Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 23:01

 

Ça brûle (Unplugged), Paroles et Musique : Noémie Brosset, 2011, int. Noemi

 

 

brûle la nuit tendue de silence
hurle danse fou la tête
la nuit des puits depuis le feu

et ce qui suit l'or bleu
dans l'éponge du crâne dort
magie de la chute avec les cendres
danse hurle tourne fou à tour de rôle l'or

de l’œil clos en feu
dans ce qui hurle

 

 

Ça brûle (Unplugged), Paroles et Musique : Noémie Brosset, 2011, int. Noemi, Réalisation : Thomas Roger, Luis Tamayo

Si nos petits poèmes en écriture (presque) automatique vous plaisent, demandez : ils vous seront toujours servis avec garniture.

 

 


 

 

tendre amour

aujourd'hui

 

 


 


DOCUMENTS

Sur la Toile, de noemifans, c'est dire.

Chanteuse, auteur, compositeur, comédienne et danseuse, Noemi met ses frasques en musique et nos sens en émoi.
Une voix suave et débridée, des textes charnels, des mélodies pop et un style qui n'ont rien à envier à ses glorieuses aînées, Kate Bush et Catherine Ringer.

Nous apprenons à l'instant que Catherine Ringer a été victime d'un malaise et qu'une secousse sismique d'une ampleur jusque là inconnue au cimetière de Montmartre avait soulevé la tombe de Frédéric Chichin.

- - -

Ça brûle

Ça commence par les pieds
Et comme ça, ça viendrait
Comme un fil que tu tires qui sortirait par ta bouche

C'est comme sentir le danger
Le regarder s'approcher
C'est la fièvre en délire qui sortirait par ta bouche

Ouh ouh je brûle, je brûle,
Ouh ouh ouah ah, ah ah, ah ah ah ah
Ouh ouh ça brûle, ça brûle, ça brûle,
Cette fois je laisserais faire, feu je laisserais faire
Ah ah ouh oh, ah ah ouh oh ouh oh oh

Et le long de ton corps
Remonter jusqu'au cœur
Comme le fil que tu tires qui sortirait par ta bouche

C'est comme sentir le désir
Le regarder grandir
Le serpent qui t'enivre et sortirait par ta bouche
_ _ _

Encore plus brûlant !

On demande à Marie-Chantal :
_ est-ce que vous fumez après ?
_ je ne sais pas, je n'ai jamais regardé.

C'est vrai, elle ne fait pas rire à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, pas tous les jours.
 
 

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 23:01

 

Abeilles-Nepal-récolte dans la fumée-

Le Perengge récolte le miel.

La fumée éloigne des abeilles, pas toutes.

 

Abeilles-Nepal-Bolo Kesher, le Perengge

Bolo Kesher, le Perengge de Bung, on l'appelle Guru,

au retour de l'expédition

- son visage est encore boursouflé des piqûres d'abeilles.

 

 

On trouve du miel dans tous les paradis :

Paradis perdus des temps passés,

Paradis promis des temps à venir,

Utopies d'hier,

Utopies de demain.

 

Toutes les utopies connaissent :

Les ruisseaux de lait

Les sources d'eau fraîche

Les arbres ployant sous les fruits

Les jardins luxurieux

L'arbre de vie

L'arbre de la connaissance.

 

Et les fontaines de miel.

 

S'y abreuver,

C'est se faire semblable aux dieux.

 

Le goûter,

C'est accéder au mystère de leur immortalité.

 

III, Miel, Le miel des initiés, 1

 

Michel Onfray, La Sagesse des abeilles – Première leçon de Démocrite, Editions Galilée, 2012

 

 


 

 

La Sagesse des abeilles 01

 

La Sagesse des abeilles 02 

 

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 23:01

 

 

C'est la ouate, Paroles et Musique : Philippe Chagny, Pierre Grillet, Caroline Loeb, 1986, int. Caroline Loeb

 

 

aujourd'hui

l'ouate sur les tessons puis les fourches rouges et le galop

le mur aujourd'hui et le soleil qui écrase l'ombre du jour contre la brique

 

aujourd'hui

les tessons les cris plats et étendus

et l'écrasement du jour

près des vermines

 

la rue aujourd'hui

près de l'ombre le bruit tordu du galop ô

du galop

la tresse avec l'ouate rouge vers les fourches

 

aujourd'hui la grille

ailleurs le fruit

 

 

 

C'est la ouate, Paroles et Musique : Philippe Chagny, Pierre Grillet, Caroline Loeb, 1986, int. Caroline Loeb

  

 


 

tendre amour

  

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 23:01

   

Abeille-Nepal-rhododendron-

Rhododendron

 

L'espèce qu'on trouve dans l'Himalaya forme un arbre s'élevant jusqu'à 15 mètres.

