- Nulli se dicit mulier mea nubere malle

Ah mea Lesbia !

 

Nulli se dicit mulier mea nubere malle

Quam mihi, non si se Iupiter ipse petat.

Dicit, sed mulier cupido quod dicit amanti

In uento et rapida scribere oportet aqua.

70 *

 

[Ah ma Lesbie ! Elle est tout à moi et elle n'épouserait personne d'autre, elle le dit, même si Jupiter en personne l'en priait à genoux. Elle le dit… mais ce qu'une femme dit à un amant bien pris, il vaut mieux l'écrire sur le vent et sur l'eau vive !]

Actus II

Plage 3

VI- Iocundum mea vita

Iocundum, mea vita, mihi proponis amorem

Hunc nostrum inter nos perpetuumque fore.

Dei magni, facite ut uere promittere possit,

Atque id sincere dicat et ex animo,

Vt liceat nobis tota perducere uita

Aeternum hoc sanctae foedus amicitiae.

109 *

 

[Ma vie ! tu me promets que notre amour ne sera que joie, pour toujours ! Dieux ! faites que sa parole se réalise, qu'elle soit sincère et vienne du cœur, que nous puissions garder toute notre vie le lien d'une tendresse éternelle et sacrée !]

VII- O mea Lesbia ! Desine de quoquam

O mea Lesbia !

 

Desine de quoquam quicquam bene velle mereri

Aut aliquem fieri posse putare pium.

Omnia sunt ingrata. nihil fecisse benigne

Prodest, immo etiam taedet obestque magis,

Vt mihi, quem nemo gravius nec acerbius urget

Quam modo qui me unum atque unicum amicum habuit.

73 *

 

[Ma Lesbie !

 

Ne cherche plus à donner aux autres, n'attends plus de reconnaissance, ce sont tous des ingrats ! ce que tu fais de bien ne t'apportera que la honte et la gêne et moi, je n'ai pas de pire ennemi que celui qui, un jour, a trouvé en moi son seul ami.]

Actus III

Plage 4

VIII- Odi et amo

Odi et amo. Quare id faciam, fortasse requires ?

Nescio, sed fieri sentio et excrucior.

IX- Amabo, mea dulcis Ipsithilla

Amabo, mea dulcis Ipsithilla,

Meae deliciae, mei lepores,

Iube ad te veniam meridiatum,

Et si iusseris, illud adiuuato,

Nequis liminis obseret tabellam,

Neu tibi lubeat foras abire,

Sed domi maneas paresque nobis

Novem continuas fututiones.

Verum, siquid ages, statim iubeto,

Nam pransus iaceo et satur supinus

Pertundo tunicamque palliumque.

32 *

 

[Fais-moi plaisir, douce Ipsithilla, délicieuse et charmante, dis-moi de venir chez toi cet après midi et si tu m'invites, je t'en prie, que la porte ne soit pas fermée et qu'il ne te prenne pas l'envie de sortir, reste chez toi et prépare-toi, nous ferons l'amour neuf fois sans nous arrêter. Si tu es d'accord, invite-moi immédiatement ! j'ai bien déjeuné, je suis repu, je me repose et je fends tunique et manteau !]

X- Ameana puella defututa

Ameana puella defututa

Tota milia me decem poposcit,

Ista turpiculo puella naso,

Decoctoris amica Formiana.

Propinqui, quibus est puella curae

Amicos medicosque conuocate,

Non est sana puella. Nec rogate

Qualis sit, solet esse imaginosa.

41 *

 

[Ameana ! cette fille usée m'a demandé dix mille bons sesterces ! elle a un vilain nez, l'amie du Formies en faillite ! vous, ses proches, qui prenez soin d'elle, appelez amis et médecins, elle n'est pas bien ! et ne demandez pas ce qu'elle a, elle a des imaginations #]

# dix mille sesterces représentent une somme folle !

XI- Miser Catulle

Miser Catulle, desinas ineptire,

Et quod uides perisse perditum ducas,

Fulsere quondam candidi tibi soles,

Cum uentitabas quo puella ducebat

Amata nobis quantum amabitur nulla.

Ibi illa multa cum iocosa fiebant,

Quae tu volebas nec puella nolebat.

Fulsere vere candidi tibi soles.

Nunc iam illa non uolt, tu quoque, inpotens, noli,

Nec quae fugit sectare, nec miser uiue,

Sed obstinata mente perfer, obdura,

Vale, puella. Iam Catullus obdurat,

Nec te requiret. nec rogabit inuitam,

At tu dolebis, cum rogaberis nulla.

Scelesta, uae te, quae tibi manet uita !

Quis nunc te adibit ? cui uideberis bella ?

Quem nunc amabis ? cuius esse diceris ?

Quem basiabis ? cui labella mordebis ?

At tu, Catulle, desinatus obdura.

8 *

 

[Pauvre Catulle ! arrête de délirer ! ce que tu vois perdu, tiens-le pour perdu. Tu as connu des jours de lumière quand tu courais à l'appel d'une belle et nous l'aimions comme aucune autre ne sera jamais aimée. Alors, tout était joie, ce que tu voulais, la fille le voulait. Oui, des jours de lumière. Maintenant, elle ne veut plus et, toi, pauvre âme, cesse de vouloir ! Ne cherche plus après celle qui te fuit, ne vis plus dans le malheur, redresse-toi, tiens bon la barre !

Porte-toi bien, la fille ! Catulle tient la barre ! Il ne te cherche plus, il ne te demandera plus ! Tu lui refuserais. Et toi, tu vas pleurer, personne ne te demandera plus. Méchante ! malheur à toi ! la belle vie qui te reste ! Aucun gars te t'approchera plus, aucun ne te trouvera mignonne, tu n'en aimeras plus aucun, tu n'es à personne, personne à embrasser, personne à qui mordre les lèvres ! Et toi, Catulle, reste, tiens bon la barre !]

- emporté par le lyrisme du discours, nous nous sommes laissé aller à prendre encore plus de libertés… c'est que nous pensons "planches" ou "plateau" mieux qu'ouvrage universitaire ;)

XII- Catulle ! Lesbia ! Nulla potest mulier

Catulle ! Lesbia !

 

Nulla potest mulier tantum se dicere amatam

Vere, quantum a me Lesbia amata mea es.

Nulla fides ullo fuit umquam foedere tanta,

Quanta in amore tuo ex parte reperta mea est.

87 *

Huc est mens deducta tua, mea Lesbia, culpa,

Atque ita se officio perdidit ipsa suo,

Vt iam nec bene velle queat tibi, si optuma fias,

Nec desistere amare, omnia si facias.

75 *

 

[Aucune femme ne peut dire qu'elle a été aimée aussi sincèrement que tu l'as été par moi, ma Lesbie. Jamais un lien n'a été tenu aussi fidèlement que dans mon amour pour toi.]

 

[Voilà où j'en suis, ma Lesbie, par ta faute, par ma fidélité, je ne peux plus t'aimer ni cesser de te désirer, quoi que tu fasses.]

Odi et amo

Louise Labé

Je vis, je meurs : je me brule et me noye,

J'ay chaut estreme en endurant froidure,

La vie m'est et trop molle et trop dure.

J'ay grans ennuis entremeslez de joye



Exodium

Plage 5

Eïs aïona !

Tui sum !

...

[on trouvera de légères variantes dans le livret par rapport au texte de Catulle que nous transcrivons]

 

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