Ses feuilles peuvent être toxiques,

mais le miel que les abeilles produisent à partir de ses fleurs est un remède fort recherché.

 

Abeilles-Nepal-danse pour information sur sites à 20kms

  Un nid d'abeilles géantes de l'Himalaya,

accroché à une falaise et protégé par un surplomb, près de la vallée de Bung, au Népal.

 

Dans la partie basse qu'on voit ici,

on observe un espace de communication

où les abeilles, en chantant, en dansant, échangent des informations

sur des sites de récolte distants parfois de 20 kilomètres.

 

 

Les abeilles aiment la musique.

 

Eparpillées, perdues, cachées,

Elles reviennent vers qui sait les appeler ;

Toutes connaissent le sens de la musique des sphères

Pas une ne passe à côté des harmonies cosmiques.

 

Le vif d'une cymbale percutée,

Le rythme de mains frappées en cadence,

Le sol martelé par les pas d'une danse,

Les ramènent vers l'œil de l'onde sonore.

 

I, Abeilles, Un langage silencieux, 1

 

 

Michel Onfray, La Sagesse des abeilles – Première leçon de Démocrite, Editions Galilée, 2012

 


 

La Sagesse des abeilles 01

 

  

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 23:01

 

Abeilles-Nepal-Himalaya-

Dans l'Himalaya, les fleurs de rhododendron s'épanouissent de 1800 à 5800 mètres ;

elles sont particulièrement recherchées par les abeilles de la région.

 

Abeilles-Nepal-nid sous un surplomb d'une falaise

Un nid d'abeilles géantes de l'Himalaya, accroché à une falaise et protégé par un surplomb,

près de la vallée de Bung, au Népal.

On remarque l'architecture circulaire du palais, dont le diamètre est d'un mètre cinquante ;

en partie haute, la couveuse et la nourriture (le miel), en partie basse, le "forum" (> épisode suivant).

 

 

La neige recouvre la tombe de mon père.

 

I, Abeilles, Reprendre, 1 (extrait)

 

Dans cette nuit blanche

Je ne vis pas l'abeille

Mais je l'entendis.

 

 

La mort fait silence,

Sauf pour ce qu'elle doit dire.

 

 

L'abeille fit souvenance

De ce qu'elle a à dire.

 

 

Ainsi,

Au lever des étoiles,

Ou plus tard,

Quand s'inverse l'arc-en-ciel,

Le miel tombe de l'air en pluie de blancheurs.

 

 

Jamais il n'arrive avant le lever des Pléiades.

 

 

Le miel recouvre la terre comme une rosée.

 

I, Abeilles, Reprendre, 9

 

 

Michel Onfray, La Sagesse des abeilles – Première leçon de Démocrite, Editions Galilée, 2012

 

  

Abeilles-Nepal-Le miel tombe de l'air-

Le miel tombe de l'air en pluie de blancheurs.

 

 

 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 23:01

 

Un tendre amour, Paroles et Musique : Bobby Robinson, Pierre Saka, 1966, int. Dalida

tendre amour
et depuis l'annonce encore plus désespéré
avec ces manteaux du bout d'ennui d'or sur la pluie nue de ta chair qui rime ô

tendre amour
depuis l'annonce encore plus désespéré
avec cette pureté triste de versant nord les pics givrés de sucres des seins qui percent loin et dans la main la branche d'olivier ce terminus de tous les dieux qui souffrent

oui
les étoiles se perdent à jamais
dans la croix vierge ruisselante et sainte de cendres et de sueurs tandis que je m'empale au loin dans la horde et reste immaculé


ô tendre amour
et depuis l'annonce encore plus désespéré

 
Un tendre amour, Paroles et Musique : Bobby Robinson, Pierre Saka, 1966, int. Dalida
 
 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 23:01

 
Au printemps, on préparait des beignets avec des fleurs d'acacia. Le ciel était encore bleu, pour un temps.

Intérieur nuit.
_ Souvenez-vous, c'était l'année dernière.

Alain Resnais (mise en scène), Alain Robbe-Grillet (scénario), Francis Seyrig (musique), L'Année dernière à Marienbad, 1961
 

 

L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD (1961) d'Alain Resnais-Bande A

 

_ Non, vraiment.
_ Vous restiez souvent dans votre chambre.

 

L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD (1961) d'Alain Resnai-copie-1

 

_ Vraiment, non. Je ne sais pas de quelle chambre vous parlez.
_ Le soir, vous mettiez votre longue robe noire. Nous nous retrouvions sur la terrasse.

 

L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD (1961) d'Alain Resnai-copie-2

 

_ Elle était blanche.

 

L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD (1961) d'Alain Resnai-copie-3

 

_ Noire.
_ Blanche.

 

L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD (1961) d'Alain Resnai-copie-4

 

_ Souvenez-vous.
_ Que s'est-il vraiment passé, l'année dernière ?
_ Le ciel s'est couvert de cendres. On ne reconnaît plus que ruines et ordures. Quelques souris sont revenues depuis que les chats ont disparu. Des fourmis, également.

 

L'ANNEE DERNIERE A MARIENBAD (1961) d'Alain Resnai-copie-5
  

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 23:01

 
Le Cimetière de Prague pour gourmets et gourmands : à la carte, menus à prix fixe, recettes.

Au Café Anglais

Soufflés à la reine. Filets de sole à la vénitienne. Escalopes de turbot au gratin. Selle de mouton, purée bretonne.
Poulet à la portugaise ou pâté chaud de cailles ou homard à la parisienne ou tout à la fois.
Canetons à la rouennaise ou ortolans sur canapés.
Aubergines à l'espagnole. Asperges en branches. Cassolettes princesse.
Château-Margaux ou Château-Latour ou Château-Lafite.
Bombe glacée.

Côtes de veau Foyot

Pour deux : viande épaisse d'au moins quatre centimètres, deux oignons de taille moyenne, cinquante grammes de mie de pain, soixante-quinze de gruyère râpé, cinquante de beurre.
On passe la mie jusqu'à en faire de la chapelure qu'on mélange au gruyère, ensuite on pèle et on hache fin les oignons, on fait fondre quarante grammes de beurre dans une petite casserole tandis que dans une autre on amalgame doucement les oignons et le beurre restant, on recouvre le fond d'un plat avec la moitié des oignons, on assaisonne la viande, sel et poivre, on la pose dans le plat et on en garnit un côté avec le reste des oignons, on recouvre le tout avec une première couche de mie et de fromage en faisant bien adhérer la viande au fond du plat, laisser couler le beurre fondu tout en écrasant légèrement de la main, remettre une autre couche de mie jusqu'à former une sorte de coupole en ajoutant du beurre fondu, arroser le tout de vin blanc et de bouillon, sans dépasser de moitié la hauteur de la viande. Le tout mis au four pendant environ une demi-heure, en continuant d'humidifier avec le vin et le bouillon. Assaisonner avec du chou-fleur sauté.

Chez Philippe, rue Montorgueil

Potage à la Crécy.
Turbot à la sauce aux câpres.
Filet de bœuf et langue de veau au jus.
Sorbet au marasquin, pâtisseries variées.
Un vieux bourgogne, deux bouteilles.

Bagna caöda

Dans un récipient de terre cuite gardé bouillant sur un fourneau alimenté par des braises, où grésillait l'huile enrichie d'anchois, ail et beurre, on trempait les cardons (qui d'abord avaient été plongés un moment dans de l'eau froide citronnée – pour certains, mais pas pour mon grand-père, dans du lait, lui), des poivrons crus ou rôtis, des feuilles blanches de chou frisé, topinambour, chou-fleur très tendre – ou bien (mais, comme disait grand-père, ça c'était pour les pauvres) légumes verts bouillis, oignons, betteraves, patates ou carottes.

Pot-au-feu (grand-père)

Il fallait au moins un demi-kilo de muscle de bœuf, une queue, culotte, saucisses, langue et tête de veau, saucisson frais, poule, un oignon, deux carottes, deux côtes de céleri, un bouquet de persil. Le tout à laisser mijoter des temps variés, selon le type de viande. […] à peine le pot-au-feu dressé sur le plat creux, il fallait répandre une poignée de gros sel sur la viande et y verser plusieurs louches de bouillon brûlant pour en exalter la saveur. Garniture réduite, à part quelques pommes de terre ; mais fondamentales, les sauces, soit : moutarde de raisin, sauce au raifort, moutarde aux fruits de sénevé, mais surtout (grand-père ne transigeait pas) la trempette verte : une poignée de persil, quatre filets d'anchois, la mie d'un petit pain, une cuillère de câpres, une gousse d'ail, un jaune d’œuf dur. Le tout finement broyé, avec huile d'olive et vinaigre.

Bœuf braisé au Barolo (grand-père)

_ Mon fils ne comprendra jamais, disait-il, la beauté de cette macreuse avec oignon, carotte, céleri, sauge, romarin, laurier, clou de girofle, cannelle, genièvre, sel,n poivre, beurre, huile d'olive et, naturellement, une bouteille de Barolo, servi avec polenta ou purée de pommes de terre.

Civet

Avec lard, beurre, farine, persil, demi-litre de Barbera, un lièvre coupé en morceaux gros comme des œufs, cœur et foie compris, petits oignons, sel, poivre, épices et sucre.

Le Cambio

Mystères de la financière, symphonie de crêtes de coq, ris, cervelle et testicules de veau, filet de bœuf, cèpes, demi-verre de Marsala, farine, sel, huile et beurre, le tout rendu aigrelet par une alchimique dose de vinaigre – et, pour le goûter bien à point, il aurait fallu se présenter, comme son nom l'indiquait, en redingote ou stiffelius si l'on préfère.

Agnolotti à la piémontaise...

… farcis de viande blanche rôtie, de viande rouge rôtie, et de bœuf bouilli, poule bouillie désossée, chou frisé cuisiné avec les rôtis, quatre œufs entiers, parmiggiano reggiano, noix muscade, sel et poivre et pour le jus le fond de cuisson des rôtis, beurre, une gousse d'ail, une branche de romarin.

Tortue de mer, comme on en trouve au sud de la Corse

[Alexendre Dumas ***] _ Il y aura du travail. Il faudra d'abord la renverser sur le dos, l'ingénue allongera le cou et nous profiterons de son imprudence pour lui couper la tête, zac, ensuite nous la pendrons par la queue pour la laisser saigner pendant douze heures. Après quoi, nous la renversons de nouveau sur le dos, nous introduisons un fort couteau entre le plastron et la carapace, en faisant bien attention de ne pas perforer le fiel sinon elle devient immangeable, on extrait la vidure et on ne garde que le foie, la bourbe transparente qu'il contient ne sert à rien mais il y a deux lobes de chair qui ont l'air de deux noix de veau aussi bien pour leur blancheur que pour leur saveur. Enfin, nous détachons les membres, le cou et les nageoires, on coupe des morceaux de chair de la dimension d'un cajou, on les fait dégorger, on les met dans un bon consommé, avec poivre, clous de girofle, carottes, thym et laurier et on fait cuire le tout pendant trois ou quatre bonnes heures à feu doux. Pendant ce temps, on prépare des émincés de poulet assaisonnés de persil, ciboule et anchois, on les fait cuire dans le consommé brûlant, ensuite on les passe et on verse dessus la soupe de tortue où nous aurons mis trois ou quatre verres d'un madère sec. S'il n'y avait pas de madère, on pourrait mettre du marsala avec un petit verre d'eau-de-vie ou de rhum. Mais ce serait un pis-aller. Nous dégusterons notre soupe demain soir.

Eau cuite

Il suffisait de mettre des tranches de pain dans une soupière en les assaisonnant avec beaucoup d'huile et du poivre fraîchement mouliné, on faisait bouillir par ailleurs dans trois quarts d'eau salée oignons émincés, filets de tomates et menthe, après vingt minutes de cuisson on versait le tout sur le pain, on laissait reposer deux minutes et zou, servi bien chaud.

La Taverne de Bagheria

Pâtes aux sardines et piscistocco à la gourmande (stockfisch amolli dans l'eau froide pendant deux jours et coupé en filets, un oignon, une branche de céleri, une carotte, un verre d'huile, de la pulpe de tomate, olives noires dénoyautées, pignons, raisin de Corinthe et poire, câpres dessalées, sel et poivre).

Le Grand Véfour...

… sous les portiques du Palais-Royal, Il paraît que Victor Hugo aussi l'a fréquenté, il y venait pour la poitrine de mouton aux haricots blancs.

Le Café Anglais...

… à l'angle de la rue Gramont et du boulevard des Italiens. […] J'y ai découvert les pommes Anna, les écrevisses bordelaises, les mousses de volaille, les mauviettes en cerises, les petites timbales à la Pompadour, le cimier de chevreuil, les fonds d'artichauts à la jardinière, les sorbets au vin de Champagne. A la seule évocation de ces noms, je sens que la vie vaut la peine d'être vécue.

Chez Lapérouse...

… quai des Grands-Augustins, et pas en bas, où l'on servait huîtres et entrecôtes comme autrefois, mais au premier étage, dans un de ces cabinets particuliers où l'on commandait barbue sauce hollandaise, casserole de riz à la Toulouse, aspics de filets de lapereaux en chaud-froid, truffes au champagne, pudding d'abricots à la vénitienne, corbeille de fruits frais, compotes de pêches et d'ananas.

Au Rocher de Cancale, rue Montorgueil

Quelques douzaines de belons, suivies d'une bisque d'écrevisses.
Aspic de filets mignons de perdreaux.
Escalopes de poularde au velouté, mais le plat n'était pas à son goût et il l'avait fait changer pour des filets de poularde piqués aux truffes.
Soufflé à la vanille.

Chez Voisin

[les journées de la Commune : la famine]

On avait abattu tous les animaux exotiques du Jardin des Plantes et, la nuit de Noël, pour qui avait de l'argent à dépenser, chez Voisin on avait offert un menu somptueux à base de consommé d'éléphant, chameau rôti à l'anglaise, daube de kangourou, côtelettes d'ours à la sauce poivrade, terrine d'antilope aux truffes, et chat avec garniture de petits rats de lait – car, désormais, non seulement sur les toits n'apparaissaient plus de moineaux mais souris et rats disparaissaient des égouts.

Au Grand Véfour

Fricassée de poulet Marengo.
Mayonnaises de volaille.

Au Père Lathuile, un petit restaurant à la barrière de Clichy

Poulet sauté.
Tripes à la mode de Caen.

Au Bœuf à la Mode

Mignon d'agneau aux laitues.

Chez Brébant-Vachette
Salade Francilion

On fait cuire des pommes de terre dans du bouillon, on les coupe en rondelles, et quand elles sont encore tièdes on les assaisonne, sel, poivre, huile d'olive et vinaigre d'Orléans, plus un demi-verre de vin blanc, un Château d'Yquem si possible, et on ajoute des herbes aromatiques coupées menu. On fait en même temps cuire au court-bouillon des moules de grande taille (mais accompagnées d'un tiers des pommes de terre seulement) avec une branche de céleri. On mélange ensuite le tout que l'on couvre avec de fines lamelles de truffes cuites au Champagne. Le tout deux heures avant de servir, pour que le plat arrive à table froid comme il convient.

A la carte, menus à prix fixe, recettes sont de vrais morceaux du roman d'Umberto Eco où l'on peut trouver d'autres fils de lecture : le complot universel, celui des Jésuites ou des Francs-Maçons ou des Juifs – ce sont les mêmes ; le lancement de l'affaire Dreyfus ou le faux authentique et l'authentique faux ; la genèse des Protocoles des Sages de Sion, vestige du copier-coller au XIXe siècle. On croise également dans l'histoire un certain Froïde, médecin viennois et bien d'autres personnages illustres.

 
Protocoles-première édition
Première édition des Protocoles des Sages de Sion, parue dans l'ouvrage Le Grand dans le Petit de Serguei Nilus, 1905

 
Eco Cimitero-cover1   Eco Cimetière-cover1
Umberto Eco, Il Cimitero di Praga, Bompiani, 2010
            Umberto Eco, Le Cimetière de Prague, Grasset & Fasquelle, 2011
___

*** Autres menus royaux, en compagnie d'Alexandre Dumas

Bon appétit !


Boris Vian / Alain Goraguer, Pan, pan, pan, poireaux, pomm' de terre, 1955 – int. Maurice Chevalier, 1957

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:01

 

Antonio Caldara, Da quel strale che stilla veleno, int. Andreas Scholl, Schola Cantorum Basiliensis, dir. René Jacobs, in Maddalena al piedi di Christo, circa 1700, enr. 2001

 

Humming

stoneforlorn

alone

 

and the brain

dispatches strange will

through locks and coming decay

into lungs cut in dimension real

 

oh the fright of leaving nirvanah

the intense feeling of sudden deprivation

oh

humming

bodylost

alone

the fright

 

the arm lies dead against the walls

of heaven the path narrows as

i open the eyes

ever am i aware of my armpits

sweating

of

my marrow

of

my mould

 

cats are making love with open paws

and mouth

in the path that narrows as

i close my eyes

 

a heaven of screams

loses itself strange

in empty stories

alone

 

and my breath is slow

so slow

and mad perhaps is the air

coming in with the howls

of the cats excited

by the fear of leaving

nirvanah

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 23:03

  

Dom Robert le disait :

 

_ Ce qui ne peut pas tromper, c'est la nature.

 

Semblables

 

Je ne suis pas comme eux.

Ils le savent.

Ils me cherchent.

Ils se rapprochent.

J'ai encore quelques centaines de mètres d'avance, quelques minutes avant le train, là, ils perdront ma trace, ils ne sont jamais allés aussi loin, même les chiens auront peur, derrière la voie ferrée, le marécage, seul je connais la piste, sur notre îlot, trois arbustes, et pour l'atteindre un labyrinthe de vase et de pierres à fleur d'eau, là, elle m'attend avec les petits, demain nous serons plus nombreux, ils peuvent courir, nous gagnons du terrain chaque nuit, nous apprenons, nous sommes déjà tellement plus forts qu'eux, tellement différents.

Ils sont enragés.

Nous ne ferons pas de battue.

Nous ne sommes pas comme eux.

 

- - -

 

Point de vue

 

L'ombre s'est déchirée dans un éclair assourdissant.

 

Premier tableau

 

_ Révérend ! Les voies 11 à 123 sont ensevelies !

_ Il faut sauver la 66 ! Prenez une équipe, je veux savoir si le palais a tenu. Vous, vous contournez par la 129. Au niveau de la 133, vous suivez le nord magnétique jusqu'à la 66 et vous faites la jonction.

_ Les victimes…

_ … Mettez les novices à l'abri, je rejoins la cellule de crise.

 

Deuxième Tableau

 

_ Révérend, je suis votre serviteur !

_ Révérend, notre sauveur !

_ Révérend, disposez de moi !

_ Passons le protocole. Le rapport !

_ Nous étions en oraison…

_ … Quand le ciel vous tombe sur la tête ! Vous deviez être auprès de Formica ! Que s'est-il passé ?

_ La terre a tremblé, tout s'est effondré, les systèmes de communication sont en miettes…

_ … Et le palais ?

_ Il faudrait construire de nouvelles voies et…

_ … Vous attendez un miracle ?

_ Révérend, nous ne sommes pas des travailleurs.

_ Les travailleurs ont été les premiers touchés, des milliers, on ne peut pas encore évaluer.

_ La terre a tremblé.

_ Ce n'est pas la première fois, cette année. Ce n'est pas la première fois dans notre histoire. Il y a eu des continents engloutis, effacés, asphyxiés. Nous avons toujours refait surface, nous sommes les plus forts, nous sommes les maîtres.

Sauvez les novices et les postulants, protégez le palais, veillez sur notre souveraine.

 

Troisième tableau

 

_ Ugène ! T'as vu ? T'en a 'core aplati une, dedju !

_ Dame, y n'en reste 'core ben assez. Avec leur chauffement de la zone, normal, c'est eune année à formis.

 

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